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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 02 juillet 2019
Sa note : 17/20

LINE UP

-Bryan Josh
(chant+guitare+e bow)

-Chris Johnson
(chant+guitare+basse sur 8)

-Angela Gordon
(chant+claviers+flûte)

-Olivia Sparnenn-Josh
(chant+percussions)

-Iain Jennings
(claviers+orgue Hammond)

-Andy Smith
(basse)

- Henry Rogers
(batterie)

A également participé à l'enregistrement:

-Troy Donockley
(cornemuse)

TRACKLIST

1) Procession
2) Viking Funeral
3) Burn
4) Run for the Sun
5) Western Skies

6) Into the Stars
7) Up
8) The Undertow
9) Gone
10) White Rainbow
11) Young

DISCOGRAPHIE

White Rainbow (2019)

Mostly Autumn - White Rainbow
(2019) - rock prog - Label : Mostly Autumn Records



Vous êtes déjà vous senti invité à des funérailles à travers un simple disque ? Dès les premières notes de "Procession", sa guitare légère et grave, la résonance de ses accords qui débouchent sur une cornemuse irlandaise et des percussions, il n'en fallait pas plus pour se sentir projeté aux obsèques de Liam Davison, l'une des deux âmes des progueux de Mostly Autumn. Son acolyte de toujours et tête pensante du combo irlandais Bryan Josh a concocté un disque hommage du plus bel effet. À travers ses soixante-dix-huit minutes, White Rainbow témoigne d'un rock progressif inspiré, varié, tout en nuance et rendant clairement hommage à Liam.

Cette invitation aux funérailles se ressent rien qu'à travers les titre des trois premières œuvres: "Procession", "Viking Funeral" et "Burn". En fermant les yeux, vous vous imaginez assister à un recueillement dans la plus pure tradition viking, un drakkar qui part au loin avant d'être incendié par des flèches enflammées. Cela paraît simple mais via les presque vingt minutes de ce trio, vous vous créerez vos propres détails. Mais surtout vos poils vont se hérisser à l'écoute de "Viking Funeral" et ses dix minutes complètement folles où les guitares explosent de puissance soutenues par la cornemuse du bon vieux Troy (Nightwish) mais également par des paroles puissantes « Can't let go, can 't let go » et un refrain final où les « Hey boy, oh boy, The Shine is bright tonight » de Bryan résonnent en vous avant de laisser place au soliste et la batterie étonnement puissante, le tout soutenu par les chœurs de tous les membres. Véritablement construit en hommage, cette œuvre mérite à elle seule l'écoute de ce formidable White Rainbow. Quant à "Burn" elle apporte la douceur du recueillement, de laisser partir son être cher, mais sans ne jamais oublier. C'est à ce moment qu'on aperçoit le drakkar prendre feu. La douce mais puissante voix de d'Olivia fait merveille de par sa justesse et ses « No One Knows » finaux. A vous de vous projetez et d'imaginer ce qu'il y a après la mort.
Ce trio d'ouverture, tout simplement parfait, peut laisser craindre un essoufflement, pourtant il n'en est rien (pour le moment) puisque la vocaliste va vous faire fondre sur le trio suivant, la mettant clairement en valeur. Trois œuvres différentes, qui montrent la palette des Irlandais et la réussite de leur rock progressif depuis presque vingt ans. "Run for The Sun" a cette douceur qu'on attend d'un morceau du genre, très Pink Floydienne, un développement léger, et où la symbiose entre Olivia et le solo de guitare fait mouche et vous embarque directement vers le soleil. L’œuvre poursuit avec la proposition qui m'a fait découvrir la formation irlandaise, à savoir "Western Skies". On est typiquement dans mon registre ici. Intro à la flûte, voix féminine des plus radieuses, mid-tempo. Et quand on pense l’œuvre terminée, le miracle arrive, sorte de fusion entre Pink Floyd, Epica (ces riffs de violons y font clairement penser) et Nightwish via un final lorgnant très fort vers le metal symphonique. Ce morceau pourrait figurer sur Imaginaerum que cela ne ferait pas tâche. Puis Mostly Autumn lâche son petit « tube » avec "Into the Stars" et ses quatre minutes (seulement) très catchys et son refrain facilement mémorisable. Si pris individuellement, il ne réinvente rien, cela apporte une sacré fraîcheur à l’œuvre globale. Malheureusement, Bryan et ses acolytes vont tomber dans un piège (encore plus évident quand on touche à la musique progressive) qui apparaît de plus en plus souvent à mon goût à savoir en mettre trop. White Rainbow dure une heure vingt c'est lourd très lourd et après six œuvres magiques, des pistes en dessous font un peu décrocher, ce qui est le cas ici avec "Up" et "The Undertow". On s'entend, ces titres sont plutôt intéressant, mais ils apportent une trop grosse lourdeur et l'auditeur perd vite sa concentration.
Il faut attendre la légère "Gone", qui officie presque en tant qu'interlude et d'introduction du monument qui va suivre, pour raccrocher au wagon. Le monument en question n'est que l'éponyme et ses vingt minutes d'invitation au voyage d’ode à la musique, d'hommage à David, de démonstration technique et émotionnelle. Ses premières minutes font plonger dans une peur, une noirceur mystérieuse et angoissante pour laisser place à la voix de Bryan, sa tristesse, bien agrémentée par la guitare acoustique. Ce premier tiers laisse ensuite place à une partie bien plus rock, mais pas moins psychédélique et complètement explosive et c'est alors partie pour onze minutes finales restantes délirantes, ou on retrouve les voix de Bryan, d'Olivia  (sur les refrains), les guitares sont inarrêtables, le rythme crescendo, je n'ai même pas les mots pour décrire l'effusion de musique qui s'y passe. Heureusement la conclusion très folklorique permet de redescendre de cet arc en ciel tout de blanc vêtu et de reprendre ses esprits. Les Irlandais ont d'ailleurs eu l'excellente idée de ne pas conclure sur ce phénomène, cela aurait été trop abrupt. Young fait alors office d'atterrissage, de sas de décompression et conclue légèrement et merveilleusement bien un White Rainbow pas exempt de petits reproches et pourtant fantastique.


Ils nous arrivent de passer complètement à côté d'un groupe ce qui fut mon cas avec Mostly Autumn. Pourtant crée en 1995, leur rock progressif teinté d'influences aussi diverses que variées n'était jamais arrivé jusqu'à moi. Il aura fallu lancer une radio liée au titre "Finlandia" de Troy sur Spotify pour découvrir par le plus grand des hasards cette formation et ainsi ce petit bijou, qui aurait pu être un chef d'œuvre si Bryan Josh avait resserré son travail créatif. Malgré un petit creux avec "Up" et "The Undertow", White Rainbow est une œuvre merveilleuse, hommage magnifique à un de ses membres fondateurs, une invitation au voyage, au recueillement, un grand moment de musique tout simplement.


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