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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 24 mars 2008
Sa note : 12/20

LINE UP

-Steve Rathjen
(chant)

-Dylan Ruskin
(guitare)

-Jeff Hughell
(basse)

-Marco "Lord Marco" Pitruzzella
(batterie)

TRACKLIST

1)Gorification
2)The Parasites
3)Apocalyptic Feasting
4)Swine Slaughter
5)Forcefed Human Shit
6)Consumed By the Dead
7)Revelation
8)Bury the Living
9)The Depths of Darkness
10)Sadistic Abductive

DISCOGRAPHIE


Brain Drill - Apocalyptic Feasting



Vous avez tous certainement une tante qui possède ce genre de chiens que les dames d’un certain âge affectionnent. Ces petits roquets courts sur pattes mais d’une agressivité improbable jappent au moindre événement, mordent les chevilles de gens, font peur aux gros chiens et prennent votre canapé pour un terrain d’entraînement aux coups de griffes voire un bout de trottoir où se soulager. Pour être tranquille, il n’y a pas 36 solutions : hormis l’euthanasie à coups de rangers, on peut lui présenter 3 congénères pour qu'ils fassent de la musique : c'est précisément comme ça que Brain Drill est né.

Nouvelle coqueluche du death-grind outre-Atlantique, Brain Drill débarque sur nos platines avec force bruit et fureur. Bruit, parce que c’est du death et fureur parce que ma foi, c’est très brutal et très énervé. Mais leur créneau à eux, c’est aussi la technique. Enfin, disons : une certaine vision de la technique. Impossible de ne pas repenser à cette phrase proférée à l’encontre d’un de ces shredders fous qui enquillent les plans ultra techniques avec le métronome à bloc : « à ce niveau là, ce n’est plus de la musique, c’est du sport ». Eh bien Brain Drill devrait peut-être envisager de participer aux JO, dans une discipline qui ferait la part belle à ces extrémistes de l’instrument. Rien à voir avec la technique qu’on peut trouver chez des artistes ou groupes communément qualifié de virtuose (comme Dream Theater ou Malmsteen), il s’agit ici d’autre chose.

Allez, commençons par le bassiste, qui joue sur une sept cordes. Eh bien le bonhomme trouve le moyen de tricoter à toute berzingue mais également de nous placer ici et là des plans en sweeping (parfois en solo). Ne cherchez aucune musicalité dans ces prouesses, pas de progression d’accords ni d’harmonie, c’est totalement gratuit. L’avantage, c’est que ça permet pour une fois à un bassiste de briller un peu sur un album de death/grind, mais c’est bien tout. La guitare, elle, répond strictement au même schéma. Quand elle ne riffe pas à toute allure, elle enchaîne de même des plans en sweeping dont la difficulté reste somme toute plutôt illusoire, puisqu’il s’agit juste d’aller très vite sur la bonne position d’arpège. Même chose, la musicalité repassera (si elle a le temps). Et enfin, point d’orgue, la batterie. Lord Marco, véritable monstre, donne sur ces dix titres une excellente démonstration de ce qu’est un gravity blast. Ça va très vite, c’est violent et hystérique et à côté, Vital Remains et Marduk sembleraient presque jouer du doom.

Les amateurs d’extrême vraiment très très extrême risquent donc d’être comblés. Les performances des musiciens étant soulignées pour le meilleur et pour le pire, il s’agit maintenant de savoir si globalement la musique décolle. Dans l’ensemble c’est le cas. Dès que le groupe met de côté ses velléités de record du monde, on trouve des plans death très sympas, puissants et dévastateurs, surmontés par le growl efficace (mais pas extraordinaire) de Steve Rathjen. Une pointe de mélodie apparaît ici et là, un gros riff thrash risque un coup d’œil à l’occasion, mais tout ce petit monde se met bien vite à l’abri dès que le groupe réadopte son mode « supersonic blast ». Reste que l’alternance de tout cela confère une efficacité relative à l’ensemble, aidé par une production de bonne facture et une imagerie gore plutôt banale mais cohérente. Et pour l’anecdote, on signalera que le groupe semble activement soutenu par Alex Webster, bassiste de Cannibal Corpse.


On reprochera tout de même aux musiciens le fait qu’ils semblent vouloir tous ramener un peu la couverture (sanglante) à eux, et que le groupe tombe un peu trop souvent dans ses travers de démonstration stérile quitte à perdre en efficacité. Heureusement, le côté grind se limite au son sale et à l’hystérie qui se dégage de la musique, ce qui permet à Brain Drill, avec cet Apocalypse Feasting, d’accoucher d’un album suffisamment bien fait pour mériter une oreille. Mais ne venez pas vous plaindre si vous vous faites mordre, hein.

News de dernière minute : suite à une sombre histoire de tournée aux US ayant mal tourné pour des histoires de drogues, le batteur et le bassiste de Brain Drill ont quitté le groupe. Quel sera l’avenir de Brain Drill ?


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