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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 01 décembre 2018
Sa note : 17/20

LINE UP

-Sharon "Shazzula" Schievers
(chant+thérémine+claviers)

-Olmo "Déhà" Lipani
(chœurs sur "La Mort"+claviers+batterie)

-Corvus Von Burtle
(guitare+claviers+basse)

-Michel Kirby
(guitare)

-Marc "Mongolito" DeBacker
(guitare)

Ont participé à l'enregistrement:

-Alexander "von Meilenwald" Frohn
(chœurs sur "L'Heure Noire")

-Ismail Khalidi
(chœurs sur "The Gates")

TRACKLIST

1) Silure
2) Ritual Lovers
3) Void
4) L'Heure Noire
5) The Gates
6) La Mort

DISCOGRAPHIE

Void (2018)

Wolvennest - Void



À quel point les recommandations de votre idole musicale peuvent-elles déboucher sur une déception ? C’est le sujet du jour. Je m’explique. Suite à un bref échange avec Albin Julius, la tête pensante de The Moon Lay Hidden Beneath A Cloud – que son nom soit synonyme de bonheur et de têtes de morts pour les siècles des siècles - celui-ci poste un lien vers "Unreal"* de Wolvennest. Et donc je pose la question ? En tant que fanboy total du Monsieur, était-il réaliste de penser que je n’aimerais pas ?

Non. Il aurait certainement pu poster le best-of de Francis Cabrel ou des Guns’n’Roses, et j’aurais trouvé ça génial [ndlr : giga fanboy, en effet]. Simplement, heureux hasard, les Belges du Nid des Loups pratiquent une musique qu’ils baptisent, non sans une certaine ironie, j’imagine, « dark pop ». Dark, oui. Pas dark, dark, dark, mais quand même dark. Notamment "La Mort", version heavy post-rock des titres les plus menaçants d’Oranssi Pazuzu. Sans conteste le meilleur morceau de l’album. En revanche, pop… Alors, oui, aucun growl à l’horizon. La dame qui chante, Shazzula, c’est son petit nom, ne vocifère pas. Elle officie dans un registre à la Dool, pour donner une référence. Pas de bl… Ah ben si, tiens, il y en a, des blasts… sur "L’Heure Noire". Et puis, les mélodies. Accessibles, okay, mais pas franchement gaies, gaies. Quant au mur noisy de (trois) guitares, il évoque plus un post-rock pesant, occulte, tirant par moment sur le doom, que REM ou Lady Gaga. Mais bon, libre à eux d’étiqueter leur musique comme bon leur semble. Ainsi, ils peuvent peut-être s’immiscer dans des foyers a priori hostiles et convertir quelques membres au côté obscur de la force…
Envoûtant, hypnotique de bout en bout, cet excellent Void débute comme si on prenait le groupe en cours de route, en plein grésillement de guitares. Un grésillement qui ne cessera jamais. Teinté de sonorités orientales, comme à la fin "Silure", en mode version heavy de My Bloody Valentine, sur l’excellent "Ritual Lovers", super catchy, il mue à chaque titre mais reste la marque de fabrique de l’album. "Void" et "L’Heure Noire" présentent un intérêt significatif, mais les deux derniers titres constituent l’apothéose de ce disque empli de magie (noire, en doutiez-vous ?). "The Gates", incantatoire, est un pur et lourd hommage à la dépression. Shazzula, suave, y déclame des mots de puissance. Impossible de ne pas y être sensible. Quant à "La Mort", j’en ai parlé avant… Elle fait peur, d’entrée de jeu. Avec ses bras décharnés, sa faux et ses passages parlés, en plan metal cinématograhique. Void est hautement addictif. À ranger entre le dernier Imagine Dragons et la discographie complète de Pharell Williams ?

Sans conteste, une révélation. Wolvennest allie puissance, mysticisme et grâce obscure tout au long d’une œuvre envoûtante. Entre post-rock, doom, avec une petite saveur de black metal, les Belges remplissent parfaitement les attentes suscitées par l’artwork et ajoutent une touche de gris foncé dans notre déjà bien joli monde.

*Titre du premier album, Wolvennest, feat. Der Blutharsch, le projet créé par Albin, suite à la dissolution de la Lune Cachée Derrière Un Nuage.


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