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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 28 mars 2019
Sa note : 17/20

LINE UP

-Alzbeth
(chant)

-Albin Julius
(programmation)

Guests 

-Lina Baby Doll
(voix - track 1-1)

-Dabid Gibson
(voix track 1-7 et 2-1)

TRACKLIST

Disque 1

1) 1
2) 2
3) 3
4) 4
5) 5
6) 6
7) 7
8) 8
9) 9
10) 10
11) 11
12) 12
13) 13
14) 14
15) 15
16) 16
17)
17
18) 18

Disque 2
1) 1
2) 2
3) 3
4) 4
5) 5
6) 6

DISCOGRAPHIE


The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud - The Smell Of Blood But Victory
(1997) - gothique indus martial - Label : Arthur's Round Table



Mon secret relax ? La plage, le soleil, une chaise-longue et le sixième titre du second disque de The Smell of Blood But Victory. Ça marche aussi avec "The Narrow Gate" de Raison d’Etre, "Dreaming: The Romance" d’Anathema, et quelques autres encore. La plupart des gens s’angoisse à l’écoute de ces sonorités obscures. Personnellement, je prends ça comme un bain glacé, un avant goût du repos éternel. Dans le cas de l’album de The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud, ça fait carrément du bien, parce que l’œuvre n’est pas de tout repos…

Les sonorités « placides » de cette dernière plage sont trompeuses. Tout comme le fait qu’Alzbeth livre, sur cette œuvre, sa prestation la moins agressive et la plus monotone. Peu de variations, la chanteuse est loin. Une déception ? Oui et non. Si les changements de registre de la Dame sont toujours un délice, le fait de la sentir aussi détachée (les « la la la » à la Marlène Dietrich  du titre 13 s'avèrent… déroutants) renforce également l’impact d’un album sombre et martial. Le folk se réduit à un seul titre, le cinquième. Et encore. Même cette piste est imprégnée de l’une des références qui s’impose tout au long de l’album : Laibach, ancienne époque. Tout est imprégné de la science rythmique et ambient du noyau dur de la Neue Slovenische Kunst, et plus généralement de la scène indus-martial-ambient. Alors oui, ça peut faire mal. The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud, groupe éminemment original, faisant penser à d’autres formations… A New Soldier Follows the Path Of A New King montrait quelques velléités de standardisation, mais cette fois-ci, c’est plus flagrant. Comme toujours, deux choix s’offrent alors au fan. L’option puriste « Cet album est à chier ! », ou l’option pragmatique « Quel plaisir auditif nous procure ce travail ? » Comme toujours, je choisis la seconde. A-t-on à faire à une œuvre de qualité ? La réponse est oui. Mille fois oui.
Et puis bon, la griffe du duo est tout de même très présente. L’album ne possède pas la violence d’In Slaughter Natives, par exemple, ni l’aspect extrêmement tranché des premières œuvres des Slovènes cultes. On retrouve le côté nébuleux du duo - forcément, avec un nom pareil… - , mais celui-ci se pare d’atours plus menaçants que jamais, et n’hésite pas à frapper. Les esprits et l’estomac. La seizième piste est, à ce sens, énorme. Un hommage au Baptême sur le Mont Triglav particulièrement sombre et éprouvant. Du côté des titres rêches, on rangera également, le troisième, le sixième (Alzbeth y pose son intervention la plus combative) ou encore l’effrayante dixième pièce, sur laquelle le duo abandonne ses thématiques historiques pour s’intéresser au sympathique et contemporain Fred West, serial killer anglais ayant sévi à partir des 60s. Le reste de l’œuvre est truffée de titres ambigus, à la violence latente. Il y a les titres carrément ambients. Parmi eux, mes deux chouchous : le neuvième du Disc 1, et le dernier du Disc 2, évoqué en intro. Albin Julius s’y attèle à rendre fantomatiques des sonorités classiques. Un peu comme si un orchestre spectral jouait depuis l’au-delà. Et puis il y a les morceaux au format plus standard, où Alzbeth fait entendre son timbre bien à elle. Avec la quinzième piste, à l’honneur des valkyries, le groupe se permet la liberté de produire un rythme tribal, voire dansant. Un petit moment de facétie avant de se faire écraser par le terrifiant numéro 16… Au final, La Lune Cachée nous offre leur album le plus perméable aux influences extérieures, mais aussi le plus riche en ambiances hostiles, voilées ou totalement assumées, en bruit de bottes et en imprécations. La transition vers Der Blutharsch est en marche.

The Smell of Blood But Victory a beau être une œuvre un peu moins personnelle, elle regorge de temps forts et le surplus d’agressivité qu’elle présente peut mettre à mal les nerfs de l’auditeur non averti, voire même du connaisseur. Avec cet album se termine l’aventure de la Lune Cachée. Cinq albums, cinq portes de l’enfer à ouvrir sans modération. Respect éternel.
 



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