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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 10 janvier 2019
Sa note : 18/20

LINE UP

-Sebastian Laurent
(chant+guitare+basse+claviers+programmation)

-Chris Hiegel
(batterie)

A participé à l'enregistrement:

-Milléna V.
(chant sur "Hephaestus")

TRACKLIST

1) Aether
2) Ayamarca (Festival of the Dead)
3)
Kyrrð (An empty Space)
4) Shapeshifter
5) Medusa
6)
Lull-a-bye
7)
Hephaestus
8) A Dream in our Sky
9)
Mazemerize
10) Sad Eyes
11)
Thelxinoe
12)
Winter's Heart

DISCOGRAPHIE


Amphetamin - A Forest of Rainbows
(2018) - rock prog post rock - Label : Autoproduction



-Pourtant, ça avait bien commencé ! On avait enchaîné "La Chenille", "Les Serviettes" et "La Danse des Canards". Même tante Agathe avait l’air heureuse avec son chapeau pointu et sa langue de belle mère… Et puis, Sebastian s’est pointé. Sebastian, c’est la brebis galeuse, mais on l’avait invité quand même. Parce qu’on est gentils, nous.
-Et que s’est-il passé ?
-Il a insisté pour jouer ses chansons à lui. Et là… Ça a mal tourné.


-Vous vous êtes battus ?
-Non, pire. Parce qu’une bonne bagarre, dans une soirée, c’est rigolo. Quand Antonio avait mis un coup de poing à oncle Louis, ça avait mis l’ambiance !
-Alors quoi ?
-Ben tante Agathe s’est mise à pleurer. Oncle Louis aussi. Il s’est approché de Maman et lui a dit qu’il l'avait toujours aimée. Et ils se sont jetés dans les bras l’un de l’autre. Papa a eu un drôle de regard et à commencé à sortir des phrases sans queue ni tête. Il parlait du « goût amer d’une vie ratée », de la « beauté du gouffre qui s’ouvrait sous ses pieds » , … Personnellement, j’ai rien compris.

Pourtant, c’est simple à comprendre. C’est l’effet Amphetamin. Ce feeling nostalgique, ces montées dans les aigus de Sebastian, chanteur ô combien versatile, pouvant passer de Mikael Åkerfeldt à Dave Gahan (Depeche Mode) en moins d’une fraction de seconde, c’est bien Amphetamin. Ça avait parfaitement marché avec les deux premiers, il n’y avait aucune raison pour que ça ne marche pas une troisième fois. Il restait juste à savoir à quel point ça marcherait et si le projet prog-rock allait faire du surplace ou se réinventer. À la première question, la réponse est, simple. Ça marche très bien. Ça n’a jamais mieux marché. La seule chose qu’Amphetamin ne peut pas faire, c’est retrouver la spontanéité du premier album. Le temps qui passe, la maturité, etc. etc. Pour le reste, Sebastian, qui en chemin a trouvé un vrai batteur, a perfectionné sa formule magique et arrive à combiner, dans un même titre, envolées lyriques et mélancoliques, fluidité et riffs saisissants. À la seconde question, on se contentera d’une réponse de Normand. A Forest of Rainbows ne fait pas de surplace, mais ne se réinvente pas non plus. Une évolution, en somme, sans révolution, menée principalement sur deux axes. Le premier, mineur, est l’introduction de beats (légers) sur un certain nombre de chansons.
Pas d’affolement, Amphetamin ne ressemble pas encore à The Prodigy. Personnellement, je regrette même que l’expérience n’ait pas été poussée plus loin. L’impact global de ce mini tournant vers des sensations electro reste donc limité. Plus sensible en revanche est l’intensification de la composante prog de la musique du sieur Laurent. Des titres un peu plus complexes, un certain nombre de cassures de rythme, A Forest of Rainbows reste plutôt facile d’approche, mais l’apprivoisement total des titres prend plus de temps que sur les deux albums précédents. Pour résumer, Amphetamin nous propose une œuvre avec encore plus de corps que par le passé: plus profonde, plus cohérente, plus généreuse encore en temps forts. Chaque titre mériterait presque son paragraphe, mais comme aux Eternels, on est payé au nombre de chroniques publiées et que je dois enchaîner avec le dernier Ghost - nan je déconne- tâchons d’être plus concis. On retiendra tout particulièrement l’efficacité toute porcupinetreeienne (époque Deadwing) d'"Ayamarca", la délicatesse et la mélancolie de "Kyrrd" la lacrymogène (ma chouchoute), la délicatesse d’ "Hephaestus" ou le nouvel hommage à Depeche Mode qu’est "A Dream in our Sky". Et puis la poésie de "Sad Eyes", et puis "Aether" aussi. "Shapeshifter", "Medusa", "Lull-a-bye"… bref, vous m’avez compris.

Amphetamin réalise la passe de trois. Trois recueils magnifiques et le petit dernier n’est pas des moindres. Dense, riche en émotions, riche en musicalité, profond, maîtrisé… Il s’agit d’une merveille de prog-rock. En attendant les débuts de Sebastian sur la scène electro…



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