18005

CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 06 octobre 2018
Sa note : 13/20

LINE UP

-Tamás Mikus
(chant)

-Miklós Csóra
(chant+guitare)

-László Loderer
(chant+basse)

-Rajmund Katona
(guitare)

-Attila Racs
(batterie)

TRACKLIST

1) Vérnász
2) Hol a senki jár 
3) Az égő bokrok kertje
4) Az egésztől innen, mindenen túl
5) Mivégre?
6) A Styx folyó hídján
7) Nem hiszem 
8) A semmin át
9) Zaj

DISCOGRAPHIE


Agregator - Semmibol, a semmin át
(2017) - melodeath en VO - Label : Garagelive



Chroniquer Agregator, c’est commencer par un petit jeu: de quelle nationalité est le groupe ? Car ses membres ont décidé de chanter dans leur langue d’origine. L’alphabet est latin, mais il y a quelques caractères étranges qui apparaissent. Et comme le chant est growlé, difficile d’y déceler un accent. Spontanément, on se dit que la musique est scandinave tant les influences rappellent la Suède. Erreur ! Agregator est un groupe magyar qui a publié depuis des années ses albums en Hongrie et en… Russie. La magie d’internet nous permet aujourd’hui de profiter de leur musique.

Les Hongrois se définissent comme un groupe de death metal mélodique, version dark. Ils citent autant Paradise Lost, qu’Arch Enemy ou Moonspell. C’est en fait la scène de Göteborg au sens large qui est à l’honneur. Si le lien avec le melodeath est évident, Agregator produit surtout des mid-tempo ultra-mélodiques, portés par un chant growlé. Cela lui donne parfois un petit côté hard rock. Les morceaux dégueulent de leads mélodiques à la guitare et de gros riffs. Les musiciens ont conçu une formule qu’ils maîtrisent parfaitement. Un tempo entraînant, un couplet un peu sombre, puis un refrain mélodique et accrocheur avec des guitares aériennes. Une musique simple et efficace, qui fait son office. Ainsi, l’enthousiasme est de rigueur lors des premières écoutes. Les solos sont très old school également et riches en mélodies. Tout s’enchaîne parfaitement, avec fluidité. Voilà des musicos qui connaissent leur sujet et jouent au diapason. Le chant étant growlé, on met même un peu de temps à comprendre qu'il n’est pas en anglais. En soit, l'utilisation de la langue originale, qui pourrait apporter un peu d’originalité, a surtout comme effet de nous empêcher de scander (correctement) les refrains. Ce n'est donc ni un défaut, ni une qualité.
Le problème d’une formule, même efficace, c’est qu’elle s’essouffle si elle n’évolue pas. Agregator peine à sortir de ses schémas préétablis. Il n'y a aucune ballade ou morceau rapide. On note quelques rares incursions de guitare acoustique ou d'une voix claire l'espace de quelques secondes. C’est dommage car la voix caverneuse du chanteur aurait pu être utilisée plus souvent. Ainsi, si l’album possède une qualité homogène, il lasse. On a la désagréable d’écouter toujours le même morceau. Seul "Az egésztől innen, mindenen túl" dénote avec un double chant growl et clair complètement raté. Frustrant ! Surtout que chaque morceau, pris indépendamment, est réussi. Mais à faire toujours pareil, l’album manque de rythme, de tension… On veut des montagnes russes ! On dirait que les Hongrois nous ont concocté neuf singles à passer à la radio. Agregator se voit alors confiné dans la catégorie des enregistrements sympas qu’on redécouvre après quelques semaines ou mois en se demandant pourquoi on ne les écoute pas plus souvent. Puis, l’écoute terminée, on l'oublie de nouveau pour plusieurs semaines. Le problème n’est clairement pas musical, mais dans la conception même de ce que doit être un album. À moins que les musiciens ne soient pas capables de composer autre chose ? Difficile d’y croire…

Agregator propose un recueil qui transpire la mélodie. Porté par un son des plus corrects, des guitares omniprésentes et un growl de qualité, ce cinquième LP avait tout pour séduire. Mais à répéter inlassablement la même formule sur chaque morceau, il épuise son auditeur. C’est dommage. Mais si vous aimez le death mélodique ou ce qui s’en approche, jetez-y un oreille, vous y prendrez du plaisir sans nul doute.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3