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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 04 avril 2019
Sa note : 15/20

LINE UP

-Marthynna
(chant)

-Albin Julius
(programmation)

-Mazo Tomez
(instruments)

-Natascha Schampus
(instruments)

-Jörg Buchmüller
(instruments)

Ont participé à l'enregistrement

-David W 
(instruments)

-Niko Potocnjak
(instruments)

-Lone Snow
(instruments)

-Shabaan
(instruments)




TRACKLIST

1) Evil
2) Wish I Weren't Here
3) All One
4) Make Me See the Light
5) Just Because I Can
6) My Soul Rests Low
7) Forgotten
8) He Is Here
9) O Lord

DISCOGRAPHIE


(2019) - gothique stoner psychédélique - Label : WKN



Deux choses sont sûres avec Albin Julius. Un : il aime les noms à rallonge. The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud ? Un peu court. Der Blutharsch and the Infinite Church of the Leading Hand. Ça, ça a de la gueule ! Je vous explique pas la tronche de notre serveur quand j’ai entré le nom… Deux : il est productif. Vraiment. Je n’ose même pas compter… Les albums studios dépassent la vingtaine… Et si on ajoute les live plus les collaborations (entre autres Aluk Todolo et Wolvennest)…

Depuis "The Philosopher’s Stone", Der Blutharsch et son Eglise vit sa seconde vie, psychédélique, depuis plus de dix ans maintenant. Avec la Pierre Philosophale, le maître autrichien rangeait l’attirail militaire et plongeait la tête la première dans l’univers du rock psychédélique. Univers qui paraît lui convenir puisqu’il est resté dedans ! Le dernier album ne fait pas exception à la règle. Avec un titre-clin d’œil pareil, il ne pouvait pas en être autrement. Si l’accointance avec Pink Floyd est évidente, on peut aussi tenter le rapprochement avec les Grateful Dead. Der Blutharsch n’atteint pas, et de loin !, le degré de bordel extatique que l’on peut entendre chez les créateurs d’Anthem of the Sun, mais il existe une similarité de son qui ne peut être fortuite. A ces ingrédients utilisés par tout musicien à pantalon pattes d’éléphant qui se respecte, la formation d’Albin Julius ajoute des éléments issus de son passé lié à la scène gothique. Pas de réminiscences de The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud cependant, l’œuvre lorgne plutôt du côté du deathrock, de Shadow Project par exemple. Si certains titres ne pourront jamais servir de jingles publicitaires –"My Soul Rests Low" en tête-, pas besoin pour autant d’avoir une doctorat en théorie du chaos pour écouter l’album.
Moins expérimental/ambient que certaines de leurs œuvres, les musiciens proposent un rock « dur » passé à l’encens finalement assez accessible. Petite nouveauté : avec "O Lord", DBATICOTLA -note à la correctrice : Tabris, tu n’aimes pas qu’on mette les initiales, mais là c’est vraiment trop long…- s’essaye à l’art du stoner. Du vrai de vrai. Pas si étonnant quand on pense qu’Albin Julius et sa clique ont côtoyé plusieurs groupes limite metal (Wolvennest), voire carrément doom (Our Survival Depends On Us). Dernier élément à prendre en compte : la voix de Marthynna. Les accros à Liv Kristine peuvent passer leur chemin. Les fans de Tony Wakeford -ou Quorthon, on est sur un site de metal, merde !- y seront certainement plus sensibles. La chanteuse cherche à vibrer avec la musique, plus qu’à donner dans la vocalise. Du coup, pour les jingles publicitaires, ça se complique vraiment… Au final, Wish I Weren’t Here ne renouvelle pas la garde-robe musicale de Der Blutharsch, mais le mélange entre chemises à fleur et pendentifs à tête de mort s’avère lisible et prenant. Les vibes extatiques ("Whis I Werent’Here") se mélangent agréablement avec les vibrations plus sombres et/ou agressives (à noter un "Forgotten"  très efficace), et l’organe vocal facilement reconnaissable de Marthynna (avec un bémol sur "My Soul Rests Low"). A défaut de nous déstabiliser, cette nouvelle livraison perpétue le mythe et assoit encore un peu plus le statut d’un des patriarches de la scène underground.


Pas de second changement de cap musical. Pas de reggaeton, ni de black sympho. Fidèle à sa ligne, Der Blutharsch And The Infinite Church Of The Leading Hand sort à nouveau un très bon album, chargé en encens et en riffs. De quoi attendre sereinement la venue des longues soirées d’été caniculaires propices à toute sorte de choses…



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