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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 29 janvier 2019
Sa note : 17/20

LINE UP

Un line-up ? Pourquoi faire ? Vous êtes de la police ? -_-

TRACKLIST

1) 一番
2) 二番

DISCOGRAPHIE


Arkhtinn - Saisho no saigai
(2018) - black metal vive le vent d'hiver - Label : Auto-production



Le problème, c’est le vent. Déjà sur terre il rend fou, mais ici… Tu sais quand il commence, tu ne sais jamais quand il finit. Tu désespères, tu crois que le calme ne va jamais revenir. Et finalement, ça finit par s’apaiser, sans que tu comprennes pourquoi. On en profite pour sortir. Se promener dans ce décor pelé. Maudite humanité…

Et puis à un moment, tu l’entends qui revient. C’est comme un courant radioactif. En tout cas, c’est comme ça que je me l’imagine, moi, ce vent furieux. Un courant radioactif. Et mauvais. Oui alors, mauvais. Ma plus grande peur ? Qu’il ne finisse jamais.
最初の災害. Saisho no saigai. La catastrophe originelle*. Par Arkhtinn, membre du Prava Kolletktiv - Arkhtinn, donc, mais aussi HWWAUOCH, Mahr et Voidsphere. Chacun décline le black atmosphérique à sa sauvage manière. Chaque sauvagerie est différente. Celle d’Akrhtinn est la plus fluide, mais elle est aussi féroce que les autres. Le rythme imposé ne faiblit jamais. Les nappes de claviers de l’espace et les hurlements se succèdent à un rythme frénétique, que ce soit dans la première partie, plus homogène, façon post black – une sorte de The Great Old Ones de l’espace-  ou dans la seconde, construite façon vortex où se succèdent riffs lourds, claviers à la Aquilus, claviers à la Dimmu, et ça continue encore et encore, comme aurait dit Cabrel.
Rien de nouveau sous le soleil ? Non. Et d’abord, quel soleil ? La planète qu’habite Arkhtinn, concentré de malfaisance, n’a pas sa place aux côtés de Jupiter ou Saturne. Son atmosphère viciée incite à la méditation profonde et douloureuse. Certainement pas révolutionnaire, 最初の災害 fait néanmoins voyager loin et mal. Et puis, Saisho no saigai possède le détail qui tue, en rapport avec la plus grande peur de notre narrateur : l’album ne finit pas. Ou se finit sans se finir, de manière abrupte, comme si le vent continuait à souffler, à hurler, mais qu’Arkhtinn avait cessé de retranscrire ses imprécations. Comme si ces mélodies infernales continuaient à être jouées quelque part dans un multivers, créé par un démiurge, plus sadique et plus pervers que jamais. Le vent rouge, illustré sur la pochette, continue de crier. Nous continuons de souffrir.


Vu que l’identité, et donc a fortiori la nationalité, des membres du Prava Kollectiv, sont inconnus, on peut imaginer qu’Arkhtinn veut dire « vent mauvais » dans la langue qu’utilise ces gens pour communiquer. 最初の災害 est un extrait du drame cosmique universel, version black atmosphérique. Il se joue certainement en bordure de l’univers. Près des Ténèbres du Dehors.

*Merci à Sakrifiss.


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