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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 31 octobre 2019
Sa note : 17/20

LINE UP

-James Ray
(chant)

-Alan Vega
(chant)

-Lucas Fox
(chant) 

-Patricia Morrison
(chant)

-Doktor Avalanche
(batterie)

-The Chorus of Vengeance
(choeurs)

Si vous avez d'autres infos sur le lineup, je suis preneur...


TRACKLIST

1) Jihad
2) Colours
3)
Giving Ground
4) Finland Red, Egypt White
5) Rain From Heaven

DISCOGRAPHIE

Gift (1986)

(1986) - gothique electro - Label : Merciful Release



La légende urbaine veut que les meilleurs plans soient ceux qui s’improvisent à la dernière minute. « J’étais parti pour rester tranquillou à la maison mais y a Shamash qui est passé me chercher pour boire un coup. T’imagineras jamais ce qui nous est arrivés… »  La légende urbaine veut également que The Sisterhood soit un projet improvisé par Eldritch pour couper court à toute concurrence. La loi de transitivité nous dit que, du coup, Gift, unique production dudit projet, est un super plan. Info ou intox ? Et puis, les légendes urbaines ont-elles un fond de vérité ?
 
Alors, oui et oui. Oui, les plans improvisés, plus spontanés, aboutissent généralement sur de la lose grand format ou sur des souvenirs à raconter à nos petits enfants lors des longues soirées d’hiver (même si y a plus d’hiver, le réchauffement, etc., etc.). Et oui, Gift est un super plan. Une excellente surprise. Un truc monté à la va-vite, une magnifique version électro du projet principal d’Eldritch (The Sisters of Mercy pour ceux qui ne seraient pas au courant). Et pourtant… Cinq titres, c’est peu. Presque un EP, si ce n’était pour la durée tout de même raisonnable de l’œuvre (on n’est pas loin de quarante minutes). On sent bien qu’Eldritch ne s’est pas trop foulé, tant la patine électro ne change pas grand-chose à l’affaire : la froideur du beat, la classe immense de chacune des chansons… Gift pue le Sisters à mille kilomètres à la ronde. C’est bien la raison de son immense qualité. Rendre les Sœurs encore un peu plus froides. Rendre leur souffle gelé. Le premier titre, tout à la gloire d’Israël, est le plus anecdotique. Rapide et vaguement orientalisé, il s’agit du morceau le plus résolument synthétique de l’album, à égalité avec "Finland Red, Egypt White", mais qui n’arrive pas à la cheville de ce dernier.
Parlons un peu de la Finlande Rouge et de l’Égypte Blanche (et également de l’Allemagne Noire, c’est en tout cas la couleur qui lui est attribuée le temps de cette chanson). Sur fond de lecture d’un catalogue d’armes à feu, la rythmique implacable assiste l’austère musicalité du titre dans son objectif : produire du beat classe, noir, sec, impeccable. Plus lyrique, "Giving Ground" permet à James Ray de faire du Eldritch (qui n’est pas censé chanter sur l’album, pour des histoires de copyright, même s'il me semble bien l’entendre de ci, de là…) et de s’en sortir parfaitement. "Colours", lui, donne dans le velours noir, un tissu qui séduira tellement son créateur qu’on le ré-entendra en bonus track sur Floodland. Mais la véritable merveille que recèle l’album, c’est "Rain From Heaven". Encore plus funéraire que "Colours". Limite funeral doom dans l'esprit (l'unique album de Thergothon, s'intitule presque pareil, d'ailleurs). Je veux la même pour mon enterrement. Hypnotique. Soutenue par des synthés dont la sonorité s’enfonce jusque dans les entrailles de la terre. Et ces chœurs… oh mon Dieu, ces chœurs… Certainement le plus beau titre écrit par le Maître. Les impros, ça a vraiment du bon.

 
Un vrai cadeau, oui. Légendes urbaines ou pas, le side project d’un soir a accouché d’une montagne, absolument et très injustement méconnue. Le mont Eldritch. J’y monte souvent en pèlerinage et n’en reviens jamais déçu. En fait je n’en reviens jamais vraiment.



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