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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 21 septembre 2018
Sa note : 15/20

LINE UP

-David Unsaved
(chant+guitare+claviers)

-Serj Shangelia
(guitare+ claviers)

A participé à l'enregistrement :

-John Devos
(batterie)

TRACKLIST

1) End of the Circle
2) The Withering Part I -Of Hollow Us
3) The Withering Part II -Of Long-Dead Stars

DISCOGRAPHIE


Ennui - End of the Circle
(2018) - death metal doom metal funeral, bien gras - Label : Non Serviam Records



Question presque métaphysique : est-il humainement possible de ne PAS commencer la chronique d’un travail du groupe s’appelant ENNUI par une blague de merde ? J’aurais tendance à dire que non. En tout cas, voici ma modeste contribution au Grand LOL Cosmique: Ennui est un duo de funeral doom géorgien (ça, c’est vrai), formé de l’ex chanteur de Grosse Daube (ça, c’est LOL) et du guitariste de Musique Peyrave (pareil du LOL). Ben oui quoi, c’est pas parce qu’on aime les groupes obscurs qu’on ne peut pas être un sacré boute-en-train. Invitez-moi dans vos soirées, je mets une ambiance de feu !

Alors, on pourrait penser que les gars ne bitent rien au français et ont choisi ce nom parce que ça sonnait bien en géorgien. Mais non, ils sont CONSCIENTS de l’effet notoirement anti-teasing du nom de leur groupe, puisque, sur Metal Archives, on peut lire: « Ennui is French for boredom ». Donc bravo à eux, pour combattre les pratiques consuméristes dérivée du marketing et/ou leur sens de l’autodérision. Parce que le pire, dans toute l’histoire, c’est que le funeral d’Ennui n'est PAS ENNUYEUX, vous comprenez ? Enfin, bon, pas ennuyeux, pour des fans de doom. Les metalleux allergiques à l’extra-lent peuvent aller voir ailleurs, ce n’est pas le passage en blast d’"End of the Circle" (la fin du cercle… les gars aiment bien les paradoxes apparemment…) qui les fera changer d’avis. Les amateurs de Shape of Despair et des premiers Ahab, eux, feraient bien de ne pas passer leur chemin. Ennui – purée, j’ai du mal à écrire le nom… crée un univers sur les bases dressées par Angels of Distress et Monotony Fields, et le colore en noir foncé, façon The Call of the Wretched Sea.
Il y règne un certain feeling nostalgique très proche de celui de SoD [ndlr : à ne pas confondre avec le side-project des mecs d'Anthrax], mais Ennui élimine toute trace de tendresse: les guitares dissonantes et cristallines remplacent les chœurs chers à nos Finlandais et nous ramènent plus du côté des marins allemands au ciré noir. Le mélange fonctionne de manière merveilleuse sur le titre éponyme, où les quelques variations de tempo et la mélancolie qui émane de la chanson nous tiennent en haleine tout le morceau durant – c’est-à-dire pendant plus d’une demi-heure... La suite est très correcte, mais un poil moins emballante. La première partie de "The Withering", qui affiche vingt minutes au compteur, démarre par une lente montée en puissance, comme sur "Quiet These Paintings Are" une fois passé l’intro, mais on a plus tendance à décrocher. La seconde partie du titre (encore vingt minutes) commence également d’une manière un peu monotone (Fields) mais s’améliore au fil du temps, et la montée de tension finale conclut d’excellente manière un album inégal, mais tout de même très savoureux.


Imaginez une chronique de ce groupe rédigée par S1pho ou notre confrère CGlaume alias lapin jaune… Vu leur addiction aux calembours* et autres jeux de mots foireux, je vous laisse imaginer la catastrophe. End of the Circle est une œuvre qui vaut essentiellement pour un premier morceau dantesque et une fin également très réussie, le reste étant un ton en-dessous. Si vous n’en pouvez plus d’attendre la successeur de Monotony Fields ou si vous rêvez d’un improbable retour d’Ahab au funeral de ses débuts, tentez le coup.


*le nom du batteur les aurait à coup sûr grandement inspirés...



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