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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 02 mai 2019
Sa note : 16/20

LINE UP

-Cody Kelly
(guitare)

-Jeff Kahal
(guitare)

-Mike Socrates
(guitare)

-Tom Fihe
(basse) 
    
-Zack Kelly
(batterie)

TRACKLIST

1) Solstice
2) Swallowing Teeth
3) Earth Crawler
4) After the Smoke Clears   
5) The Here and Hereafter
6) Iron Glacier
7) The Giving Tree
8)
Berlin
9) One Sky Above Us

DISCOGRAPHIE


If These Trees Could Talk - The Bones of a Dying World
(2016) - post rock instrumental - Label : Metal Blade Records



Quand on me parle d’Akron dans l’Ohio, je pense immédiatement à la star de la NBA LeBron James. Pas sûr que ce soit pertinent ici… Les Américains nous proposent d’écouter le chant… des arbres avec If These Trees Could Talk. Si, sur le principe, une musique instrumentale paraît adaptée, les ambiances n’ont absolument rien de boisé ou même de bucolique… The Bones Of A Dying World (la bande aime les titres à rallonge) vient couronner les dix ans de carrière du groupe et il serait dommage de passer à côté de cette véritable pépite.

Avant de commencer, je tiens à vous indiquer comment je me suis retrouvé face à cet album. En recherchant un groupe proposé par vos Eternels, j’ai mal tapé le nom sur Spotify et j’ai commencé à écouter cet album sans savoir que ce n’était pas celui que je cherchais (vu le nom, je me demande encore comment c’est possible). Au bout de deux morceaux, je compris que le chant en était complètement absent. Et s’il m’arrive d’écouter des albums instrumentaux, je ne dois en avoir que deux dans ma discothèque... Autant dire que ce n’est pas du tout ma tasse de thé. Et pourtant, The Bones Of A Dying World m’a immédiatement séduit. Sous une apparente simplicité (guitares, basse, batterie et c’est à peu près tout, quelques synthés d'ambiance parfois), la musique est d’une grande richesse. Profondément progressifs, les neuf morceaux appellent au voyage. S’il y a de l’énergie, l’agressivité n’est pas de mise. L’ensemble se fait même mystique par endroits. Les leads de guitare omniprésents amènent les mélodies et les ambiances. Le tout est d’une remarquable cohérence, touchant et apaisant. On parlera ici sans peine de beauté.

Le problème des instrumentaux est le risque de lassitude. If These Trees Could Talk ont clairement leur façon de composer et des progressions des morceaux assez redondantes. On retrouve d’ailleurs les mêmes ambiances que dans leur précédent album, Red Forest. En clair, c'est le même, mais en mieux. Ainsi, n’attendez pas une variété folle. Les introductions se ressemblent beaucoup par exemple. Mais The Bones Of A Dying World est une pièce d’ensemble, une atmosphère, posée délicatement par les musiciens. Le groupe essaie au mieux de gérer le rythme. Ainsi, ils posent un très beau et délicat interlude, "The Here and the Hereafter" avant que le riff lourd de "Iron Glacier" ne prenne la suite. On regrette un peu que les rythmes soient parfois un peu trop similaires d’un morceau à l’autre. Ainsi, "Solstice", le premier titre, propose des passages syncopés plus inventifs que le reste de l’album. Tout passe surtout par les guitares qui remplacent le chant. Leurs mélodies nous captivent et nous bercent sans peine. Beaucoup de pistes sont ainsi basées sur une montée en puissance lente et inexorable. Les comparaisons ne sont pas évidentes tant on se situe dans une niche, mais j’ai pensé à Psygnosis et Be’lakor (version Vessels).

Cette découverte improbable est une excellente surprise. Même s’il est forcément marqué par les problèmes liés à son style, The Bones Of A Dying World est un voyage enivrant vers un autre monde. Trois quarts d’heures de finesse et de beauté à découvrir sans plus attendre. Ça donne vraiment envie que les arbres puissent nous parler, ils ont de belles choses à nous dire.


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