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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 27 décembre 2018
Sa note : 17/20

LINE UP

-Erik Rutan
(chant+guitare)

-J.J. Hrubovcak
(basse)

-Hannes Grossmann
(batterie)

TRACKLIST

1) The Violent Fury
2) What Lies Beyond
3) Vengeance Striketh
4) Nothingness of Being
5) All Hope Destroyed
6) Portal of Myriad
7) Dark Age of Ruin
8) Upon Desolate Sands
9) For Whom We Have Lost

DISCOGRAPHIE


Hate Eternal - Upon Desolate Sands
(2018) - death metal - Label : Season Of Mist



L’année 2018 a plutôt été bonne pour l’amateur de death que je suis. Entre les découvertes Tomb Mold et Skeletal Remains ou le retour des vieilles gloires Deicide et Monstrosity pour ne citer qu’elles, les sorties du style feront de ce millésime l’un des meilleurs de la décennie. Le nouvel album d’Hate Eternal, paru cet automne, ne fera que renforcer cette impression positive.

Le groupe nord-américain est en effet l’auteur d’un grand disque. N’ayons pas peur des mots. Depuis son apparition à la fin des années 1990, la troupe emmenée par Erik Rutan s’est évertuée à présenter un death dévastateur. Avec pour seule fausse note un Fury and Flames trop brouillon. Le reste de l’œuvre du combo a de quoi sustenter l’appétit des amateurs de brutalité. Le dernier opus en date, Infernus, avait d’ailleurs recueilli tous les suffrages, tant il témoignait d’un savoir-faire hors du commun en termes d’agression sonore maîtrisée. Il faudra en effet oublier quelque peu la violence inouïe de ce recueil, au risque de trouver son successeur quelque peu mollasson. Difficile d’imaginer employer un tel terme dans une chronique d’Hate Eternal, mais il faut bien avouer que la comparaison avec Infernus semble discréditer Upon Desolate Sands. Ce n’est pourtant qu’un leurre. Moins rapide, moins véhément, ce septième LP l’est assurément. N’allons pas nous arrêter à cette première impression et sachons la dépasser. Car, plus les écoutes passent et plus la qualité de l’ensemble se révèle.
Erik Rutan n’a pas cherché à offrir une copie carbone de son sixième album, mais a pris le pari d’élaborer des titres souvent plus lourds, mais habilement construits. Attention toutefois à ne pas oublier que nous avons ici affaire à l’un des meilleurs compositeurs en matière de death. Les tempi enlevés sont donc nombreux, mais souvent associés à des parties plus oppressantes. "Dark Age of Ruin" est un exemple parfait de cette dichotomie, voyant des riffs lourds s’immiscer au milieu d’un torrent de fougue. Et que dire du puissant mid tempo "Nothingness of Being", qui prouve que la bête peut se montrer digne d’intérêt en ralentissant la cadence ? L’architecte de ces pièces ne se contente pas de jouer la carte de la lourdeur ou de la célérité. Il sait instaurer des ambiances toute personnelles avec des mélodies bien senties qui viennent illuminer de sombres hymnes. Reconnaissables entre mille, ces soli apportent un plus non négligeable, comme sur "Vengeance Striketh", "Portal of Myriad" ou encore lors du final ahurissant de "All Hope Destroyed".
Erik Rutan est un orfèvre. Non content d’avoir écrit des titres puissants et cohérents, il a voulu que cette septième offrande soit remarquable en tout point. Il s’est une fois encore adjoint les services de J.J. Hrubovcak au poste de bassiste. L’on retrouvera avec plaisir son jeu brillant. Pour remplacer Chason Westmoreland derrière les fûts, le leader a fait appel à l’excellent Hannes Grossmann, échappé un temps d’Alkaloid. Sa prestation est, comme l’on pouvait s’y attendre, marquée du sceau de l’excellence. Il devient une pièce-maîtresse du trio avec ses blasts dévastateurs qui raviront les connaisseurs. Il faut également mentionner le travail titanesque réalisé par Rutan concernant l’aspect sonore. Dans son Mana studio de Tampa, il a poli le tout avec une patience rare, donnant à l’ensemble une texture des plus exaltantes. Les soli aériens viennent s’échapper de murs sonores épais. La basse est audible, sans être trop mise en avant et se marie merveilleusement avec les autres instruments. Quant aux vocaux, profonds et caverneux, ils se conjuguent parfaitement au discours musical.


Upon Desolate Sands est donc un excellent album de death. À bien y réfléchir, il s’agit du plus accessible de la discographie du groupe. N’allez pas vous méprendre, il s'agit d'une réalisation brutale et puissante, mais moins agressive que les œuvres précédentes. D’où certaines critiques qui ne manqueront pas de surgir de la part de fans déçus. Pour ma part, je suis conquis par cette nouvelle pièce, exécutée avec un talent peu commun. Erik Rutan est un sérieux prétendant au trône de King of all Kings en matière de death metal. Rien de moins.


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