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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 24 octobre 2018
Sa note : 16/20

LINE UP

-Craig Land
(chant)

-Soikot "Shoi Sen" Sengupta
(guitare)

-Paul Nazarkardeh
(guitare)

-Arran McSporran
(basse)

-Tom Atherton
(batterie)

TRACKLIST

1) Obsidian Spires
2) War Be Upon Him
3) Opiate For The Masses
4)
Bastard Sons Of Abraham
5) Martyrs
6) Godforsaken
7) Beyond Judgement
8) Bringer Of Light

DISCOGRAPHIE


De Profundis - The Blinding Light Of Faith
(2018) - death metal mélodique - Label : Transcending Obscurity Lusitanian Music



De Profundis a créé une pépite du death mélodique avec Emptiness Within. Ils avaient confirmé l’essai avec Kingdom Of The Blind, malgré un son bien dégueulasse. C’est avec une grande impatience que j’attendais leur successeur, nommé The Blindness Light Of Faith (décidément, ils ont un truc avec les aveugles). Surtout qu’une écoute très rapide m’avait permis de constater que leur son s’était grandement amélioré. Tous les voyants étaient au vert. Sauf que…

Mon Dieu ! Mais que s’est-il passé ?! Difficile, à la première écoute, de reconnaître le groupe. Pas d’introduction pour nous mettre dans l’ambiance, on commence par un "Obsidian Spires" très direct. Et ce sera le coup sur tout l’album. Les Britanniques ont simplifié leur style en supprimant (presque) tous les passages d’ambiance et atmosphériques… Mais pourquoi ? Pourquoi ?! La musique paraît beaucoup moins subtile, à l’image de ce "Martyrs" qui démarre sur des « Allah Akbar » criés et enchaîne sur des gros riffs. Pour le fan de De Profundis, le choc est rude. La pilule est difficile à avaler… Surtout que le dossier presse ne parle pas d’envie particulière du groupe de changer de cap. Quant au line-up, il n’a pas bougé. Après avec vécu cet état de fait comme un traumatisme et avoir pleuré sous ma douche, j’ai décidé de faire mon travail et d’écouter attentivement cet enregistrement pour savoir ce qu’il valait intrinsèquement. Les gars sont toujours là, leur talent n’a pas disparu. Respectons leur envie de faire autre chose… Que nous proposent-ils alors ? Une diatribe contre les religions. Et de cette colère naîtrait cette musique plus agressive ?
On constate quand même rapidement que De Profundis reste dans sa mouvance death progressif mélodique. Ce sont les ambiances qui disparaissent au profit d’une musique plus directe. Techniquement, il existe encore des breaks typiques du groupe ("Opiate for the Masses") qui nous rappellent combien De Profundis est à part. Les écoutes s’accumulant, la richesse de la musique proposée sur ce recueil saute aux yeux. Derrière les (rares) riffs un peu bas du front, les guitares se révèlent fantastiques. Les sonorités sont souvent originales et ne sombrent pas dans la facilité. Et que de dire des solos qui sont autant de grands moments ? La basse nous réserve une nouvelle fois de formidables embardées qui raviront les fans de quatre et cinq cordes. Le tout est porté par le chant toujours aussi convaincant de Craig Land. Au fil du temps, l’âme de De Profundis réapparaît. Certes, le choc a été rude, mais les Londoniens répondent finalement présent et leur talent aussi. Le côté progressif, moins évident est bien là avec ses cassures, ses syncopes, ses changements de sonorités… Et le fait que le collectif bénéficie d'un son correct mettant en valeur ses compositions ajoute une note positive.


Je ne peux pas mettre cet album en coup de cœur. Le choc a été trop dur. De Profundis propose clairement autre chose tout en gardant son talent intact. Une fois cet état de fait accepté, l’œuvre révèle toutes ses qualités: du death mélodique progressif de haute volée, puissant, efficace et riche. Jetez-vous dessus sans attendre.


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