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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 15 novembre 2019
Sa note : 16/20

LINE UP

-Nikita Kamprad
(chant+guitare)

-Nico Ziska
(basse)

-Tobias Schuler
(batterie)

TRACKLIST

1) Aufbruch
2) Ein Ietzter Tanz
3) Skepsis Part I
4) Skepsis Part II
5) Finisterre
6) Neubeginn

DISCOGRAPHIE

Unstille (2) (2012)
Unstille (2012)
Stellar (2015)
Finisterre (2017)

Der Weg Einer Freiheit - Finisterre
(2017) - black metal - Label : Season Of Mist



Quel groupe allemand ose prénommer son album Finisterre ? Vraiment, pour de vrai ? Faut les avoir sévèrement accrochées pour assumer un tel titre. Pourtant Le Chemin d'Une Liberté (tant qu’à faire, autant placer du français partout) l’assume et surtout se place face à l’auditeur pour l'inciter à exprimer son courroux. Il faut dire que la troupe bavaroise a tracé sa route avec quelques albums marquants ayant su apporter sa cohorte d’admirateurs.

Finisterre doit donc répondre à une attente certaine. Pourtant il s’agit de territoire inconnu et vierge pour ma part. Et c’est bien l’écoute d’extraits suite à recommandations chaudes qui m’a fait plonger. Il faut dire que les ingrédients de base du black metal sont présents: blasts accablants, son froid, chant braillard et riffs hantés. Néanmoins Der Weg Einer Freiheit semble être plus que le tout venant du black metal. Mots susurrés, longs passages atmosphériques. Longues plages. Car il est un point indéniable, le groupe se complaît dans ses compositions et prend le temps de prendre son temps (il est amusant de noter que les deux pistes « courtes », cinq minutes chacune, sont en fait une "Part I" et une "Part II" qui se fondent en une). Va-t-il lentement pour autant ? Non, certainement pas car le rythme infernal imposé à de très nombreuses reprises interdit tout velléité de calme absolu ou d’atmosphérique. Sur ce point, il faut absolument souligner le travail du batteur, colosse de régularité et monstre de vitesse. Et c’est cette alliance qui fait la marque de fabrique des Germains. Pas vraiment une opposition clair/ saturé, mais pourtant bien sécante.
Les transitions sont d’ailleurs relativement brutales, et oserais-je l’écrire, pas vraiment amenées en douceur. Cependant ce n’est pas grave car nous n’avons pas toujours besoin d’avoir les choses apportées sur un plateau. La section de Würzburg ne se préoccupe pas d'installer l’auditeur dans sa zone de confort et c’est tant mieux. Et elle ne s’effeuille pas à faire languir. Non, elle déballe tout le matos dès le premier titre. Avec "
Aufbruch", la formation teutonne met sur la table tout ce qui fera l’album. Brutalité, duplicité, plage éthérée. Ce schéma se retrouve tout le long du disque pour notre plus grand plaisir. L’autre grande force de Finisterre réside dans sa qualité homogène. Les chansons déroulent, et nous on roucoule [ndlr: TheDecline01, là où il est, Raymond Devos est sûrement fier de toi]. Malgré la longueur des pistes, forcément casse-gueule, malgré la constance dans la marque de fabrique (qui n'est pas sans rappeler Wiegedood par moments), Der Weg Einer Freiheit n’ennuie pas. Au contraire, le monde qu’il bâtit gagne une cohérence et un attrait indubitables. Sentiment renforcé par la puissance sismique des émotions véhiculées par les compositions.

Alors il faut se faire une raison: oui les Allemands sont capables de produire de la musique bardée d’émotions et font tomber les masques de l’efficacité. Tant mieux pour nous car on gagne là une sortie qui aura marqué 2017.


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