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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 26 juillet 2019
Sa note : 16/20

LINE UP

-Francesca Nicoli
(chant)

-Andrea Zanetti
(chant)

-Roberto Mammarella
(guitare+basse+claviers)

-Paolo Mauri
(samples)

-Max Cristadoro
(batterie)

TRACKLIST

1) Battesimo: Nero Opaco
2) A Thousand Breathing Crosses
3) Consuming Jerusalem
4) Fade to Grey (Visage cover)
5) On Perspective of Spiritual Catharsis
6) Selunhs Aggelos
7) From These Wounds
8) Terra Mater Ofranorum
9) Nephtali
10)
La Noia

DISCOGRAPHIE


MonumentuM - In Absentia Christi
(1995) - doom metal gothique - Label : Misanthropy



La réputation d’un artiste peut-elle influer sur la perception que l’on a de son travail ? Oui.
Back to 1995. « MonumentuM ? C’est culte ! » « MonumentuM, tu vas voir, c’est kvlt ! »
-Ils ont sorti un split avec Rotting Christ ! Et là, il y a leur nouvel album. Purée ! C’est…
-Culte, non ?
-Euh… oui. C’est culte. Voilà. C’est culte !


Quand, un soir d’automne 1995, In Absentia Christi pose son arrière train en plastique sur le bureau de ma minuscule piaule rue des Gobelins, Paris XIIIème, je n’en mène pas large. Je vais pouvoir enfin écouter le mythique groupe de doom transalpin. Saurais-je être à la hauteur ? Ne vais-je pas les décevoir ? Vais-je aussi me joindre à la horde - enfin, la mini-horde...- de fans et faire mien leur cri de guerre ? Quelques heures et deux bols de soupe Maggi orientale plus tard, ma décision est prise: MonumentuM, c’est culte !!!! In Absentia Christi? Mon album préféré de tous les temps !
2019. Les années ont passé. J’ai conservé ma peau de pêche. De plus, j'ai acquis un minimum de recul quant à mes passions de jeune adulte - enfin, adulte… Comment Roberto Mammarella s’est-il arrangé pour envoûter à ce point son monde ? Aucune idée. Le premier de ses deux albums vaut-il le concert de louanges reçu ? Oui et non. Développons.
Oui. Avec les Suisses de Sadness, MonumentuM s’est attelé à donner une vision du gothic doom alternative à celle du mythique trio british My Lost Anathema. Une vision beaucoup plus gothique que doom. Vocaux à la Rozz Williams, un poil de distorsion. Les Italiens se la jouent même encore plus soft que les Helvétiques et créent une ambiance hypnotisante, suffocante, malsaine en laissant presque complètement de côté la baston. En ce sens, le pari est risqué et, d’un point de vue commercial, il est perdu. Pour l’occasion, culte rime vraiment avec absence de succès auprès des masses métalliques (et gothiques). D’un point de vue artistique, en revanche, cette vision christian-deathesque du doom possède un pouvoir de fascination stupéfiant. L’étonnante pochette est à l’image du contenu. Diffus. Sournois, aussi. Venimeux. "On Perspective of Spiritual Catharsis" est un summum inégalable. À son écoute, le risque de liquéfaction par empoisonnement est immense. Et globalement, l’ambiance de cet OVNI est dingue, incroyable
Non. L’album n’est pas irréprochable. Outre le fait que 99,99% des auditeurs trouveront l’ensemble mou, les titres non totalement ambient se ressemblent vraiment beaucoup. Rythme TRÈS pépère (sauf sur "Nephtali", où le batteur sort de sa doomesque léthargie). Quelques arpèges acoustiques de ci de là, des claviers, un ch'ti peu de riffs et les lamentations d’Andrea, tel est le canevas commun à tous les titres. Mais bon, ça fait partie du pack. L’autre problème est beaucoup plus sérieux: le chant féminin est immonde. On l’accepte à peu près sur la reprise de "Fade to Grey", on passera sur la pointe des pieds pour "Terra Mater Ofranorum" mais "Sehluns Aggelos" est carrément inécoutable. N’est pas Lisa Gerrard qui veut ! Heureusement que la contribution de la vocaliste s’est limitée à quelques pistes…


Bref, In Absentia Christi est un poison délicieux, une vision poétique, étouffante et cauchemardesque du gothic doom à l’Italienne. Mais il ne s’agit pas de l’œuvre parfaite vantée à l’époque par une poignée de fans dévoués corps et âme à Sieur Roberto, la faute, surtout, à un chant féminin déficient. Ad Nauseam, en revanche…



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