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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 02 août 2019
Sa note : 17/20

LINE UP

-Francesca "Alis" Bos
(chant)

-Andrea Stefanelli
(chant)

-Roberto Mammarella
(chant+guitare)

-Andrea Bellucci
(chant+programmation)

-Daniele Bovo
(guitare+piano)

-Diego Danelli
(basse)

-Elisa Carrera
(batterie)

TRACKLIST

1) Last Call For Life
2) Angor Vacui
3) Distance
4)
A Tainted Retrospective
5) Perché il mio amore (Fausto Rossi cover)
6) Numana
7) No Redemption
8) I Stand Nowhere
9) Reaping for Abel
10) Under Monochrome Rainbow

DISCOGRAPHIE


MonumentuM - Ad Nauseam
(2002) - doom metal gothique - Label : Tatra



-MonumentuM ? Tu écoutes MonumentuM ? Hé les gars, il écoute MonumentuM ? Ha ha ha ! Mais quel ringard, ce type !
Sept ans. Même si, en 2002, l’ultra-versatilité des masses provoquée par l’apparition des réseaux sociaux relève encore de la fiction, sept ans représentent déjà une éternité en termes d’engouement musical. De la poignée de fans enthousiasmés par l’apparition, en 1995, du cultissime In Absentia Christi, ne subsistent que quelques irréductibles. Quel dommage…

Oui, quel dommage. Le premier effort de Roberto Mammarella contenait un certain nombre de faiblesses qui ont disparu sur Ad Nauseam. Disparu également le côté poisseux et vénéneux d’In Absentia Christi. Epaulé par une équipe totalement renouvelée, notamment du côté du chant féminin - je ne m’en plaindrai pas - Roberto met l’accent sur la mélancolie. Plus de fumées nocives, juste un doom atmosphérique non violent, gorgé de mélodies colorées d’un beau gris. Un gris si puissant qu’il aurait convaincu notre joviale Maïté de se consacrer à l’ascèse. Autre différence avec le premier opus: l’homogénéité et la solidité de l’ensemble. Finis les titres ambient et flous. Apparaissent deux instrumentaux: "Angor Vacui" le gothique-indus et "Numana" le vaporeux. Les autres titres composant l’album sont des chansons en bonne et due forme, avec leur structure, et leurs vocaux inspirés. Cette fois-ci, pas de mauvaises surprises, Francesca ravit nos délicats tympans, notamment sur un "I Stand Nowhere" absolument poignant et, globalement, tous les chanteurs savent faire poindre l’émotion.
Côté cover, là encore, c’est tout bon. Le côte légèrement dépressif de "Perché il mio amore" cadre parfaitement avec l’atmosphère d’Ad Nauseam, et Roberto et ses comparses se chargent de rendre la chanson de Faust'o plus vibrante. Conclusion, cet album est bien meilleur qu’In Absentia Christi... Sauf que non. La seconde œuvre de MonumentuM gagne en cohérence, en qualité musicale, en pertinence d’arrangements, mais elle perd en mysticisme sulfureux et en ardeur. Entendons-nous bien: Ad Nauseam n’est en rien un monstre froid. On peut encore largement se perdre au détour de ses airs lancinants. Notre poil peut encore se hérisser lorsque Francesca s’envole, comme sur "Distance". Mais le second volet des aventures de Roberto est un peu plus sage, un peu policé, un peu moins fou que le premier. Une partie de la magie s’est évaporée, au profit d’une plus grande maturité musicale. Du coup si la tête et les oreilles penchent vers Ad Nauseam, le cœur et les tripes gardent un petit faible pour In Absentia Christi. Conclusion: il faut se passer les deux en boucle. Trois fois par jour. Sans ordonnance.


Trois albums comme embryon d’un style qui n’aura su trouver de public. De nous jours, il n’y a guère que Dismal pour se charger d’entretenir une flamme mourante. Ames de Marbre la guerrière, In Absentia Christi la sorcìère et Ad Nauseam la belle, ou le Triangle des Bermudes musical. Une zone où l’auditeur perd ses repères et perd une partie de lui-même. Voué à l’échec. Sublime.


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