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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 26 avril 2019
Sa note : 18/20

LINE UP

-Rini
(chant)

-Robi
(chant)

-Mihai
(guitare+claviers)

-Cristi
(guitare)

-Pali
(basse)

-Vlad
(batterie)

TRACKLIST

1) Latcho Drom
2) Pălinca
3) Put It On
4) Fakea
5) Nem Loptam
6) Hora Lentă
7) Killing Spree
8) Nice Song
9) Starea Nației

DISCOGRAPHIE


Dirty Shirt - Letchology
(2019) - néo metal folk - Label : Apathia Records



Ce qui y a de bien avec les trucs folks, c’est que, même dans la gaité, la tristesse n’est jamais loin. Et vice-versa. Il y a toujours une sorte d’imbrication des sentiments. Dirty Shirt n’échappe pas à ce phénomène. Simplement, il y a des albums où un certain déséquilibre émotionnel se fait sentir. Sur Letchology, la balance penche nettement d’un côté. Perso, je ne m’en plaindrai pas.

Attention à "Latcho Drom". Son côté « youplaboum » est un leurre. Le début de "Pặlinca", tout en « laï laï laï », également. Dès la fin de ce titre, on sent que le côté œcuménique sympa de Dirtylicious va se faire écraser la gueule par les riffs les plus sombres et les plus lourds que le groupe ait jamais composés. La confirmation explicite est donnée dans la seconde moitié d’album avec "Hora Lentặ", premier titre doom du groupe. Oui, oui, doom. Vous ne me croyez pas ? Écoutez la fin de "Starea Natjei", quand les chtits nenfants chantent en chœur, puis comparez avec la dernière partie de "Martyrdom" de The Foreshadowing. Ils jouent quoi, The Foreshadowing ? Du rap fusión musette ? On s’est compris. Néanmoins, pas besoin d’attendre la fin de l’œuvre pour sentir que Dirty Shirt s’est assombri. Oh bien sûr, ça sautille toujours à l’occasion, ça trompette un coup, les deux vocalistes dialoguent. Bref, on reste dans l’univers Dirty Shirt et c’est tant mieux. Mais tous les morceaux possèdent leur lots de riffs sombres, pesants, lancinants.
"Fake", a priori rigolo, mais remis dans le sombre chemin par son final deathcoreux, "Nice Song" et sa triste conclusion jouée au piano, le feeling mélancolique de "Nem Loptam" ou l’énorme "Killing Spree"  sont des exemples de la teinte obscure que prend cet excellent album. Le final dudit "Kiling Spree", avec son feeling à la Rammstein première époque, est un moment d’extase totale et peut-être ce que le groupe a fait de mieux depuis sa création. Ce n’est pas peu dire. Parce que sombres ou pas, les Roumains sont au sommet de leur art. A tel point qu’ils osent dépasser les quatre minutes sur les quatre derniers morceau de l’œuvre. Les groupes de post-rock peuvent trembler… Blague à part, Dirty Shirt semble atteindre une maîtrise totale de son art, Letchology est une mécanique parfaitement huilée. Si "Put It On" et "Killing Spree"  marqueront peut-être plus les esprits, il n’y a pas un gramme à jeter de quoi que ce soit et, personnellement, j'ai un petit faible pour la beauté et la versatilité confinant au génie de "Starea Natjei". Une œuvre magnifique. Et je ne vous explique pas ce qu’une telle machine donne en live…  

Letchology est à Dirtylicious ce qu’Angel Dust est à The Real Thing. Dirty Shirt n’a pas encore atteint la notoriété de Faith No More, mais ça, c’est parce que le monde est injuste. Le combo roumain est le groupe qui mélange le mieux gros riffs, musique folk et feeling festif. Même si cette fois, des nuages sombres viennent pleuvoir sur la fête. Un excellent album, une fois de plus. Merci à eux.



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