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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 19 novembre 2018
Sa note : 17/20

LINE UP

-Ronan Harris
(chant+claviers+programmation)


TRACKLIST

1) A Million
2) Armour
3)
God of All
4) Nocturne No. 7
5) Collide
6) Wonders
7) Inmersed
8) Lights Go Out
9) Guiding
10) When Is the Future?
11) Only Satellites
12) Requiem for Wires
13) All Our Sins

DISCOGRAPHIE

Noire (2018)

VNV Nation - Noire
(2018) - pop electro - Label : Metropolis Records



Synthpop, synthwave, retrosynth, synthetienne – allez, allez, allez ! , dungeonsynth... Qu’est-ce qu’on aime cataloguer les fils spirituels de Richard Clayderman… Le dernier sobriquet dont j’ai eu vent, c’est la futurepop. Nom très amusant, puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, d’un genre existant depuis trois décennies. Comme pop du futur, on a trouvé plus novateur, non ?

Novateur ou pas, VNV Nation ne se pose pas la question. En poste depuis presque le début du mouvement, il est encore l’un des fleurons actuels du genre. D’abord puissamment electro, l'ex-duo british a progressivement adouci ses mœurs et rendu ses beats musicpopcompatibles. À base de mélodies incroyablement belles sur fond de « boum boum » endiablés, mais pas trop. De nos jours, on ne peut pas les considérer comme des avant-gardistes, vu qu’ils se « contentent » d’appliquer la même recette: mélanger de l’électro avec la musique ayant fait les grands jours du Top 50 de notre cher Marc « Salut les petits clous ! » Toesca, mais la justesse du mélange fait toujours mouche, vingt-huit ans après leurs débuts. Noire est, certes, l’album le plus posé de l’histoire du « groupe », mais on peut parfaitement utiliser la comparaison - éculée, j’en conviens - avec le vieil amant qui compense son manque de fougue par plus d’expérience et, pourquoi pas, plus de sentiments. « Sentiment », VNV Nation connait déjà le sens de ce mot depuis belle lurette, et nous a livré par le passé quelques monuments à la gloire de l'épanchement lacrymal – "Illusion", évidemment. Simplement, Noire s’embrase tout entier d’un feu particulièrement nostalgique.
Les « boum boum » n’ont évidemment pas disparu, mais sont, quelque part, relégués au second plan, à l’exception de quelques titres, comme l’extraordinaire "God of All", qui ferait bouger un mort et un "Immersed" simple comme bonjour, assez "Underworld" dans l’âme. Noire, qui aurait pu s’appeler Grise, se compose de trois premiers titres élégants, catchy et gorgés de lignes poignantes. Suit un premier intermède au piano, qui n’a pas comme vocation de nous permettre de nous reposer – vue la relative tranquillité de l’album– mais plutôt de nous faire sentir seuls. Mission accomplie. La vie reprend ensuite son cours et aurait pu – dû ?– s’arrêter après "Only Satellites", qui, avec son atmosphère teintée d’espoir, a d’ailleurs tout d’une belle conclusion. Les deux chansons suivantes ne sont pas foncièrement mauvaises, mais un peu molles et, du coup, superflues, vu le rythme plutôt paisible de l’ensemble de l’opus. Rien de bien méchant cependant, et, outre les titres cités précédemment, on retiendra peut-être la superbe fin de "Collide", l’énergique "Lights Go Out" et la clarté toute eighties de "When is The Future ?", mais surtout la constance et la qualité d'une œuvre sage et belle. Si on ajoute à l’ensemble des paroles intéressantes, on obtient un objet, raffiné et chargé d’une énergie spéciale. Celle qui remue doucement les tripes.


Noire est l’œuvre la plus soft de VNV Nation et séduit par sa qualité d’ensemble plus que par l’existence d’un single qui tue. Si vous cherchez l’équivalent d’un "Testament" non, pas le groupe de thrash... , vous ne le trouverez pas. Si vous avez envie de vous immerger dans un futur depuis longtemps révolu, en revanche, Noire est fait pour vous. Superbe.



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