18176

CHRONIQUE PAR ...

132
Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 09 septembre 2019
Sa note : 15/20

LINE UP

-Tarja Turunen
(chant+piano)

-Alex Scholpp
(guitare+claviers+basse+batterie)

-Max Lilja
(violoncelle)

-Kévin Chown
(basse)

-Christian Kretschmar
(batterie)


TRACKLIST

1) Dead Promises (featuring Björn Strid)
2) Goodbye Stranger (featuring Cristina Scabbia)
3) Tears in Rain
4) Railroads
5) You and I
6) The Golden Chamber: Awaken/Loputon Yö/Alchemy
7) Spirits of the Sea
8) Silent Masquerade (featuring Tommy Karevik)
9) Serene
10) Shadow Play

DISCOGRAPHIE

In The Raw (2019)

Tarja - In The Raw
(2019) - metal symphonique - Label : earMusic



Et voilà, on peut dire que les compteurs sont remis à zéro. Tarja Turunen sort son cinquième album* soit autant qu’avec son ancien groupe, Nightwish, dont la rupture a laissé des traces. Quatorze ans plus tard, elle prouve que sa carrière solo est solide et qu’elle n’est pas là pour enfiler des perles. In the Raw, son nouveau bébé, le prouve de fort belle manière.

Pourtant la miss a pas mal tâtonné depuis son premier effort, My Winter Storm, bien trop fade à mon goût. What Lies Beneath, considéré par les fans comme la meilleure de ses œuvres ne sortait pourtant pas des sentiers battus (bien qu'il soit effectivement très bon). Puis Colours in the Dark, s’il ne m’a pas convaincu, avait le mérite de proposer quelque chose de travaillé, plus intimiste, suivi par The Shadow Self qui offrait un son bien plus metal, bien plus « raw ». Ça tombe bien, le cinquième LP de la finnoise et de ses acolytes  (dont Alex et Max, présents depuis le début de l’aventure) se nomme In The Raw. Le combo compte-il aller encore plus loin dans un son plus brut ? On pourrait aisément le croire au vu du premier tiers de l’album. "Dead Promises" en duo avec le talentueux Björn (Soilwork et The Night Flight Orchestra) plonge l’auditeur dans le bain avec une proposition directe, avec un bon riff, un refrain percutant. Tarja n’en fait pas trop avec sa voix (malgré la présence des fameux « oh oh oh oh ») et l’alchimie avec le timbre à la fois doux et rugueux du suédois fonctionne redoutablement. "Goodbye Stranger" prend le relais, cette fois ci en avec Cristina de Lacuna Coil. Plus pop, cet extrait est efficace et plutôt rafraîchissant, bien que le travail sur les lignes de chant de Miss Scabbia laisse un goût de trop peu. "Tears in Rain" va quand à elle, illustrer parfaitement ce côté « raw ». Sous ses airs popisants, le single est relativement puissant et propose un break bien catchy comme on aime. Ce trio de tête remplit parfaitement sa mission. Du bon metal mélodique, pas trop sympho, avec des refrains efficaces et des petits riffs bien affûtés. Mais Tarja aime varier ses compos et apporter de la fraîcheur à celles-ci, ainsi avec par exemple "Railroads", morceau de transition entre ces trois premières pistes et les suivantes qui vont s’avérer bien plus subtiles et symphoniques. "Railroads" synthétise tout cela avec, notamment, un pont où l'orchestre (et surtout les violonistes) est magistral.
Malheureusement, la deuxième partie d’In The Raw va contenir un petit échec. Soyons clair, "The Golden Chamber" est sublime. Une œuvre de plus de sept minutes, en partie instrumentale puis chantée en finnois. Immersive, dépressive, orchestrale, on ressent toute la fragilité de l’artiste à travers ce petit bijou. Hélas, elle se trouve prise en tenaille entre les deux propositions les plus faibles du LP à savoir la décevante "You and I",  d’une niaiserie absolue et qui n’apporte rien, et "Spirit of the Sea". Le cas de celle-ci est plus complexe. L’ambiance est assez sombre, et renvoie par moment à Colours in the Dark de par son atmosphère générale. Mais malgré quelques envolées orchestrales, elle souffre terriblement de la comparaison avec sa devancière et le petit bijou qui lui fait suite à savoir "Silent Masquerade". Voix off, piano, l’intro intrigue et raconte déjà une histoire. La montée en tension est permanente, les paroles sont prenantes et graves (« Leaves me as a victim of your lies[…]won’t hear me cry, i suffocate in your silent masquerade »). De plus, Tommy (Kamelot) est impeccable, le chant de Tarja sied parfaitement à ce genre d’œuvres, à la fois riches et complexes. Un grand moment de metal symphonique qui va être prolongé par "Serene", titre dans la même veine que le trio d’ouverture mais où l’orchestration prend plus de place et s'avère parfait pour un petit moment d’évasion avant la conclusion d’In the raw avec l’épique "Shadow Play". Si le côté convenu de cette dernière fait qu’elle n’est pas à la hauteur de "Silent Masquerade", cela ne lui empêche pas d’envoyer la sauce. Morceau le plus estampillé metal sympho de l’album, avec un gros travail sur l’orchestre, un refrain bien mélodique et des lignes de chant très lyrique, le titre fonctionne parfaitement et conclut en beauté ce In The Raw qui confirme que Tarja ne fait pas de la figuration dans le milieu, continue de construire son histoire et emprunte différentes routes pour notre plus grand plaisir.

Mélange de pop metal affûté et de metal symphonique léché, In The Raw continue de faire monter progressivement en puissance l’ancienne diva de Nightwish, devenue plus humble, exploitants différentes voix du metal et continuant de nous proposer des œuvres cohérentes. Et ce n’est pas le petit coup de mou du milieu d’album qui empêchera In The Raw de figurer parmi les meilleures livraisons metal sympho de 2019.

*techniquement ce n’est pas son cinquième album, mais je fais exprès de ne pas compter les albums classiques, de noël et les disques bonus comme The Brightest Void.




©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5