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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 06 novembre 2018
Sa note : 16/20

LINE UP

-Marios Dupont
(chant)

-George Emmanuel
(guitare)

-Stathis "Ridis" Pakataridis
(basse)

-Nick Vell
(batterie)

A participé à l'enregistrement:

-Alexandros Antoniou
(chant)

TRACKLIST

1) Viva Morte
2) The Order
3) Fall of the Rebel Angel
4) Through Fire We Burn
5) El Dragón
6)
Black Heart
7) Haraya
8) Siste Farvel

DISCOGRAPHIE

The Order (2018)

Lucifer's Child - The Order
(2018) - black metal sauce grecque - Label : Agonia Records



Chercher les racines du black metal du còté de chez ABBA, là-bas, dans le froid, c’est légitime, mais dans nos travaux archéologiques, il ne faut jamais oublier d’aller voir du côté de chez Nana Mouskouri, au soleil. Dès la fin des années quatre-vingts, le black metal grec est devenu l’inséparable compagnon de voyage du metal noir venu du Nord. Avec ses spécificités, ses détracteurs et ses énaaauuurmes qualités. Sur The Order, Lucifer’s Child lui rend un magnifique hommage.

Le groupe se montre même plus ambitieux et entreprend, consciemment ou non, un petit exercice d’hellénisation du metal nordique. En quoi consiste-t-il ? En faisant démarrer quelques titres par une séquence scandinave, ou en tout cas non spécifiquement grecque, et en la ramenant doucement sur la voie de l’orthodoxie noir-métallique, telle qu’elle fut définie il y a déjà bon nombre d’années par les Rotting Christ, Varathron, Necromantia et consorts. "Fall of the Rebel Angel" se présente initialement comme le bon black’n’roll des familles avant que, hop ! nos sorciers lucifériens le transforment à coup de guitares magiques en une ode aux leads et aux mélodies heavy si chères aux compatriotes d’Homère (pas Simpson). Même exercice avec "Through Fire We Burn", où l’hommage à Quorthon se convertit soudainement à une allégeance aux Seigneurs de la Guerre du Sud, et, dans une moindre mesure le dissonant (Tom) "Haraya" reconduit, via de discrets chœurs à la Septicflesh, dans le droit chemin.
À côté de ces exercices de styles – volontaires ? , certains titres sonnent grec du début à la fin: l’excellent "The Order" est très Rotting Christ new style – la présence de George Emmanuel dans le lineup n’est sûrement pas une coïncidence tout autant que le vertigineux "El Dragón" sí, señor! , autre moment très fort de cet opus varié, rythmé et extrêmement goûtu. Sorte de version plus moderne de ce qu’avait pu faire Katavasia il y a quelques années, Lucifer’s Child n’innove pas, mais distille sa science avec grande maîtrise et délivre ici trois quarts d’heure de musique franchement emballante et trépidante – l’initial "Viva Morte" ayant prévenu tout le monde qu'on n'était pas venu pour s'emmerder. On déplorera tout au plus un "Black Heart" un peu faiblard, à la limite de l’intermède, et un titre final qu’on aurait aimé plus épique et qui s’avère un peu trop convenu, mais absolument rien de rédhibitoire. Encore une belle sortie d’Agonia. Une de plus.


Lucifer’s Child se révèle un excellent représentant de la scène de son pays et si les quelques penchants « hellénisateurs » montrés sur certains titres ne sont qu’anecdotiques, le relatif académisme de cet enregistrement ne rime en rien avec ennui. Vif et bourré de mélodie, celui-ci montre que le petit frère du black metal des Hauts d'Europe a, lui aussi, mangé de la soupe et qu’il a du poil aux pattes ! Très recommandable.


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