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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 13 février 2019
Sa note : 10/20

LINE UP

-Sharon Janny den Adel
(chant)

-Ruud Adrianus Jolie
(guitare)

-Stefan Helleblad
(guitare)

-Robert Westerholt
(guitare)

-Martijn Spierenburg
(claviers)

-Jeroen Van Veen
(basse)

-Mike Coolen
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement:

-Jacoby Dakota Shaddix
(chant sur "The Reckoning")

-Pär Anders Fridén
(chant sur "Raise your Banners")

-Jasper Steverlinck
(chant sur "Fireflight")

TRACKLIST

1) The Reckoning
2) Endless War
3) Raise your Banner
4) Supernova
5) Holy Ground
6) In Vain
7) Fireflight
8) Mad World
9) Mercy Mirror
10) Trophy Hunter

DISCOGRAPHIE


(2019) - metal symphonique pop modern metal à la mode - Label : Universal Vertigo



Être fan d’un groupe n’est pas forcément quelque chose d’aisé. Et le groupe en question n’a que faire des états d'âme de ses disciples au moment d’écrire, de composer, de créer. Avec plus au moins d’honnêteté. Within Temptation fait partie de ces écuries qui ont énormément compté dans l’histoire du metal symphonique. Enter/ The Dance/ Mother Earth sont des monuments dans leurs styles respectifs. The Heart of Everything a rattrapé l’erreur The Silent Force, The Unforgiving a donné un élan pop au metal sympho des Néerlandais puis Hydra

Situé à mi-chemin entre le je-m’en-foutisme, la conquête de l’Ouest et/ou le manque d’inspiration, Hydra est tiède, fade, malgré un "And We Run" original et un "Tell Me Why" faisant office de « Madeleine de Proust ». Cinq ans après, Sharon et sa bande reviennent avec Resist. Cinq ans pour trouver la rédemption ? Cinq ans de dur labeur ? Que nenni: hormis l’aventure solo de la miss (sorte de folk façon Lana Del Rey) rien de très concret (ah si, le Blu-Ray Let Us Burn, proposant deux concerts, chacun amputé de certaines chansons). L'univers « Resist » commence par du presque amateurisme. Qui en est responsable ? Je ne sais mais à force, on comprend pourquoi le sextet n’a pas eu une carrière à la Nightwish alors qu’il en prenait le chemin et qu’il possédait une fan base démentielle. Annoncé à la fin de l’année 2018, Resist et son concept (?) futuriste s’annoncent relativement bien avec "The Reckoning", premier single en duo avec Jacoby Shaddix (Papa Roach). Grosse intro, grosse caisse, production quasi parfaite, refrain ultra fédérateur : j’y croyais à ce retour vers une pop sympho dans la lignée de The Unforgiving. Puis, on se rend compte que la tournée a lieu en novembre pour un album sortant en décembre. Soit. On s'y rend. Cinq titres du futur LP en live, dont le second single "Raise your Banner" (en « duo » avec Anders Friden d'In Flames - plaisant mais laissant entrevoir quelques faiblesses) qui ouvre la setlist. "Supernova" paraît également être un futur grand hit quand "Endless War" (qui au final n’est pas taillé pour le live) et "Mercy Mirror" laissent pantois. Puis patatras, la sortie de l'enregistrement est repoussée à février. La hype suivant "The Reckoning"? Disparue. Entre temps Delain tease son futur EP avec un single ("Masters of Destiny" ) qui tabasse sévèrement, Lost In Grey se place en challenger dans la catégorie jeune groupe de metal sympho et dans un autre genre, Evergrey sort The Atlantlic, unanimement reconnu par la critique. Malgré tout cela, la première écoute se fait avec espoir, les suivantes par curiosité, puis par dépit. Que penser de la démarche artistique de Within Temptation ?
Que reprocher à Resist ? La production est parfaite, la voix de Sharon est au niveau, quelques tubes extrêmement bien sentis ("Supernova", "The Reckoning") et c’est tout. La réalisation manque clairement d’âme. Alors bien sûr, étant fan de la première heure, j’ai eu des petits moments de plaisir, notamment les orchestrations rappelant The Heart of Everything comme sur "Raise Your Banner" ou sur le pourtant mauvais "Mad World" (et ce refrain atroce et indigne d’un groupe de ce standing, cependant, les chœurs après chaque couplets sont du plus bel effet soit en tout vingt à trente secondes sur tout le morceau) ou encore l’ensemble de la génialissime "Trophy Hunter" en clôture. Le reste ? Un tube "Supernova" qui fait le taf, une mid-tempo, "Endless War" qui bien que sympathique ne marque pas, "Holy Ground" qui permet à Sharon de varier enfin sa voix (car niveau variation il est loin le temps de Mother Earth), "In Vain" est juste sympa et "Fireflight" a le mérite d’innover avec une ambiance pesante qui permet de souffler dans cette avalanche d’orchestration et de grosses caisses. Resist est en fait, un excellent album de modern metal, savant mélange de musique actuelle (très, trop axé électro avec mélange d’orchestration), parfaitement exécuté mais aussitôt écouté, aussitôt oublié. Que veut Within Temptation à travers cette évolution ? Ses défenseurs disent qu’ils font ce qu’ils aiment un point c’est tout. Pour ma part, si les membres de Within Temptation ont bien une qualité, c’est de savoir vivre avec leur temps et adapter leur son et leurs compositions pour… plaire au plus grand nombre. Alors oui c’est la marque d’un bon groupe, mais qu’en est-il de l’émotion que pouvait susciter Mother Earth, qu’en est-il de la noirceur d’Enter, de la subtilité d’un The Unforgiving ? Within Temptation est, depuis Hydra, clairement en mode pilotage automatique. Le talent de composition, le niveau de performance en concert et sa vocaliste charismatique font que cela marchera toujours pour eux. Quitte à laisser ses fans de la première heure sur la route.

Pour conclure sur une note positive, comme Within Temptation a eu la bonne idée de le faire sur Resist, évoquons "Trophy Hunter" qui, bien que possédant les défauts passés en revue dans cette chronique, constitue un excellent morceau possédant la marque de fabrique du combo - partie symphonique bien ficelée, une ambiance propre au collectif batave et un refrain qui marque. Ceci étant, la note attribuée est-elle le simple reflet du ressenti envers une formation qui me perd petit à petit ? Est-elle méritée pour ce que propose vraiment Within Temptation ? N’exprime-t-elle pas la frustration d’un fan qui va de déception en déception ? Je ne saurais vous dire... Et s'il était venu le temps des adieux ?



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