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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 10 septembre 2019
Sa note : 14/20

LINE UP

-Toni "Tony" Kristian Kakko
(chant)

-Elias Viljanen
(guitare)

-Henrik Klingenberg
(claviers)

-Pasi Kauppinen
(basse)

-Tommi "Tommy" Tapani Portimo
(batterie)

TRACKLIST

1) Message from the Sun
2) Whirlwind
3) Cold
4) Storm the Armada
5) The Last of the Lambs
6) Who Failed the Most
7) Ismo's Got Good Reactors
8) Demon's Cage
9) A Little Less Understanding
10) The Raven Still Flies
11) The Garden

DISCOGRAPHIE


Sonata Arctica - Talviyö
(2019) - speed metal power metal enfin plus trop, là c'est du tous-azimuts metal - Label : Nuclear Blast



Des singles pas franchement réjouissants, un Tony Kakko de plus en plus malaisant sur scène, des premiers retours plutôt mauvais mais presque un coup de cœur de votre serviteur pour Talviyö de Sonata Arctica. « Mais pourquoiiiiiii ? » vous demandez vous ? Ne vous emballez pas, le disque n’a « que » quatorze. Dans ces conditions, pourquoi faudrait-il que vous plongiez à bras ouverts dans cette nouvelle aventure?

La réponse est simple: cet album je l’ai pas vu venir. Honnêtement, je m’attendais à ce que cette nuit d’hiver (traduction de Talviyö) proposée par les Finlandais soit interminable et qu'aucune aurore boréale ne vienne la sublimer. Effectivement, si le premier extrait, "A Little Less Understanding" se montrait mignonne, ce n’était pas foufou, tout comme "Cold", assez anecdotique. Et que dire du troisième single, le mièvre "Who Failed the Most" (clairement la plus mauvaise piste du dixième effort du quintet) ? Sauf qu'après une écoute entière je me dis « hum j’ai envie de le réécouter, y’a quelque chose. » Puis après la seconde, « ah ouais y’a un truc ». Quel est il ? Une ambiance tout d’abord. Sur Talviyö, Tony et ses acolytes offrent une cohérence d’ensemble qu’on ne peut leur reprocher. L’ensemble des dix propositions est cohérent, en premier lieu dans cette ambiance froide mais joyeuse/lumineuse, grâce à des nappes de claviers dont seul Henrik a le secret. Mais également en raison du parti pris par Sonata depuis quelques années, à savoir brouiller les pistes, ajouter une tendance prog à ses compositions tout en restant sur une base, si elle n’est plus speed, power. Et c’est là que "Cold" apparaît comme une piste pas si mauvaise, ses sonorités très kitchs années 1980 sont appréciables dans le rendu final, au même titre que le côté pop poussé à l’extrême de "A Little Less Understanding" ou même l’opener qu’est "Message from the Sun". Alors vous avez forcément fait votre deuil du speed délirant époque Ecliptica ("Blank File" comme opener d’un LP c’était osé) mais des relents existent comme sur ce message en provenance du soleil. La nuit d’hiver n’est pas à voir comme une simple obscurité mais comme une période faisant partie de la vie. Tout au long de ce nouvel effort, Sonata va mettre de la vie dans son œuvre.
"Whirlwind" est un petit bijou, presque progressif avec ce son si caractéristique, reconnaissable entre mille. Les guitares d’Elias, que l’on pense aux premiers abords noyées derrière les claviers, sont toujours présentes en fond, qu’elles soient électriques ou acoustiques. "Storm the Armada" fera plaisir aux fans de The Days of Grays, tant elle s’y rapproche avec ses samples aériens. Le combo nous gratifie même d’une instrumentale bien barrée avec l’excellente "Ismo’s Got Good Reactor". C’est joyeux, festif, ça part dans tous les sens et met en valeur le travail de Tommy à la batterie et bien sûr celui de l’infatigable Henrik. Le reste des compositions, si elles sont bien au-dessus de "Who Failed the Most" ne seront pas au même niveau. "The Last of the Lambs" est une jolie ballade présentant des sonorités assez particulières. "Demon’s Cage" et son piano omniprésent souffrent du manque de conviction de Tony (nous y reviendrons) et part dans tous les sens. Le final "The Raven Still Flies" / "The Garden", s’il nous emporte assez facilement dans un univers lointain et hivernal montre quelques signes de fatigue. Mais toutes ces propositions prises dans leur ensemble offrent un recueil cohérent qui suit une ligne directrice, qui initie au voyage et c’est ce qui a convaincu votre serviteur. Alors oui, Sonata Arctica, comme on l’entendait est mort, et on sent que le collectif navigue à vue, entre metal, musique prog multi influencée voir pop, et qu’il ne semble pas avoir le courage / l’envie de réellement tourner la page de ses belles années. De plus, Tony, ce cher Tony doté de sa voix si particulière semble être réellement branché sur courant alternatif, alternant de très bonnes prestations et des placements assez aléatoires sur ses lignes de chant. De ce fait, son timbre assez maniéré n’aide pas à le mettre en valeur bien que sa voix, unique en son genre demeure un atout.


Avec Talviyö, Sonata Arctica nous emmène dans des chemins insoupçonnés. Qui aurait cru qu’il allait être encore plus clivant ? Qui aurait pensé que, en dépit de singles peu enthousiasmants, le rendu final offre un réel voyage ? Car, honnêtement et sans être ni l'enregistrement de l’année, ni un prétendant au top trois des meilleurs œuvres des Finnois, Talviyö a sa propre poésie, bien enfouie sous la neige de cette nuit d’hiver, mais offre une véritable immersion, un agréable moment si l'on accepte d’être embarqué dans cette expérience tous azimuts.


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