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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 23 janvier 2019
Sa note : 18/20

LINE UP

-Alexis S.F. Marshall
(chant)

-Nicholas Andrew Sadler
(guitare)

Samuel Walker
(basse)

-Jon Syverson
(batterie)

TRACKLIST

1) City Song
2) Long Road, No Turns
3) Satan In The Wait
4) The Flammable Man
5) The Lords Song
6) Less Sex
7) Daughter
8) The Reason They Hate Me

9) Ocean Song
10) Guest House

DISCOGRAPHIE


Daughters - You won ’t Get What You Want
(2018) - indus noise rock - Label : Ipesac



Certains disques sont faits pour marquer. A voir les dithyrambes qu’a reçu cette quatrième livraison de la formation de Providence, je me suis lancé distraitement dans l’écoute de cette œuvre. Avant de vite déchanter. Car ici, rien n’est distrayant.

Daughters. Un patronyme inconnu pour votre serviteur, qui va vite le noter dans sa liste d’excellentes choses offertes en 2018. Quatre hommes, qui prennent leur temps. You won ’t Get What You Want parait huit années après son prédécesseur. Que veut-on au fait ? Difficile de répondre. Vient alors le temps de la découverte. Et là, le choc. Étonnamment, les dix titres proposés vont happer quiconque les fera passer dans son canal auditif. Avec l’irrémédiable envie d’y revenir, encore et toujours. On se retrouve ballotté ci et là dans les méandres effrayants du monde dépeint par le quartet. Point de joie, d’envie de chantonner. Juste une expérience qui peut s’avérer éprouvante, mais ô combien surprenante. Ou comment apprécier les dissonances émises avec une volonté évidente de surprendre, voire de déranger. Se frotter à ce disque se révèle une véritable épreuve, qui sollicite une attention de tous les instants. Près d’une heure d’une œuvre artistique exigeante et troublante. Le tout avec une cohérence qui force l’admiration.
Comment les États-uniens sont-ils parvenus à ce tour de force ? A l’aide de compositions qui sonnent comme autant de bandes-son d’un cauchemar bien réel. Si tu entres dans l’univers de Daughters, tu ne pourras pas échapper à ce climat pour le moins anxiogène qui s’en dégage. Pris à la gorge, dès les premiers instants de "City Song", l’étreinte de la bête ne se desserrera que quarante-huit minutes plus tard. Et encore… résonnera longtemps le désespoir exposé par la troupe. Des mélodies discordantes, une basse omniprésente et des passages indus sont les composantes essentielles de cette mixture déstabilisante. "Long Road, No Turns". Impossible de s’échapper du chemin tracé avec sadisme par les ménestrels dérangés. Ils t’emmènent toujours plus profondément au cœur de leur sombres hallucinations. Avec parfois des relents de NIN, à l’instar de "Less Sex", plus calme. Pour mieux ensuite t’écorcher avec enchaînement "Daughter"/"The Reason They Hate Me", l’un des meilleurs moments de cet opus. Et d’achever ton calvaire dans une "Guest House" terrifiante, mais fermée. Tu ne sembles pas le bienvenu.  A quoi bon t’entêter ?


Harassant, pénible, mais jouissif. Voilà comment pourrait se résumer la découverte de ce disque baroque. Sombre et tourmenté, l’univers de Daughters fascinera pendant de longues années, à n’en point douter. Installe-toi confortablement. Éteins la lumière. Et viens t’enfoncer dans les abîmes sinistres qui s’offrent à toi. Viens…


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