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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 06 août 2019
Sa note : 18/20

LINE UP

-Romain Negro
(chant+guitare)

-Johan Smith
(guitare)

-Duran K. Bathija
(guitare+basse)

-Manuel Barrios
(basse)

-Samuel Jakubec
(batterie)

TRACKLIST

1) Through the Dark Gates
2) Circular Infinity
3) The Forge
4) Nonexistence
5) The Chasm of Eternity
6) Lawless
7)
The Eclipsist
8) Shattered Universe
9) Children of the Obsidian Light

DISCOGRAPHIE


Stortregn - Emptiness Fills The Void
(2018) - black metal melodeath technique, mélodique et épique - Label : Non Serviam Records



Stortregn était un peu sorti de nulle part en nous proposant son Singularity, petite perle de black/death bourrée de mélodie et d’un enthousiasme très communicatif. Tant de maîtrise et de qualités nous donnait envie d’en entendre plus. Les Suisses nous proposent deux ans plus tard Emptiness Fills The Void. On ne s’attend pas vraiment à une grande évolution. Ce que l’on veut, c’est une grande claque dans notre gueule. Un volume 2, quoi. Mais pourront-ils faire mieux ?

Alors que Singularity commençait avec un morceau typé « intro », Emptiness Fills The Void entre dans le vif du sujet dès la première piste ("Through The Dark Gates"). Malgré tout, la chanson démarre par une (courte) partie acoustique pour ne pas que l'auditeur ne se sente agressé d’entrée. La sauce monte tranquillement avant que les riffs ne débarquent et ne défoncent tout sur leur passage pour six minutes de fureur et de mélodies [ndlr: et le morceau ne s'intitule pas "Fight Fire with Fire" ? Bizarre.]. Stortregn officie dans cette catégorie de groupe modernes qui mélangent thrash, black et death, sur fond technique et mélodique (on pense au dernier Hyperion). Les Helvètes ont leur version à eux, avec des riffs au côté melodeath assez marqué. Tout est dans l’alternance des styles, maîtrisée avec brio. On passe d’un couplet melodeath à un refrain black, puis à un petit passage acoustique avant de finir sur un solo épique. Le tout est d’un naturel incroyable. Là où d’autres groupes créent des cassures dans leurs morceaux pour intégrer tous ces éléments, Stortregn les fusionne parfaitement. En cela, les musiciens jouent tous dans la même direction et gèrent les transitions de façon bluffante. Si les guitares sont à l’honneur avec leurs leads aériens, il faut quand même féliciter la rythmique qui tient ce joyeux bordel technique. On notera notamment le travail de fond de la basse, souvent discret, mais qui sait se faire remarquer. En cela, chaque instrumentistes apporte son truc qui fait toute la richesse du groupe. Les écoutes passant, on remarque combien, les morceaux sont bien foutus.
Mais cet album n'est-il qu'un doublon ? Non. Pas vraiment. Emptiness Fills The Void donne une impression différente de son prédécesseur. Singularity avait un côté plus spontané. On avait l'impression que de jeunes chiens fous avaient été lâchés. Démonstratif, parfois ? Peut-être. Sur ce nouvel enregistrement, la technique semble davantage mettre en valeur les compositions. D’ailleurs, les leads se sont enrichis et les solos sont plus présents. Il se dégage une maturité de cet opus, sans que le collectif ne relâche sa fougue. C’est du grand art ! Au niveau des évolutions, on notera que le chant s’éloigne un peu du black metal. L’alternance growl/scream est en train de tourner à l’avantage des influences death. Et l’expérience se sent également dans l’agencement des morceaux. En plein milieu de la galette, les Genevois nous proposent un intermède "The Chasm Of Eternity" qui apporte un peu de calme dans la tempête (et montre d’ailleurs les qualités intrinsèques du groupe à composer). De même, ils finissent sur une pièce longue de onze minutes ("Children Of The Obsidian Light") qui se termine sur une série de solo qui transporte l’auditeur. De quoi donner envie de remettre le CD dès que la dernière note retentit… Difficile d'ailleurs d'opérer un distinguo entre les perles du recueil, tant la qualité des pistes est grande et homogène.


Furieux, puissant, accrocheur, mélodique… Les qualités et les superlatifs abondent pour Emptiness Fills The Void. Aucune fausse note pour ce nouveau Stortregn qui prolonge intelligemment Singularity. En faisant mûrir leur formule, le groupe transforme l’essai et confirme son talent déjà indéniable. Voilà une formation à suivre d’urgence si vous n’avez pas peur de vous prendre une claque dans votre gueule (objectif atteint) !


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