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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 11 décembre 2018
Sa note : 19/20

LINE UP

-Lisa Gerrard
(chant+instruments)

-Brendan Michael Perry
(chant+instruments)

-Andrew Hutton
(chant sur "De Profundis (Out Of the Depths of Sorrow)")

-Carolyn Costin
(violon)

-Gus Ferguson
(violoncelle)

-Martin McGarrick
(violoncelle)

-Richard Avison
(trombone)

-Simon Hogg
(trombone)

-James Pinker
(timbales)

-Tony Ayres
(timbales)

TRACKLIST

1) De Profundis (Out Of the Depths of Sorrow)
2) Ascension
3) Circumradiant Dawn
4) The Cardinal Sin
5) Mesmerism
6) Enigma of the Absolute
7) Advent
8) Avatar
9) Indoctrination (A Design For Living)

DISCOGRAPHIE


Dead Can Dance - Spleen and Ideal
(1985) - gothique - Label : 4AD



-C’est… tout bonnement incroyable… Il… il était là, devant moi, il a mis ses écouteurs et… il… il a disparu ! Comme ça, hop ! Je l’ai vu de mes propres yeux et je ne suis pas fou ! Je n'écoute pas The Great Old Ones !
-Hum… Savez-vous quel groupe il s'apprêtait à écouter ?
-Dead Can Dance.
-Dead Can Dance… Un élément de la Trilogie?
-Oui.
-Alors ne cherchez pas, c’est normal. Un jour, il réapparaîtra.


La grande différence entre la Trilogie et le reste, c’est le début. L’absence d’avertissement. Ça fonctionne aussi bien avec Spleen and Ideal qu’avec Within The Realm of a Dying Sun ou The Serpent’s Egg. On appuie sur « Play » et on oublie tout. Tout. On s’oublie soi-même. Dans le cas du premier volet du triptyque, l’oubli commence même un peu avant, par la contemplation de cette pochette très mystérieuse. Grandeur, splendeur et décadence ? Le fan, intrigué, franchit prudemment le pas et choisit "De Profundis", la si bien nommée, avant de constater que sa fameuse prudence ne sert à rien. L’univers entier lui tombe dessus sans crier gare. Courants telluriques, trous noirs, les dix Sephiroth. Tout. Il se prend tout dans la gueule et ne s’en remettra jamais. Les cuivres dramatiques d’"Ascension" le lui confirment: il a atterri dans le pays du Deuil et n’est pas près de le quitter. Il peut tenter de se raccrocher à "The Cardinal Sin" ou "Advent", les deux seuls titres à la rythmique à peu près conventionnelle, vestiges d’une époque passée, celle du premier album, mais ces appuis se dérobent rapidement.
La machine Dead Can Dance est lancée à pleine vitesse, le duo a tout mis en place. Deuil, donc, grandeur et poésie, aussi. Lisa envoûte, Brendan caresse. Spleen and Ideal enchaîne les merveilles comme on enfile des perles sur un collier. "Mesmerism" montre le côté shamanique de Lisa. "Indoctrination" est le parfait écrin pour la voix du meilleur chanteur de tous les temps. Pourquoi "Mesmerism" et "Indoctrination" ? Pourquoi pas "Circumradiant Dawn" et "Enigma of the Absolute" ? Dans le fond, aucune raison spéciale. Tous les titres se correspondent, se parlent, se comprennent et abolissent le concept classique d’espace temps. Cette œuvre est l'un des rares albums que l’on peut écouter en mode random sans que celui-ci en soit affecté: certitude effrayante et tranquillisante à la fois, tôt ou tard, l’auditeur devra se présenter devant la Porte qu’est "De Profundis". Et dire que l’histoire se répète sur les deux albums suivants…


Avec Spleen and Ideal, Dead Can Dance se définit comme tel et commence à semer affliction, profondeur cosmique et magie partout dans le monde et en dehors – « Anywhere out of the world ». Les quelques réminiscences du premier album n’abiment en rien ce monument musical. Un fragment du ciel tombé près d’un édifice en ruines.




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