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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 08 août 2019
Sa note : 20/20

LINE UP

-Christopher Schmid
(chant)

-Oliver Nikolas Schmid
(guitare)

-Marco Praschberger
(guitare)

-Christian Steiner
(claviers)

-Rico Galvagno
(basse)

-Wilhelm "Willi" Wurm
(batterie)

TRACKLIST

1) Melantroduction
2) Without

3) Adorer and Somebody
4) A Summer's End
5) Solitude, Silence
6) 2 Sec. and a Tear

7) Lastdance
8) Morning...Grey
9) Diotima
10) Re...Silence 

DISCOGRAPHIE


Lacrimas Profundere - Burning: A Wish
(2001) - doom metal - Label : Napalm Records



Non vous ne rêvez pas, Eudus, votre serviteur fan de metal sympho/power mélo se lance dans une chronique de doom. Ne vous attendez donc pas à une analyse purement technique et tout le touin-touin. Non, il manquait sur notre remarquable webzine la chronique d'un album exceptionnel, merveille du genre, mais également une œuvre charnière dans la carrière de Lacrimas Profundere: Burning: A Wish.

Pourquoi « charnière »? Parce qu'après deux premiers LP's de doom/death, les Allemands ont affûté leur style pour tendre vers un doom un peu plus « doux », plus mélancolique et moins teinté de death. Si Memorandum fut la première ébauche (de très bonne qualité) ce Burning: A Wish est cette pièce centrale dans l'histoire de Lacrimas Profundere. Plus rien ne sera pareil par la suite. Bien que la part doom résiste encore sur Fall I Will Follow et un tout petit peu sur Ave End, à partir de Filthy Notes for Frozen Hearts elle aura totalement disparu. Le groupe deviendra alors une sombre blague proposant à partir de Songs For The Last View un rock gothic pour ados. Heureusement, le récent Bleeding the Stars redresse la barre.
Revenons-en à ce quatrième effort longue durée. Plusieurs ingrédients font que la recette de Burning: A Wish est un chef d'œuvre. Comme dit ci-dessus, le « à la croisée des chemins » souvent de connotation négative est ici, bien au contraire, totalement positif. Le côté doom/ death est encore présent mais de manière parcimonieuse. Christopher, voix rauque et douce, puissante et calme à la fois n'abuse pas des growls, mais quand il le fait, c'est avec acharnement, notamment sur la bombe doom-rock "Without" et son final de l'espace. On citera également la pièce maîtresse qu'est "Solitude, Silence", sûrement la plus grande composition de son frère Oliver tant sa puissance, son rythme, sa mélancolie, les différentes lignes de chant de Christopher tendent vers la perfection. "2 Sec And a Tear" n'est pas en reste en terme d'éléments death.
Mais que serait Lacrimas Profundere sans mélancolie, spécialement depuis Memorandum ? Si cette dernière est présente sur les morceaux précités, elle prendra une place central sur l'étonnante "Melantroduction" qui, comme son nom l'indique, ouvre Burning: A Wish. Un peu plus de trois minutes de beauté, de tristesse, le tout affiné par la présence d'une voix féminine, la dénommée mais inconnue Alev (sa voix est franchement splendide). Alev qui prend la lumière sur la merveilleuse ballade au piano "Morning...Grey" - âmes sensibles s'abstenir, vous risqueriez d'y laisser quelques larmes, tant la proposition est pure et glaçante, tout comme les paroles la composant (« Un autre pèlerinage, sous la pluie d'un matin gris sombre, au crépuscule nous avons marché, et oublié notre chemin »...). "A Summer's End" et ses notes de piano mais avec un rythme plus soutenue entre également dans cette catégorie, sans oublier "Re-Silence", prolongement de "Solitude, Silence" qui clôt ce quatrième effort.
Et puis, le sextet intègre progressivement des arrangements et mélodies un peu plus rock, directs, qui composeront l’entièreté de leurs futurs albums. "Lastdance" illustre parfaitement cette évolution notamment dans son premier et dernier tiers mais également "Without", assez direct malgré son final relativement violent. Dans une moindre mesure, "Adorer And Somebody" et "Diotima" comportent quelques passages moins doom, plus faciles d'accès, mais toujours avec ce sens de l'arrangement, de l'intensité inhérent à tous les morceaux composants Burning: A Wish. Car rien n'est laissé au hasard. Les dix compositions sont savamment dosées, racontent une histoire que ce soit via les lyrics ou les accords (quelques soient l'instrument). Aucun des musiciens ne prend le pas sur l'autre, seul la prestation quasi parfaite de Christopher tend à prendre un peu plus la lumière.

Les puristes du genre vous diront que c'est un peu trop pompé par moment sur Paradise Lost, et surtout Katatonia (mais Lacrimas Profundere ne s'est jamais caché de les avoir comme modèle). Cependant, si l'inspiration puisée est parfaitement remodelée et aboutit à une œuvre simplement parfaite, peut-on en faire le reprocher aux membres du groupe ? La suite de la carrière du combo fera de celui-ci la risée du genre, mais il ne faut quand même pas oublier Burning: A Wish, une réalisation puissante, déchirante, douce, mélancolique. Tout simplement culte.


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