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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 03 octobre 2018
Sa note : 17/20

LINE UP

-Jennifer Haben
(chant)

-Christopher "Christo" Hummels
(chœurs+guitare)

-Nils Lesser
(guitare)

-Michael Hauser
(claviers)

-Erwin Schmidt 
(basse)

-Tobias Derer
(batterie)

TRACKLIST

1) In the Shadows
2) Songs of Love and Death

3) Unbroken
4) When Angels Fall
5) Pearl in a World of Dirt
6) Hallelujah
7) Running to the Edge

8) Numb
9) Drowning in Darkness
10) Afraid of the Dark
11) Fall Into the Flames
12) Love me Forever (Motörhead cover)

DISCOGRAPHIE


Beyond The Black - Songs of Love and Death



Beyond the Black, un nom - on ne va pas dire à coucher dehors - mais bon, on a vu plus original. Un visuel assez basique mettant un avant une belle demoiselle qui se veut un peu goth mais pas trop. Un titre d’album Songs of Love and Death, qui ne va pas inspirer les plus « trve » d’entre vous. Autant dire que quand les Allemands débarquent en 2015 avec leur metal symphonique, on se dit « et voilà encore une pâle copie de la copie de (insérer un grand groupe de metal sympho de votre choix) ». Pourtant, et après trois ans de maturation, Songs of Love and Death fait partie de ces albums où on a du mal à s’en défaire tellement la qualité est au rendez-vous.

Beyond the Black nous vient d’Allemagne, de Saint-Wendel plus exactement (non loin de la frontière franco-allemande du côté de Saint-Avold) et voit le jour sous l’impulsion de Jennifer Haben, sa frontwoman, et unique survivante du line-up originel à ce jour. Leur label, le méconnu Airforce 1 Records, distribue ce premier essai en février 2015 et le succès va être au rendez-vous chez nos cousins germains. Avant cette sortie, la troupe a déjà pu se produire au Wacken Open Air 2014. Preuve des espoirs fondés en eux, Songs of Love and Death est co-produit par Sasha Paeth (qu’on ne présente plus) et mixé par Miro (Avantasia). Les ventes de l’album vont alors dépasser les espérances, et l'opus se classe, la semaine de sa sortie, à la douzième place des charts allemands, ce qui n’est pas rien. Ce succès est-il purement commercial ? Si l’enregistrement est extrêmement bien produit et que sa chanteuse est bien mise en avant (le groupe se nommerait « Haben and Co » que cela ne choquerait personne surtout quand on sait ce qui va se passer par la suite, mais nous y reviendrons plus tard), force est de reconnaître que Songs of Love and Death est un très bon album de metal sympho et à ce jour la meilleure livraison de Beyond The Black. Alors évidemment on retrouve la naïveté des jeunes formations à travers des titres trop communs et sans le « petit truc en plus » à l’instar de "Unbroken", "Numb" ou la reprise de Motörhead "Love me Forever". Mais en dehors de ces trois pistes, le reste est un concentré de ce qui se fait de meilleur dans le genre.

Songs of Love and Death alterne ce qu'il est convenu d'appeler des tubes, c’est-à-dire des morceaux très bien pensés, aux riffs puissants et refrains imparables qui font sautiller les foules. Dans ce style, "In the Shadows", titre d’ouverture et premier single, est un must have, avec sa partie instrumentale portée par des sonorités celtiques et un refrain parfaitement mémorisable (« Up We Rise, Into the Night, We’ll Never Die, In the Shadows »). Citons également Running to the Edge, que ne renierai pas un groupe comme Within Temptation ou la classique mais efficace "Fall into the Flames". Mais si leur très décevante dernière livraison, Heart the Hurricane, ne constitue qu’un enchaînement de pistes sans beaucoup de saveur, Songs of Love and Death a le mérite de d’alterner hits et morceaux plus travaillés et plus sombres. Comment ne pas mentionner la déjà culte (en live tout du moins) "Hallelujah". Petite intro à base de flûte, Haben qui commence à chantonner avec une voix fluette puis un riff relativement puissant pour du metal sympho. Le refrain alterne chant féminin et grunts. Les rythmes changent régulièrement altérant moments calmes (comme l’intro, mais aussi le pont et la conclusion) et donc passages bien metal. Dans ce style, "Songs of Love and Death", "When Angels Fall" et "Afraid Of The Dark" s’en sortent avec les honneurs. L’écoute de ce premier effort est fluide, n’ennuie jamais et on prend un malin plaisir à y revenir.
Il faut dire qu'avaec Jennifer Haben, le groupe possède en ses rangs un atout de choix. Sur ce premier essai, la vocaliste offre une palette vocale impressionnante. Son chant est par moment doux ("Unbroken", la sympathique "Pearl in a World of Dirt") mais également plus sombre et grave comme par exemple sur "Hallelujah", et "Afraid of the Dark". Son timbre n’est pas sans rappeler celui d’une Sharon Den Adel (Within Temptation), notamment sur Mother Earth. De plus, si sur "Heart of The Hurricane", le reste des musiciens n’est pas mis en avant, ici, les solos de guitares sont efficaces et ne sont pas là pour remplir un simple cahier des charges. Nils Lesser (qui officie au sein du groupe de death melodique Cypecore) se fait clairement plaisir. "Songs of Love and Death" fait également la part belle aux grunts de Christopher Hummels, présent sur une bonne moitié des œuvres composées. Malheureusement, pour des raisons inconnues, le groupe splittera quelques mois après la sortie de leur second album, Lost In Forever, et Jennifer Haben procédera à des auditions afin de constituer un nouveau line-up et partir en tournée (en compagnie de Powerwolf et Epica) et rééditer Lost in Forever avec cinq nouveaux morceaux. On sent déjà sur ce deuxième effort un « entre deux ». Mix pas toujours réussi (pas catastrophique non plus) entre le metal symphonique puissant de Songs of Love and Death et la pop metal trop facile de Heart the Hurricane. On peut alors penser que Haben souhaitait prendre cette direction pop, ce qui a valu le départ des autres membres du line-up d’origine.


Ce split est au final fort dommageable. Effectivement, Songs of Love and Death est un album de metal symphonique puissant, efficace, très bien produit, aux ambiances différentes et mis en valeur par une vocaliste au talent indéniable et des musiciens inspirés. Désormais Beyond the Black officie dans une pop metal sympho qui ne conviendra pas aux puristes. Si vous êtes nostalgiques de l’époque où Nightwish n’abusait pas des orchestrations et de l’époque ou Within Temptation régnait de main de maître sur le genre, jetez vous sur Songs of Love and Death, vous ne le regretterez pas.



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