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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 17 avril 2019
Sa note : 17/20

LINE UP

-Mika Luttinen
(chant)

-Kimmo Luttinen
(guitare+batterie)

-Jarno Antilla
(guitare)

-Taneli Jarva
(batterie)

TRACKLIST

1) Goatzied
2) The Horny and the Horned
3) Sadhu Satana
4) Chaosgoat Law
5) Hate
6) Gott Ist Tott (Antichrist War mix)
7)
Coraxo
8) Soul Rape
9) Kali-Yuga
10) Cyberchrist
11) False Jehova
12) Sadistic 666/Under a Golden Shower

DISCOGRAPHIE

Ugra-Karma (1993)
Manifest (2007)

Impaled Nazarene - Ugra-Karma
(1993) - black metal - Label : Osmose



Chacun sa cause perdue: la mienne, c’est le changement de pochette. Dès qu’un dessin sort un peu des standards marketing du segment de population target, tu peux être sûr que, tôt ou tard, elle va être remplacée. Désolant. Surtout dans un genre prétendument « rebelle ». Avec Ugra Karma, ça n’a pas loupé. Et pourtant…

Pourtant, la pochette originale (adjointe ici) a un sens. Elle veut dire quelque chose comme « Ne vous attendez pas à un Tol Cormpt Norz Norz Norz II ». Simplement, comme il y a du bleu clair, il fallait changer ça. Pitoyable [ndlr: suite à un procès intenté par la secte « Hare Krishna », l'album a été réédité avec une nouvelle pochette (moche) en 1998]. Pour en revenir à la musique - on est quand même là pour parler de ça !- , petite mise en contexte. En 1993, les bien nommés frères Luttinen – de vrais farceurs !- sortent l’œuvre la plus extrémiste qu’il avait été donné d’écouter aux black metalleux de l'époque. Je n’ai pas dit la meilleure, nuance. Cofondateurs, avec Beherit, de la filiale finlandaise du black metal, Impaled Nazarene sort, avec Tol Cormpt Norz Norz Norz, un condensé de haine brute pré-crust, mieux canalisé que du côté de chez Nuclear Holocausto, et parsemé de bruits de fornications contre-nature en tout genre. À la fin de la même année, les brutes d'Oulu remettent le couvert et lancent Ugra Karma à la face de fans encore sous le choc de la première livraison. Stupeur: malgré une intro, "Goatzied", dans la lignée de la réalisation précédente, Impaled « assagit » son propos. En tout cas, il le domestique, lui passe un coup de peigne et du déodorant là où ça sent mauvais. Pas de muselière, juste une laisse.
L’agressivité du deuxième LP du groupe reste intacte, mais les titres deviennent plus lisibles et les artistes se permettent quelques passages mélodiques, comme le break limite mélancolique de "The Horny and the Horned", et autres excentricités. Enfin, surtout une excentricité, en ligne avec le projet electro Diabolos Rising, formé par Mika et Magus Vampir Daoloth: le titre "Gott is Tot", où les guitares sont accompagnées de beats. Du passé, Impaled Nazarene fait donc presque table rase -seul "Coraxo" rappelle l'esprit de Tol Cormpt…- et la formation gagne en puissance et en clarté, se permettant même de ralentir le tempo par moments ("Sadistic 666 / Satanic Masowhore"). Outre le premier titre, des compositions comme "Hate" et son break inspiré du Nom de la Rose, le mythique "Sadhu Satana" ou "Cyberchrist", où les cris de Mika atteignent leur paroxysme, sont à ranger au panthéon du metal noir. Dense, souvent mélodique, varié, Ugra Karma montre Impaled Nazarene sous un visage très séduisant. Il est amusant de voir qu’à un mois d’écart, Abbath et Demonaz sortent Pure Holocaust, qui partage avec le recueil chroniqué ici une certaine forme de clarté dans la violence. Le vent de la création soufflait alors sur le Nord de l’Europe.

Si l’on associe presque exclusivement la Norvège à l’essor du trve black du début des nineties, la Finlande a su également proposer, dans une moindre mesure, quelques brûlots. Ce chien de guerre qu’est Ugra-Karma en fait partie. Même si Impaled Nazarene sait s’y accorder quelques pauses et montre un facette parfois mélodique, malgré un nom fleurant bon le curry, l’écoute de l’enregistrement reste toutefois déconseillée pour les séances de yoga.


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