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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 24 novembre 2019
Sa note : 18/20

LINE UP

-Mika
(chant)

-Cédric
(guitare)

-Aubin
(guitare)

-Clément
(basse)

-Cyrille
(batterie)

TRACKLIST

1) Forest
2) Prairie
3) Taïga
4) Tundra
5) Artic


DISCOGRAPHIE

Boréal (EP) (2016)

Fake Off - Boréal (EP)



« 3615-qui-n’en-veut, le rendez-vous des jeunes qui n’en-veulent », répétait à l’envie l’ami Morel. – A l’époque, l’enfant en moi n’en-voulait, de cet abstrait, de cet indéfinissable niaque de n’en-vouloir. – L’adulte en moi n’en-veut toujours-et-davantage, encore: terrible Hybris, puissante démesure, fichu propre de l’humanité. Tout ça pour dire, pour clamer, plus fort encore que le « haro » anglo-normand, qu’il va falloir suivre Fake Off de près, très près. Ces gars là n’en-veulent

Mais c’est-y-quoi-qu’ça, l’truc Fake Off ? Honnêtement ? Ouais, voilà c’que c’est : un bordel de missile thermonucléaire, entouré d'un p’tit ruban bien ficelé, propre sur lui, et poursuivi d’une traîne de mélancolie-à-la-mâchoire-de-lupus. Fake Off, c’est un bout de France qui va bien en allant mal, qui va mal en le faisant bien. C’est la guerre dans la paix. C’est la bataille navale veineuse. Le combat rageur tapageur non-fumeur, acharné comme une corvée de chiottes. Fake Off, ça vient de Lille, et c’est dur et doux comme un welsh (royal - bienheureux les connaisseurs). Fake Off, c’est la mâchoire retournée du monde, le maxillaire-céleste en l’air, l’air de rien, de rien, merci pour eux
troupe de jeunes paumés, ou pas tant que ça, qui se sont trouvés dans le son, v’là ce que c’est, Fake Off. Un bordel à placer sous le nez des amateurs d’(balance la réf’) Architects. Une base hardcore ocre menée par un batteur touche-à-tout. Un chant rageur, hurlé, à l’heure, toujours à la pointe de l’émotion la plus vive, anguille sous roche, proche, qui happe et happe et jappe comme un chien affamé. Les compositions ? Courtes. Intenses, le temps de la sentence. La cadence juste pour péter les cadres. Et la mélancolie, qu’on disait. Cette putain de mélancolie en sous-main, terrible bock, impossible d’y échapper entre les tresses inventives des cordes-qui-ne-sont-pas-vraiment-des-violoncelles… Guitares qui hurlent, tordent, tissent la trame des émotions. – Ou quand la violence entre en scène. La musique est presque au second plan, faut dire


Terminé déjà. L’gars Bruno Lochet a pris sa branlée post-hardcore-punko-propre. C’est court, c’est limpide. C’est sec, séché, asséché comme une gorgée de gibolin. On bafouille à sec et on cherche de quoi s’en r’mettre. Pas évident, on manque de dents, après l’passage de Fake Off. « On voit bien qu’c’est pas toi qui paye hein. On ‘voit bien qu’c’est pas toi qui paye la facture hein ». Pas si sûr, car vénère et belle, l’énième relève de la bouillonnante scène screamo-truc est déjà là.


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