18230

CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 02 décembre 2019
Sa note : 13/20

LINE UP

-Pedro Carvalho
(guitare)

-Gustavo Ribeiro
(guitare)

-Marcelo Peixoto
(basse)

-Ricardo Pereira
(batterie)

TRACKLIST

1) Burdock
2) Lady Fern
3) Yarrow
4) Mandrake
5) Agrimony
6) Juniper

DISCOGRAPHIE

Arcano (2019)

Vircator - Arcano
(2019) - instrumental gros rock et stoner - Label : Autoproduction



Depuis peu, je me suis mis à la musique instrumentale. Ce n’était pas un choix de ma part, cela s’est fait par la découverte de groupes que l’on m’a conseillés ou que j’ai découverts par hasard. C’est ainsi avec une belle motivation que je me proposais de chroniquer l’album de Vircator, un groupe de rock prog instrumental. Arcano est leur troisième opus. Alors, que proposent les Portugais ? Le risque pour une musique instrumentale est l’ennui. Sans voix pour capter l’auditeur, la musique peut-elle se suffire à elle-même ?

Vircator, si ce n’est l’absence de chanteur, se compose d’une formation classique : deux guitares, une basse, une batterie. On aurait bien imaginé des claviers pour enrichir le tout, mais les Portugais choisissent un son plutôt brut pour leurs compositions. On entre d’ailleurs dans le vif du sujet sur "Burdock" avec un gros riff gras. Ça transpirerait presque le stoner… C’est assez étonnant, car sur leur précédent album, le groupe faisait monter la pression par une introduction calme avant de lâcher les chevaux… Passé la surprise, on s’aperçoit que cette tendance se retrouve sur l’album complet : la musique est plus rentre-dedans, il y a moins de passages atmosphériques. Tout y est plus saturé. Même les passages calmes ne sont pas vraiment en son clair : les guitares y subissent un overdrive. Ce côté saturé est une part de l’identité du groupe. En première écoute de leurs albums, la saturation de la guitare rythmique surprend. Grave et baveuse, elle crache. Cela ressemble plus à un choix artistique qu’à la conséquence d’un mauvais enregistrement.
Le groupe nous propose une musique avec un aspect gros rock prononcé. Or, sur une musique instrumentale, cela fonctionne seulement par moment. Le groupe construit sa musique avec une guitare rythmique baveuse et lourde, souvent accompagnée de leads plus aériens. Mais ce côté délicat et aérien manque un peu sur la galette. Vircator prend une voie plus brute, plus râpeuse. At the Void’s Edge était plus varié, ce qui permettait d’éviter une certaine lassitude. Arcano présente un visage plus monolithique et moins accrocheur au final. Et si l’album ne propose que six morceaux de cinq minutes en moyenne (soit 30 minutes de musique), on ne ressent pas le besoin de le relancer. Peut-être que la basse aurait pu être plus présente sur un album qui se veut instrumental ? La galette est assez étouffante, on n’y respire pas. Malgré tout, le final est extrêmement réussi avec une montée en puissance magistrale sur "Juniper".


Arcano est un album en demi-teinte, mais plus en comparaison avec son prédécesseur qu’intrinsèquement. Très stoner dans l’âme, moins aérien, il ravira les amateurs de gros rock, moins ceux qui aiment des instrumentaux variant les plaisirs. Monolithique, brut, cet album confirme cependant les qualités de Vircator. À découvrir pour les amateurs.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3