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CHRONIQUE PAR ...

87
Malice
Cette chronique a été mise en ligne le 27 octobre 2019
Sa note : 17/20

LINE UP

-Lola Damblant-Soler
(tout)

Ont participé à l'enregistrement:

-Lucas de la Rosa
(guitare sur "Indigo"+ programmation)

-Soumia Ghechami
(guitare sur "White Knight")

-Liam McLaughlin
(guitare sur "Dogma")

-Hugo Florimond
(guitare sur "Parasite")

TRACKLIST

1) Ouverture
2)
White Knight
3) Dogma
4)
Routine
5)
Rotting
6)
Parasite (Dido's Lament)
7) Sun of June
8)
Renaissance
9)
Indigo

DISCOGRAPHIE

Catharsis (2019)

(2019) - metal prog et bien plus - Label : Autoproduction



La vie n'est pas un long fleuve tranquille. Malgré tous nos efforts pour vivre une existence heureuse, il arrive que nos chemins se heurtent à des événements tragiques, des personnes néfastes qui laisseront leurs marques même des années après. Lorsque quelque chose de terrible se produit et que les conséquences semblent irréversibles, que faire de toute cette douleur ? À sa façon, Lola Damblant-Soler a tenté de répondre à ces questions. En résulte Catharsis, album au nom explicite et premier essai épatant.

La première impression qui se dégage de Catharsis est une impression de densité : en effet, l'opus fourmille d'idées, à tel point que certains auditeurs pourraient se sentir découragés lors de la première écoute. Ils seraient pourtant fort peu avisés de laisser tomber à ce stade, car Catharsis a de quoi récompenser les oreilles attentives. Empli de thèmes, d'atmosphères et d'orchestrations divers et variés, Catharsis est également pavé de bonnes surprises. Entre l'introduction orientale de "Rotting", les oscillations douces-amères de "Routine" et l'étonnante reprise d'un thème de Purcell sur "Parasite" (tour de force qui parvient à être fidèle à l'original tout en s'intégrant parfaitement au reste de l'album), l'auditeur ne cesse de s'étonner ; on pourrait même croire que de telles ambitions ne sauraient être contenues dans un unique album... et pourtant, tout fonctionne.
Bien que la patte de Soledad soit déjà bien distincte, Catharsis reste marqué par de fortes influences metal et prog. On le perçoit à l'ambiance sombre et déchirante de "Routine" (dont l'interlude, tout comme certains passages de "Sun of June", rappelle Opeth), parsemée de moments de calme avant de plonger dans la brutalité. "Dogma", quant à elle, surprend par ses riffs complexes et abrasifs accompagnant des lignes de chant torturées. La voix de Lola Damblant-Soler y est toujours présente, tantôt chaleureuse et expressive, tantôt brutale. Cette dualité est également présente sur "White Knight" et son excellent refrain, d'apparence euphorique mais également annonciateur d'un développement plus sombre. Parlons d'ailleurs des invités présents sur plusieurs pistes de Catharsis : leur présence apporte un réel plus à l'enregistrement, témoignant de la capacité de Damblant-Soler à savoir s'entourer. On en veut pour ultime preuve leurs solos merveilleux, qui sauront séduire même les plus obtus.
Vous l'aurez compris : Catharsis, en plus de marquer, possède de précieuses qualités. Cependant, il est également imparfait. En effet, la voix de Lola est intéressante mais perfectible et gagnera à se renforcer sur les aigus. "Indigo" forme une belle conclusion au voyage émotionnel et introspectif qu'est Catharsis. Sur cette composition s'enchaînent paroles surréalistes et créatrices d'images vives qui amènent l'auditeur, lentement, vers un ultime refrain émotionnel, comme si le recueil tout entier était construit pour mener à cet instant. À l'image de Catharsis, Indigo est un morceau ambitieux et parfois trop long, risquant ainsi de perdre certains auditeurs au passage (problème inhérent au genre progressif mais qui mérite d'être soulevé) Au final, ce premier LP est un album étrange et déroutant, qui se démarque des autres sorties du genre.


Il y a un point que j'ai mentionné sans pour autant m'y attarder : les thèmes sombres présents sur Catharsis et relatant la genèse d'une relation abusive. Nul besoin d'être fin analyste pour le percevoir : ce premier album a quelque chose d'introspectif, retraçant cette expérience éprouvante et entraînant les auditeurs au passage. Et c'est sans doute l'une de ses forces également : à travers cette prise de pouvoir par la musique, Lola Damblant-Soler partage des émotions qui font de Catharsis une réalisation réellement unique et symbole d'espoir également. Il y aurait d'autres choses encore à soulever, tant l'essai est dense, mais pour cela je vous invite à expérimenter la richesse de l'opus par vous-mêmes. Vous m'en direz des nouvelles !


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