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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 09 août 2019
Sa note : 14/20

LINE UP

-Amaury Durand
(chant)

-Tristan Mélique
(guitare)

-Julien Dijoux
(guitare)

-Fanny "Fafa" Oliveira
(basse)

-Baptiste "Batt" Cauchy
(batterie)

A participé à l'enregistrement:

-Aline Boussaroque
(programmation)

TRACKLIST

1) The Ego Disaster
2) This Pale Imitation Of Guilt
3) Insipid & Shallow
4) Betrayed Again
5) Nothing Left, Nothing Right
6) A Bitter End
7) A Brave New World
8) The After Vultures
9) Like A Poison
10) Reawake
11) Ataraxia
12) Devoid Of Compromise

DISCOGRAPHIE


Monolyth - A Bitter End / A Brave New World



C’est au moment d’écrire la chronique de cet album que je me suis aperçu que Monolyth était un groupe français. Curieux parcours, démarré en 2006 et rapidement marqué par un premier LP (2007) dont le successeur se sera fait attendre... douze ans. Pause, changement de line-up, un classique hélas dans la galaxie des petits groupes qui essaient de survivre. La formation francilienne semble bien remise sur des rails et après l'écoute de ce A Bitter End / A Brave New World, on va les attendre au tournant...

Le death/thrash a le vent en poupe. C’était ainsi que l’on m’avait présenté le groupe. Or, les mélodies, omniprésentes sur cet album, confèrent à ce dernier une coloration différente de ce que ce terme désigne habituellement. Quand on voit que Monolyth cite In Flames ou The Haunted dans leurs influences, cela paraît une évidence : leurs musique, c’est du melodeath mâtiné de thrash (ou l’inverse, à vous de voir). Autant dire que vous allez bouffer du riff à deux-cents à l’heure avec de la mélodie et de la rage. Le quintet rentre d’ailleurs dans le vif du sujet avec un growl d’entrée sur une musique puissante. Mais un premier problème se révèle immédiatement : le son. L’enregistrement donne l’impression d’avoir affaire à une démo. Le mixage n’est pas toujours à la hauteur (notamment sur le chant ou certains passages de batterie) et les guitares crachent plus que de raison là où l’on voudrait des riffs tranchants. En plus, le groupe se permet quelques claviers pour enrichir sa musique, mais ceux-ci ne sont guère mis en avant. Si je n’avais pas comme objectif de chroniquer cet album, je ne suis pas sûr que je serai allé beaucoup plus loin. Mais sachant que Monolyth relançait sa carrière avec cette galette, on peut comprendre qu’ils n’ont pas une grosse artillerie pour l’enregistrer.. Alors on persévère.
En cinéma, on peut apprécier un film tourné caméra à l’épaule. Alors en musique, on s’attarde sur les qualités intrinsèques des morceaux. Qui sont très bons. Les riffs, sans forcément être originaux, fonctionnent bien. Tout s’enchaîne parfaitement, on sent que le collectif sait composer. Chacun des membres ajoute sa pièce sans chercher à se mettre en avant. Tout est au service des morceaux. La symbiose chant/guitare/rythmique est excellente. On retrouve parfaitement la rage et l’attaque d’un The Haunted (période rEVOLVEr), avec les refrains accrocheurs. Les guitares apportent des petits leads toujours bienvenus pour enrichir le spectre. Curieusement, avec un chant très volontaire (même si la justesse n’est pas toujours là) et un son dégueulasse, la réalisation donne vraiment l’impression d’être celle d’un tout jeune groupe. Tout dans l’enthousiasme ! Et ça fonctionne ! Et si les compositions relèvent souvent de la même recette, les Frenchies nous proposent quand même une ballade de sept minutes intitulée "A Bitter End" ou encore un doux intermède dénommé "Like A Poison". Une petite variété bien venue, comme une respiration.


Une fois que l’on a passé la barrière du son général de l’album, celui-ci s’écoute avec plaisir. Les titres sont efficaces, tranchants et la qualité perdure jusqu’au bout. On n’attend plus qu’une chose : que le groupe revienne avec une nouveau CD, mieux enregistré, pour confirmer tout le potentiel aperçu. Car les mêmes chansons avec un gros son et des guitares tranchantes seraient bien plus marquantes, c’est une évidence.


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