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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 12 août 2019
Sa note : 17/20

LINE UP

-Marek "Necrosodom" Lechowski
(chant+guitare)

-Sinister
(guitare)

-Vomitor
(basse)

-Paweł "Stormblast" Pietrzak
(batterie)

TRACKLIST

1) Remorseless Beast
2) The Soul of the World
3) Sinister Lava
4) Through the Crown It Departs
5)
The Seeker
6) Ceremony of Reversion pt. 2
7) The Destroyer

DISCOGRAPHIE

Kosmocide (2019)

Deus Mortem - Kosmocide
(2019) - black metal - Label : Terratur Possessions



Tuer l’univers. Détruire le cosmos. C’est pas rien comme programme… Mais après tout, il faut un peu d’ambition dans la vie, si on veut arriver à exister. Enfin dans ce cas-là, à non-exister. Parce que forcément, un album qui s’appelle Fourmicide ou Guêpecide, ben ça le fait pas. Pas dans le trve black, en tout cas. Dans le prog peut-être, ça oui, ils sont capables de tout. Ou le djent. Mais pas le trve black.

Enfin bon, trve, trve, ils sont des fois un peu limites, les gars de Deus Mortem. Prenez "The Destroyer", on est limite dans le black-death Dissection-like. Et le black-death, c’est pas trve. Pareil, quand les apprentis tueurs de mondes se mettent à implorer de sombres divinités à la manière des vieux groupes de black metal grec, ça fait « biiip ! ». Pas trve. Parce que le black metal grec, c’est pas trve. Et puis toute cette musicalité, souvent mélodique, eh bien, c’est moyennement trve également. Bref, malgré la pochette, malgré des entames souvent frénétiques, Deus Mortem aime varier le propos. Le tempo, les ambiances. Ne pas se fier au début de "Remorseless Beast" qui, une fois passée l’intro de rigueur, tabasse en plan Sons of Northern Darkness. Ne pas juger non plus le groupe à l’aune du démarrage de ces versions modernes de "Total Destruction" que sont les excellents "The Soul of the Worlds" ou "Through the Crown It Departs".
Les musicos polonais savent parfaitement castagner. Ils sont incisifs, précis, tout en maîtrise. Mais ils vont plus loin. Ils intègrent avec aisance passages plus mélodiques, intégrant de-ci de-là quelques solos thrashy, dissonances plus modernes ou lourdeurs Celtic Frost/ Darkthrone ("The Seeker"), évitant tout de même l’écueil du l’album patchwork. Si "The Destroyer" est le titre atypique de l’album, tous les autres morceaux possèdent un lien de parenté. Une certaine aridité, un mordant, des variations de tempo. On pourra peut-être considérer que "Ceremony of Reversion p.2" est le point culminant de l’œuvre. Il s’agit en tout cas d’une superbe revue d’effectifs, DM (Deus Mortem hein, pas Depeche Mode) y montrant toutes les facettes de sa virtuosité. Conclusion: Kosmocide est le produit d’un groupe qu’on verrait bien s’affirmer comme une valeur sûre. Tout comme Ascension, ils aiment explorer tous les aspects du metal sombre, mais tergiversent moins. Miam.


Espérons que les gars de Deus Mortum ne réussissent pas à tuer le cosmos tout de suite, parce que j’aimerais écouter leur album encore quelques fois. Voire le prochain. Directs mais riches en possibilités musicales, plus authentiques que certains autres groupes de black metal polonais plus connus (je ne donnerai pas de noms, mais on s’est compris), ils gonflent les rangs des formations douées qui procurent du plaisir par pack de douze. Merci à eux.


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