18201

CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 14 octobre 2019
Sa note : 13/20

LINE UP

-Ralph Michael "Starr" Saenz
(chant+guitare)

-Russell John "Satchel" Parrish
(chœurs+guitare+claviers)

-Darren "Stix Zadinia" Leader
(chœurs+claviers+batterie)

-Travis "Lexxi Foxxx" Haley
(chœurs+basse)

TRACKLIST

1) Zebraman
2) All I Wanna Do Is Fuck (Myself Tonight)
3) Let's Get High Tonight
4) Always Gonna Be A Ho
5) I'm Not Your Bitch
6) Fuck Everybody
7) Heavy Metal Rules
8) Sneaky Little Bitch
9) Gods Of Pussy
10) I Ain't Buying What You're Selling

DISCOGRAPHIE


Steel Panther - Heavy Metal Rules
(2019) - hard rock glam - Label : Steel Panther Inc.



Celles et ceux ayant vu Steel Panther sur les planches de leur plein gré le confirmeront : le quatuor de glam metal (forcément) rétro mérite d'être vu autant qu'entendu, les prestations scéniques des Californiens constituant des spectacles à part entière - beaucoup d'assurance, quelques dames plus ou moins (dé)vêtues, de la tchatche second degré et des imitations tordantes. Il était souvent reproché à leurs aînés ayant dominé les charts dans les années quatre-vingts de privilégier le show au détriment de la musique : les Panthères d'Acier ne seraient-elles pas en train à leur tour de céder à cette tendance ?

Une fois passé l'extrait hilarant du documentaire Heavy Metal Parking Lot pendant lequel un jeune metalhead surexcité proclame la supériorité du genre éponyme en 1986 (brave petit !), un motif exécuté aux synthés sur un tempo soutenu puis un refrain taillé pour être repris en chœur et aussi romantique que le suggère l'intitulé de la chanson rassurent les fans qui craignaient un éventuel - on ose à peine écrire le mot de peur de faire rire – changement. Dire qu'on est en terrain connu avec "All I Wanna Do Is Fuck (Myself Tonight)" relève de l'euphémisme, ce que confirme le solo énervé de rigueur, prélude à une accalmie-qui-précède-la-tempête gérée en patrons. À n'en pas douter un futur classique qui devrait demeurer dans les setlists après la parution de l'album suivant. La probabilité pour que les autres compositions connaissent la même heureuse destinée se révèle hélas beaucoup plus faible. Les séquences s'enchaînent sans donner envie de se lever de sa chaise en ondulant du bassin ni se lancer dans une séance de air guitar – ou tout truc suggestif à hauteur du pelvis. Autrement dit ce n'est pas l'extase, malgré quelques fulgurances, telle la chorale un brin flippante qui psalmodie le refrain de la chanson-titre, le thème joliment travaillé de la presque touchante "Always Gonna Be A Ho" ou encore l'ambiance légèrement décalée de "Gods of Pussy", pas tout à fait conforme à la grosse teuf attendue. Les autres occurrences n'engendrent pas le même plaisir – sur "Fuck Everybody", décalque pâlichon du dynamique opener, le refrain arrive trop vite et ne sera pas rattrapé par un solo trop bref. À ce cas malheureux d'éjaculation précoce s'ajoutent de molles saillies, caractérisées par un déficit d'imagination et une énergie en berne – "Let's Get High Tonight" ne tient franchement pas ses promesses, la ballade "I Ain't Buying What You're Selling" est aussi gentiment mélancolique qu'inoffensive et mis à part son riff entêtant, "Sneaky Little Bitch" n'a pas grand chose pour elle.
Difficile dans ces conditions de ne pas voir dans les libellés redondants un déficit d'idées préjudiciable – à noter toutefois les velléités féministes exprimées dans "I'm Not Your Bitch", tout arrive. Le schéma d'écriture, classique et immuable, contribue lui aussi au ronronnement généralisé - les breaks apaisés systématiquement insérés à mi-parcours ont tendance à provoquer une chute de tension plutôt qu'attiser l'attention. Et même s'ils font partie de l'identité salace revendiquée par les quatre sex addicts autoproclamés, les « fuck » et la variante « suck my fuckin' dick » qui font office de ponctuation deviennent lourdingues à force de réitération, s'apparentant davantage à un syndrome de La Tourette insuffisamment pris en charge qu'à une aptitude à choquer qui que ce soit, hormis des personnes à la pudeur moralisatrice qui n'écouteront sans doute jamais d'enregistrements de Steel Panther. Alors oui, tout cela est bien interprété – on a assez souvent répété que ces gars n'étaient pas des manches, mention spéciale une fois encore à Michael Starr qui éructe avec une diversité de registres bienvenue et Satchel qui sort une fournée conséquente de solos virtuoses... Qui se ressemblent tous. Un signe d'impuissance supplémentaire, ce qui est embarrassant de la part de types qui se vantaient jadis de « forniquer la nuit entière après avoir fait la fête toute la journée ».

Le coup de la panne, ça peut arriver à tout le monde. À tout le monde, sauf aux moumoutes libidineuses de Steel Panther - ça fait partie du contrat. C'est pourtant la mésaventure qui arrive aux Nord-Américains sur le banalement nommé Heavy Metal Rules, prévisible avatar issu de leur univers monomaniaque de la chanson hard-dans-tous-les-sens-du-terme. Délivrant un cinquième effort longue durée routinier à la tension intermittente et avare en bons plans, malgré un savoir-faire préservé, les hédonistes un peu trop sûrs d'eux du Strip donnent l'impression d'avoir mené leur projet dans l'impasse. Restent les concerts. Heureusement. Mais à force d’y jouer les mêmes ritournelles graveleuses faute de nouveautés marquantes, nos quatre rigolos en spandex ne risquent-ils pas de lasser ?

Un commentaire ? Un avis ? C'est ici.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5