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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Covan
(chant)

-Vogg
(guitare)

-Richard Gulczynski
(basse)

-Vitek
(batterie)

TRACKLIST

1)A Poem About An Old Prison Man
2)Day 69
3)Revelation Of Existence (The Trip)
4)Post(?) Organic
5)Visual Delusion
6)Flash-B(l)ack
7)Invisible Control

DISCOGRAPHIE


Decapitated - Organic Hallucinosis
(2006) - brutal death - Label : Earache Records



Il y a de ces groupes qui font vraiment du bien, et Decapitated en fait partie. Toujours issus de Pologne, toujours rois du death metal complexe et saccadé à mort, toujours sans aucun sens de la rengaine, ils sont là, avec ce quatrième album Organic Hallucinosis, prêts une fois encore à tout écraser. Largement plus thrash que The Negation, Organic Hallucinosis s’engage avec une attitude encore plus directe, peut être plus crue, mais tout aussi folle. Les principes musicaux de Decapitated ne se perdent pas: riffs ravagés, rythmiques saccadées, contretemps abusifs, fraîcheur des propos et intensité constante.

La nouveauté du line up est le départ de Sauron, et l’arrivée de Covan (Adrian Kowanek) au micro (ancien membre d’Atrophia Red Sun). Moins guttural et gras que son prédécesseur, Covan n’en reste pas moins extrême, et parvient sans le moindre doute à donner vie aux compositions sur un ton un peu plus thrash/death. Comme dit précédemment, les copains de Vader ne s’éparpillent pas: on retrouve cette caractéristique ultra saccadée et carrée dans le nouvel album comme dans le précédent The Negation, notamment au travers de titres comme "Post(?)Organic" ou "Invisible Control".

Concrètement, Decapitated repose ici plus que jamais sa musique sur une base extrême mais aux relents progressifs (pas synonyme de lenteur!), avec un certain sens de l’aventure (riffs complètement tordus) et des arrangements très réussis. L’objectif n’est pas de faire dans la rythmique lourde mais dans le blast. Et si ce n’est pas dans le blast, c’est dans la déchirure rythmique impeccable et l’enchaînement incontrôlable de riffs entraînants. Point non plus de rengaine évidente, de mélodie particulière ou d’instrumental marquant. Ce que fait ce groupe – et il le fait extrêmement bien- c’est du brutal death très rapide, très clair (oui, la prod est encore une fois excellente!) avec une insistance pour le ‘zéro pause’. Seul, "Visual Delusion", qui s’avère être le titre le plus complet et hétérogène, propose un passage sombre, plus lourd et plus calme que ce qui précède et ce qui suit. Après une intro rythmique complètement déchirée, le caractéristique blast coupé toutes les deux secondes par un break fait rage, réussissant à maintenir une tension jusqu’à la suite, plus tranquille.

On retiendra aussi "Invisible Control", dans le ton de leur précédent album. Chargé d’une certaine inquiétude de switch de cordes cette compo reste un excellent exercice de headbanging, remonté par un solo complètement slayerien. "Post(?) Organic" vaut aussi son pesant d’or avec ses riffs déstructurés, et son final à couper au couteau. Enfin, pour les fans d’un death plus classique mais dans la veine Decapitated, "Revelation Of Existence (The Trip)", assez lourd, en mid tempo, avec de très bons riffs dans les profondeurs de la gamme. Encore une fois sur Organic Hallucinosis, il convient d’apprécier à sa juste valeur le travail de Vitek à la batterie, extrêmement complet et progressif. Chaque riff est une nouvelle expérience rythmique ("Post(?) Organic" et "Flash-B(l)ack") dans laquelle la technique peut se dévoiler sans tabou et se déchaîner. On retrouve d’ailleurs un feeling rythmique dans "Post(?) Organic" proche de celui du meilleur titre du précédent album: "Three-Dimensional Effect".


Bon, au final, une demi heure ce n’est pas grand-chose. Mais l’avalanche sonore de Organic Hallucinosis se suffit, et trop en atténuerait l’intensité. Rapide tout autant que technique (avec une belle pochette, quoique vraiment ressemblante à celle du dernier Krisiun AssassiNation), Decapitated reste un groupe singulier, moderne, qui à force de travail parvient à se trouver une place au dessus d’une masse grouillante qui se cherche encore. Stay brutal!


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