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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 03 juillet 2019
Sa note : 18/20

LINE UP

-Stéphane "Steff" Rössli
(chant+guitare)

-Phillippe "Chiva" Riand
(guitare+piano)

-Andre "Andy" Zuffrey
(basse)

-Claude "Gradel" Lugon
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement:

-Christine
(chant)

-Don Cáceres
(sacuhachi+flûte orientale, titre 3)

-Corinne
(violon+violoncelle)

TRACKLIST

1) Ames de Marbre
2) Lueurs
3) Tristessa
4) Opel Vault
5) Tears of Sorrow
6) Red Script
7)
Antofagasta

DISCOGRAPHIE


Sadness - Ames de Marbre



Sadness était à Paradise Lost, ce qu’Hail Spirit Noir est à Enslaved. Profond comme réflexion, hein ? Ça vous en bouche un coin, pas vrai ? Pour ceux à qui cette splendide comparaison ne parle pas vraiment, nous dirons qu’il y a le metal gothique et le gothique metal. C’est plus clair comme ça ?

Toujours pas ? Bon, continuons. D’un côté il y a la horde de groupes de métallos qui glissent quelques mélodies à la Sisters of Mercy dans leurs riffs mastoc. À la rigueur, ils acceptent qu’une princesse au chômage vienne faire « la la la laaaa ». Ça c’est la version courante. Elle fait ses preuves, hein. On ne va pas cracher dessus. Simplement, il y a l’autre versant, beaucoup moins fréquenté. Sadness, donc, MonumentuM, Dismal, Amber Asylum (groupe si cher à S1pho) et quelques autres encore, mais cette approche alternative, consistant à muscler un peu une base réellement gothique possède beaucoup moins d’adeptes. Et les deux piliers du mouvement, Sadness et MonumentuM, se conjuguent au passé… Raison de plus pour leur rendre hommage. Commençons par ce merveilleux Ames de Marbre des premiers nommés. Sadness était une formation suisse, placée sous les auspices du Grand Corbeau, et assez douée pour la scène (j’ai le souvenir d’un concert avec Sentenced, Celestial Season et Cathedral au milieu des nineties… pure magie… mais je m’égare...).
Leur discographie et notamment ce premier essai laissera la majorité des fans de metal gothique de… marbre. Voilà, j’ai placé mon jeu de mots pourri, je me sens plus léger. Au programme, une rythmique plus proche de celle de Christian Death que de Cemetary. Et de la subtilité, beaucoup de subtilité. De passages acoustiques, de voix suaves. Quelques chœurs également… Et la baston dans tout ça ? Absente, mais pas complètement. "Lueurs" envoie son pesant de watts, tout comme "Red Script", et, plus généralement, tous les titres possèdent leur intensité. C’est le mot juste, oui, intensité. Ames de Marbre est une grande combinaison d’intensité et de moments diaphanes. Steff alterne vocalises type Rozz Williams et chant plus rauque. Les guitares souvent cristallines, évoluant par moments dans un registre aigrelet, se voient épaulées dans leur conquête du ciel par une basse parfois aérienne et de convaincants backings vocals, féminins et masculins. La touche d’exotisme apporté par la flûte orientale ou le sacuhachi contribue à rendre onirique cette tragédie en sept actes. On en sort apaisé par la sérénité d’"Antofagasta", mais avant cela, "Lueurs", "Red Script", déjà mentionnés, et l’épique "Tears of Sorrow" nous auront fait passer par tous les états. Avec ses deux temps bien différenciés, ce dernier titre résume à elle seule le propos du groupe: une séduction théâtrale, enivrante et mortifère. Un régal.

Un second album, un EP et puis s’en va. Aussi éphémère que MonumentuM. Malkuth n’est pas le bon royaume pour des groupes à la musique ramant tellement à contre-courant. Sadness le temps d’un rêve. Ames de Marbre comme un songe. Et tout est fini.



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