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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 02 août 2019
Sa note : 16/20

LINE UP

-Joakim Brodén
(chant+claviers)

-Christoffer "Chris" Rörland
(guitare)

-Tommy Johansson
(guitare)

-Pär Sundström
(basse)

-Hannes Van Dahl
(batterie)

TRACKLIST

1) The Future of Warfare
2) Seven Pillars of Wisdom
3) 82nd All the Way
4) The Attack of the Dead Men
5) Devil Dogs
6) The Red Baron
7) Great War

8) A Ghost in the Trenches
9) Fields of Verdun
10) The End of the War to End All Wars
11) In Flanders Fields 

DISCOGRAPHIE


Sabaton - The Great War



2019, est-il encore nécessaire de présenter les Suédois de Sabaton ? Avec le clash Manowar vs le Hellfest qui a débouché sur un concert surprise de la bande à Brodén, le monde du metal tout entier voire au-delà les connaît désormais (et mince, le tiercé gagnant The Art Of War, Carolus Rex, Heroes est ce qu'il se fait de mieux en power moderne, n'en déplaise à Yogi, alors filez les écouter). Cette année, le quintet s'attaque à la Première Guerre Mondiale. Nouveau chef d'oeuvre, LP plutôt sympa ou déception comme The Last Stand ? Eléments de réponses.

Il faut tout d'abord remettre en contexte l'élaboration de cette chronique et surtout mettre toutes les chances de son côté pour se délecter de cette nouvelle œuvre. C'est ainsi que j'ai la chance de m'être fait offert le EarBook (pas par Nuclear Blast, ne nous emballons pas) qui présente en plus des lyrics, des éléments historiques supplémentaires sur chaque chanson, le contexte, les protagonistes impliqués. Écouter l'album avec l'objet en main est très immersif et, je pense, permet de mieux en apprécier le contenu. Alors certes, chacun ses goûts, mais n'est-il pas préférable de profiter de paroles recherchées, tout du moins si on les compare à celles d'autres offrandes du même style narrant des thèmes plus généraux et rébarbatifs dans le milieu du power ? Chacun se fera son avis. Le mien est tout trouvé. Revenons à La Grande Guerre, thème cher aux Scandinaves qui ont pris leur temps afin de nous proposer ces onze histoires, allant de la grande bataille de Verdun ("Fields of Verdun") au redoutable sniper allemand Manfred Von Richthofen ("The Red Baron") ou encore les faits du multi décoré soldat américain Alvin York ("82nd All the Way"). Les thèmes sont divers et variés, mais, et cela revient souvent avec Sabaton, l'accent est mis sur de grandes figures (qu'ils soient héros ou criminels) ou de grandes batailles (ici Verdun donc, mais également la terrible bataille de Passchendaele).
Cependant, c'est bien beau de nous offrir un concept album, fortement documenté, réalisé avec passion et différents supports (oui, le choix s'offre à vous d'écouter la version classique ou la version « History », qui comprend une introduction narrative au début de chaque chanson, comme ce fut le cas sur certains morceaux de The Art of War. Personnellement je n'écoute que cette dernière version), mais musicalement ? Et bien Sabaton fait globalement du Sabaton. Et je vais pointer tout de suite les quelques défauts qui risquent de rebuter les puristes du genre. Et débuter par un constat: le quintet s'auto-plagie. C'est ainsi que si vous êtes agacés par cet aspect, "Devil Dogs" va vous faire vriller. La structure est identique à certaines anciens titres, à l'instar d'"In The Name Of God" ou encore la formidable "Resist and Bite". Sauf qu'ici la mayonnaise ne prend pas et on est face au morceau faible de l'enregistrement. "82nd All the Way" ne se démarque pas également, et semble fade surtout après un "Seven Pillars of Wisdom" (narrant l'histoire de Lawrence d'Arabie au sein du conflit) et son refrain entêtant. Autre défaut qui revient sans cesse, l'absence de riff dantesque. On le sait mais on le relève à chaque fois: Sabaton n'a pas d'égal en terme de refrains dévastateurs mais quand ceux ci ne sont pas excellents, l'absence d'une structure bien ficelée se fait ressentir. C'est tout ou rien, soit la proposition claque et rayonne dans son ensemble soit on ne retient rien, puisque la guitare (hormis les solos) ou encore la batterie ne ressortent pas spécialement.
Fort heureusement Sabaton n'a pas perdu sa recette pour livrer des tubes imparables. "The Red Baron" est d'une facilité déconcertante mais tellement efficace, et vous vous surprendrez à chantonner le refrain toute la journée. "Fields on Verdun" n'est pas en reste, grâce notamment à son petit solo inspiré de musique classique. Mais le point fort de "The Great War" est l'évolution du groupe dans ses compositions. De plus en plus de place est faite aux orchestrations comme sur le single "Great War" et sur le déroutant "The End of War to end All Wars", assurément le titre le plus surprenant et le plus immersif. Si certains titres semblent un peu trop joyeux par rapport aux lyrics (ce qui est totalement assumé par le groupe), le dernier nommé bénéficie d'un équilibre parfait. La mélodie principale accompagnée de chœurs est plus lourde, la voix de Brodén plus grave ce qui colle parfaitement avec le thème - la Grande Guerre était supposée être la dernière guerre, cent ans après le constat est implacable. Mais, c'est surtout "Attack of the Dead Men" qui va s'avérer être LE titre de l'œuvre, mid-tempo à la mélodie sombre et traitant de l'utilisation des gaz contre les soldats. Le refrain , très « guerrier » et « hymnesque » dans sa structure ne vous quittera pas de sitôt. Enfin, Sabaton nous surprend on offrant une outro assez poignante "In Flanders Fields" inspirée d'un poème canadien uniquement chantée en chœurs, clôturant, après dix titres puissants, de manière sublime (votre imaginaire vous fera penser à une sorte d'hommage à toutes les victimes) The Great War.


2019, doit-on vraiment émettre des avis objectifs sur un album studio de Sabaton? Les Suédois ont acquis une notoriété internationale suffisante grâce à des LP exceptionnels (je vous ai dit de vous foncer écouter Heroes ?) mais surtout des prestations scéniques reconnues. Alors certes The Great War peut sur certains aspects se révéler décevant, mais reste bien au dessus de The Last Stand. Joackim et Pär nous livrent une nouvelle fois des textes aboutis, intéressants et des hymnes que l'on a pas finis d'entendre en live. Le rendez vous est pris en 2020 pour la tournée européenne.

D'accord, pas d'accord ? Le débat c'est par là.


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