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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 20 mai 2019
Sa note : 14/20

LINE UP

-Vindsval
(chant+guitare+claviers+basse)

-W.D. Feld
(claviers+programmation)


TRACKLIST

1) The Sublime
2) Autoimmunity
3) Eternal
4) Sound Over Matter
5) Joyless
6) Triiiunity
7) Babel
8) Reverso
9)
Textures of Silence

DISCOGRAPHIE

The Sublime (2019)

Yeruselem - The Sublime
(2019) - indus - Label : Debemur Morti Productions



Les milliards de personnes qui attendent, la peur au ventre, chacune des mes chroniques le savent : « la pochette, comme le nom du groupe, c’est le reflet du contenu bla bla bla. » Pam. Gros contre-exemple. Pochette fleurant bon le paganisme. Patronyme biblique. On s’attend à tout sauf à de l’indus. Bien vu Vindsval.

Le contenant est d’ailleurs bien l’unique surprise d’un album très fidèle aux jalons posés jadis par Godflesh. Je me démarque en cela de bon nombre de personnes ayant chroniqué l’album. Je dois être un type rabat-joie, hein, mais je ne vois en ce The Sublime qu’une copie rendue par un apprenti Godfleshien. Pas n’importe lequel. Un très bon apprenti. C’est déjà pas mal, vous allez me dire. Le premier effort enregistré par Monsieur Blut Aus Nord respecte à la lettre le cahier des charges défini par Sieur Justin à la fin des années 80. Riff dissonant, rythmes entêtants et heurtés, basse ronflante et boîte à rythmes plus sérieuse que chez les Béru, on y est. En plein dedans. Alors, on peut pinailler : le chant est moins rauque que celui de Broadrick, plus plaintif. Oui. Le premier titre, "The Sublime", laisse percevoir de la mélancolie, chose qui n’existe pas dans l’univers de Godflesh. Certes.
Simplement, la froideur postérieure de l’œuvre annihile cette petite percée des agents lacrymaires. Et d’ "Autoimmunity"  à "Reverso", on ronronne en mode Streetcleaner, Slavestate ou Pure. L’absence d’un énorme titre à la "Christbait Rising"  ou "Mothra"  est compensée par la sensation d’avoir entre les oreilles une belle machine à vibrer, à la performance constante. Voire même croissante. Comme si, plus les pistes passaient, plus Vindsval se sentait à l’aise. A la basse ronflante et au rythme cassé de "Babel" succède l’excellent "Reverso", où les bris de guitares possèdent un délicieux effet hypnotisant. Si ces deux titres sont peut-être les plus réussis de l’œuvre, on ne déplorera aucun défaut dans la nouvelle cuirasse de l’artiste. "Triiiunity" menace. "Joyless" heurte. "Eternal" tient parfaitement son rôle de métronome. Bref, The Sublime est un album de metal indus plein et réussi. Si on veut y voir autre chose, pourquoi pas, mais mes vieilles oreilles usées, entre autres, par les dinosaures du genre, n’y arrivent pas.


Si l’objectif de Yeruselem était de se montrer novateur, loupé, si le but était de rendre hommage aux groupes piliers du metal industriel, en revanche, c’est réussi. The Sublime est une mécanique - l’image est bonne quand on parle d’indus, non ? LOL - bien huilée qui, comme tout bon album du style, par sa lourdeur, son côté hypnotique et ses mélodies dissonantes. A suivre.
 



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