18183

CHRONIQUE PAR ...

132
Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 17 septembre 2019
Sa note : 13/20

LINE UP

-Mariangela Demurtas
(chant)

-Krist Laurent
(guitare+programmation)

A également participé à l'enregistrement:

-Tarald Lie
(batterie+paroles)

TRACKLIST

1) What Else Is There
2) Catabolic
3) Last Place on Earth
4) Design
5) Last Moment
6) The Mist
7) Therefore I Am
8) Truths
9) No One is Listening
10) Totally

DISCOGRAPHIE


Ardours - Last Place on Earth
(2019) - gothique metal alternatif - Label : Frontiers Records



Tristania en pause depuis un certain moment désormais (si si, c’est bien une pause, le groupe aime à le rappeler, ils n’ont pas mis fin à la carrière du combo), la douce Mariangela continue son petit bonhomme de chemin. Après avoir, notamment, écumé les routes avec Moonspell, la revoilà avec son ami Kris Laurent formant Ardours et nous offrant leur premier effort : Last Place On Earth.

Officiellement formé en 2015, c’est pourtant une amitié et un projet de longue date qui unit les Italiens. Cependant, la promotion au sein de Tristania en 2006 de la native d’Ozieri met en pause le duo. Mais tout vient à point à qui sait attendre et voici qu’aidés par le batteur Tarald Lie (Tristania), Ardours offre sa première œuvre, Last Place on Earth. Pas besoin de chercher midi à quatorze heure : entre le titre, le visuel et le nom des dix pistes proposées, c’est une invitation au voyage, dans le grand nord, dans la nature, etc. L’ambiance se veut gothique (comme la présentation des Italiens par Frontiers : « gothic alternative metal »). Pourtant de gothique il n’y aura que le nom. Last Place On Earth propose un metal alternatif basique et assez timide, mais rafraîchissant. Un disque idéal pour l’été, ce qu'il a été pour votre serviteur en tout cas. On sent sur ce premier essai que le duo est encore réservé et qu’il veut se rassurer, offrant des compositions efficaces mais dénuées de ce petit truc en plus qui ferait basculer Last Place on Earth dans les coups de cœur de l’année.
Et effectivement, soit la composition s'avère trop linéaire, sur une base classique couplet-refrain-couplet-refrain-solo-refrain; soit, quand le duo prend une direction plus moderne, plus électro, les guitares tombent dans l’oubli. "Design" illustre bien ce propos: moderne et entraînante, elle tombe dans la facilité  et la rythmique reste trop en retrait. D’un autre côté, concernant les propositions plus basiques, à l’instar de "Catabolic" ou du single "Last Moment", le tempo est entraînant, les refrains sont efficaces, mais le tout manque de prise de risque, de piquant. On ressent ce goût amer sur des essais comme "Truths" qui termine sur un magnifique solo mais qui pendant ses deux premiers tiers ne propose rien de bien marquant. Quant à "No One is Listening", elle a tout du remplissage. Elle possède pourtant une jolie mélodie, mais manque de conviction. Fort heureusement, tout n’est pas à jeter aux oubliettes sur Last Place on Earth.
Tout d’abord, commencer par une instrumentale bien rythmée fait toujours plaisir. Ensuite, quelques créations sortent vraiment du lot. Si l'éponyme atteint presque cet état de fait grâce à une ambiance un peu plus goth (enfin! me direz-vous) et une performance vocale de Mariangela convaincante, elle est éclipsée par les deux œuvres marquantes de cet opus. D’une part, la mid-tempo "The Mist", qui possède en elle une certaine tristesse, le tout porté par un chant grave et mélancolique, et qui developpe cette ambiance gothique voulue par le groupe (et malheureusement que très peu retranscrite). D'autre part, et c’est la touche « fraîcheur » du recueil, "Therefore I Am", où l'on prend plaisir à être embarqué à la fois par la batterie (pourtant assez en retrait le long de cet opus) de Tarald (qui tâte de la double pédale), mais également par un véritable parti pris moderne et assumé, le tout soutenu par la puissance vocale de Mariangela.  La véritable réussite de ce premier LP des Italiens.


On peut résumer Last Place on Earth, premier album d’Ardours, en le comparant au morceau final, "Totally". Bien  pensé, entraînant, mais un peu frustrant. Si Mariangela prouve une nouvelle fois qu’elle possède un des plus beau timbre du milieu, le tout est un peu trop convenu pour réellement marquer. Cependant, le rendu est soigné, bien écrit et tout de même bien énergique, ce qui fait que l'on passe tout de même un moment plutôt agréable. Mais il faudra que le duo passe la vitesse supérieure pour le prochain essai sans quoi le projet ne pourra sortir de la masse.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5