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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 11 juin 2019
Sa note : 13/20

LINE UP

-Sophie Dorman
(chant)

-Ross White
(guitare)

-Jamie Hunt
(guitare)

-Marcus "Asmodai" Matusiak
(claviers)

-Ash Porter
(basse)

-Marc Dyos
(batterie)

TRACKLIST

1) An Earthen Lament
2) Spirits of the Trees
3) Ancient Soul
4) Black Wings
5) Your Dark Reign
6) Dawn Will Come
7) Hold of Winter
8) Ghost in the Woods
9) Crumble to Dust
10) Soul to the Sea

DISCOGRAPHIE


Pythia - The Solace of Ancient Earth
(2019) - power metal bien mélodique et un petit peu sympho par moment - Label : Golden axe records



Est-il préférable de sortir un album sous un gros label ou être indépendant? Voici la question hautement philosophique qui se pose aujourd’hui suite à la rédaction d’une chronique de la nouvelle offrande de Pythia, The Solace of Ancient Earth. Après un premier effort (Beneath the Veiled Embrace) qui avait marqué les esprits en 2009(notamment grâce au tube "Sarah") les Anglais étaient retombés dans l’oubli. Tentative de réponse !

Il aura fallu cinq ans aux Britanniques pour délivrer le successeur de Shadows of a Broken Past. Ce troisième effort étant passé totalement inaperçu. Entre temps, la vocaliste d’origine du groupe, Emily a laissé place à l’inconnue Sophie Dorman. Le trajectoire de Pythia est malheureusement celle de nombreux groupes. Une première œuvre très prometteuse, qui avait eu de très nombreux échos positifs, puis le néant. Mais la passion demeurant, c’est en toujours autoproduction via Golden Axe Records qu’ils nous livrent The Solace of Ancient Earth. Musicalement, rien n’a changé question style à savoir un power metal mélodique lorgnant sur le metal symphonique mais sans orchestrations et tout le tintouin. Ainsi l’opener "An Earthen Lament" et le single "Spirits of the Threes" reprennent les codes du combo. Bons petits riffs, claviers présents sans dégouliner, lignes bien mélodiques. Sophie se débrouille plutôt bien avec une voix assez rauque mais n’hésitant pas à monter plus haut (avec quelques difficultés parfois malgré tout). C’est accrocheur, pas mièvre et reste metal - une réussite. Et cela va crescendo avec le petit bijou qu’est "Ancient Soul" et qui prend à contre pied l’auditeur. Place à du power mélo dans la plus pure tradition, rythme bien plus speed, solo de guitare dès l’intro, la voix est plus aiguë, c’est ultra efficace et convaincant. "Black Wings" rentre dans le rang, s'inscrivant dans le registre des deux premières propositions avec un rythme plus lourd et une voix plus tiraillée et grave.
Après cette occurrence,  on a l’impression que Pythia a oublié son inspiration. En effet, l'enchaînement des quatre pistes suivantes n’est pas agréable, le même schéma, répété inlassablement, perd complètement l’auditeur malgré quelques moments agréables par ci par là (l’intro fort sympathique de "Hold of Winter"). Sans contrainte de label, le groupe propose alors tout ce qu’il a à proposer sans se retenir et cela se ressent sur la longueur de The Solace of Ancient Earth, cinquante-cinq minutes en dix pistes, ça fait beaucoup, d’où un sentiment de perdition. Retirer deux morceaux de ce quatuor infernal (comme "Dawn Will Come" et "Ghost in the Woods") aurait permis d’alléger ce LP et de garder l’auditeur embarqué. Rassurez-vous, on sort facilement de sa torpeur avec les deux titres de clôture. "Crumble to Dust" qui lorgne à nouveau sur du power avec son intro faite de quelques notes de piano et d’un petit solo, avant de progressivement monter crescendo jusqu'à un explosif final sur lequel est mise en avant la douce et délicate voix de Sophie, qui est, soyons honnête l'une des révélations de ce nouvel effort. Quant à "Soul to the Sea", l’épique de clôture, elle apporte un rythme plus lourd, plus sombre pour une conclusion plus qu’agréable qui permet de se raccrocher au wagon d’un The Solace of Ancient Earth mi-figue mi-raisin. Pythia ouvre un nouveau chapitre de son histoire, un début plus que correct mais il faudrait que les Anglais maîtrisent et organisent leurs idées par la suite.


The Solace of Ancient Earth montre qu’en dépit d’une liberté créative qui permet d’explorer tout un tas de chemin, du metal symphonique en passant par du speed mélo via des sonorités plus sombres, l’absence d'un cadre  fait tomber l’offrande de Pythia dans un dédale de propositions non maîtrisées, surtout en son milieu. Cependant les nombreux bons moments du recueil incitent à s'y attarder. Et puis, entre un guitariste qui enchaîne les solos à qui mieux mieux et Sophie qui fait ce qu’elle veut de sa voix, on sent que les Londoniens s'éclatent: ne serait-ce pas ce qui compte au final ?




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