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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 13 novembre 2018
Sa note : 18/20

LINE UP

-Richard "Protector" Lederer
(chant+guitare+claviers+programmation)

-Michael "Silenius" Gregor
(chant+claviers+basse)

A participé à l'enregistrement :

-Tania Borsky
(chant sur "Where Hope and Daylight Die")

TRACKLIST

1) Rhûn
2) Long Lost Where No Pathway Goes
3)
The Glory Disappears
4) Like Some Snow-white Marble Eyes
5) Where Hope and Daylight Die
6) The Rotting Horse on the Deadly Ground
7) The Shadow Lies frozen on the Hills
8) The Loud Music of the Sky
9) A Distant Flame Before the Sun

DISCOGRAPHIE


Summoning - Stronghold
(1999) - black metal - Label : Napalm Records



Celeborn ne pouvait pas en croire ses yeux. Son intuition ne l’avait donc, hélas !, pas trompé. Ces noires vibrations, propres aux artefacts marqués du sceau de Sauron, provenaient bien du cou de… Galadriel !
- Qu’est-ce que… ma Dame ! Quel est donc ce pendentif ? Je ne peux pas croire que…
- Croyez ce que vous voulez. Pour ma part, je viens de mander chercher Silenius et Protector pour qu’ils me jouent l’intégralité de Stronghold.
- Vous n’êtes pas sérieuse…
- Oh si ! Autant que "Like Some Snow-white Marble Eyes" est mon titre préféré.

 
Elle a bon goût, Galadriel. Elle aurait également pu citer, entre autres, "Long Lost To Where No Pathway Goes" ou "A Distant Flame Before the Sun" mais il est vrai que dans Stronghold, c’est comme dans le cochon, tout est bon. Deux ans avant le changement de siècle – et la sortie du compagnon d’excellence Let Mortal Heroes Sing Your Fame , le duo autrichien est au sommet de son art. Sorti des promenades en vase clos dans les souterrains du Mordor avec Dol Guldur, la réalisation précédente, appréciable, épique, mais encore perfectible, Summoning embrasse maintenant l’ensemble des Terres du Milieu et tient avec ce quatrième LP, son œuvre la plus complète et la plus variée. La marque Summoning est définie ad vitam æternam et sera apposée sur le front de tous les vassaux du duo obscur. J’imagine que chaque fan du groupe aura choisi ses petits chouchous, au gré des écoutes de ce cultissime recueil. Pour ma part, j’en ai cinq. Si le chant féminin (une exclusivité dans la discographie du groupe) de "Where Hope and Daylight Die" me va droit au cœur, si "The Loud Music of the Sky" ne peut en rien être vu comme un mauvais titre, je tracerais le pentagramme en m’appuyant sur les cinq piliers suivants. Ein : "Rhûn".  Peut-être leur meilleure intro – ce n’est pas un vain mot !-, même si "Angbands Schmieden "et A New Power Is Rising" sont de sérieux concurrents. Mais le parfum de cette rune est unique et presque romantique.
Zwei : "Long Lost To Where No Pathway Goes". Le travail des guitares ne s’y réduit pas à l’habituel vrombissement d’abeilles naines et tisse un manteau gris d’une beauté incomparable, qui pare avec majesté  le timbre rauque de Protector. Drei : "Like Some Snow-white Marble Eyes". Je rejoins Galadriel, et conclus que la reine elfe est également fan de la première époque de Katatonia. Il s’agit du morceau où l’influence majeure de Summoning est la plus audible. Et quel hommage… Quelle émotion. Vier : "The Rotting Horse On The Deadly Ground" Le titre le plus diabolique du groupe. Et celui qui reste dans la tête pendant des jours. Plus qu’une chanson de Madonna, c’est dire… Fünf : "A Distant Flame Before the Sun", sorte de moment de colère épique. Comme sur le titre précédent, Silenius nous perce de part en part. Et le souffle final est une merveille. Si, en sus de ses cinq piliers, s’immiscent quatre titres d’un très haut niveau également, on comprendra parfaitement pourquoi cet enregistrement passe encore et encore dans mon lecteur au moment du « Sauron time »,  vers dix heures du soir, tous les mardis.

 
Summoning devient une référence ultime à partir de cet album. Un style souvent décrié, mais les Autrichiens ont leurs adeptes, répandus un peu partout sur le globe terrestre. Entre autres. Épique, diabolique, triste et magique. Le voyage et les frissons sont au rendez-vous, de Cirith Ungol à la Lothlórien. Légendaire.
 
 
 



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