17996

CHRONIQUE PAR ...

132
Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 21 septembre 2018
Sa note : 10/20

LINE UP

-Jennifer Haben
(chant)

-Chris Hermsdörfer
(chant+guitare)

-Tobias Lodes
(chant+guitare)

-Stefan Herkenhoff
(basse)

-Kai Tschierschky
(batterie)

Ont également participé à l'enregistrement:

-Kammercjor Vela Cantamus
(chœurs) 

-Billy King
(chœurs)

-Miro Rodenberg
(claviers)

-Corvin Bahn 
(claviers)

Sandro Friedrich
(flûte)


TRACKLIST

1) Hysteria
2) Heart of the Hurricane
3) Through the Mirror
4) Million Lightyears
5) Song for the Godless
6) Escape from the Earth
7) Beneath a Blackened Sky
8) Fairytale of Doom
9) My God is Dead
10) Dear Death
11) Scream for Me
12) Freedom
13) Breeze
14) Echo from the Past (bonus)
15) Parade (bonus)

DISCOGRAPHIE


Beyond The Black - Heart of the Hurricane
(2018) - metal symphonique pop metal - Label : Napalm Records



Comme bien souvent dans un style de metal défini, les nouveaux groupes sortent rarement du lot. Le metal symphonique n’échappe malheureusement pas à la règle. Cependant, de temps à un autre, un nouveau venu arrive à faire son trou. En 2006, fort du passé au sein de Within Temptation (WT) de son leader, Martijn, Delain vient redistribuer les cartes, et douze ans plus tard, les Bataves font clairement partie des leaders du courant, en compagnie de WT, Nightwish et Epica. Une décennie plus tard, en 2015 exactement, les Allemands de Beyond the Black font leur apparition dans le paysage symphonique, et doucement mais surement, s’y assurent une place de choix. En ce mois de septembre 2018, place à leur troisième livraison, Heart of the Hurricane.

Beyond the Black est emmené par la ravissante et talentueuse vocaliste Jennifer Haben.  Elle est l’âme du groupe. A la suite de la livraison de leur second album, Lost in Forever, le groupe split et la miss, seule survivante, recrute de nouveaux musiciens pour partir en tournée et ainsi promouvoir son nouveau bébé. Heart of Hurricane est donc le premier effort du nouveau line-up, et soyons franc, nous allons vite regretter l’ancien. Pourtant, tout commence bien avec la bombe "Hysteria" véritable pépite du style. Riff puissant, grosse caisse présente, refrain ultra efficace, le titre va faire un malheur assurément. S’enchaîne le single éponyme, qui fait son taff, l’intro envoie la sauce, c’est simple, rapide et relativement plaisant à défaut d’être original. Et c’est là le gros (mais alors très gros) problème de Heart of the Hurricane, dès la troisième piste (le très fade "Through the Mirror") on s’ennuie. C’est entendu et re-entendu, ça glisse tout seul comme on dit, et on commence déjà à penser à ce que l’on va préparer à manger le soir venu. L’espoir renaît vite avec "Song of the Godless", et son instrumental celtique, encore une fois peu original (surtout depuis que Nightwish en abuse) mais c’est beau, on ne peut le nier.
La suite ? Et bien c’est un enchaînement ennui-petit sursaut d’espoir. Pour le premier point, citons la ballade ridicule "Escape from the Earth", puis "Beneath a Blackened Sky" avec son intro à base de chœurs sympas (mais si on aime ça, on va aller chez Sirenia) et son refrain d'une banalité mortelle. On peut également parler de "My God is Dead" (et ses semblant de grunts) ou encore les basiques "Dear Death", "Freedom" ou "Scream for Me". Cependant, le groupe ayant un talent certain (leur première livraison Songs of Love and Death, pour un premier essai est excellent, quand Lost in Forever, son successeur, laissait déjà apparaître de la facilité, même si cela fonctionnait encore, notamment par grâce à la présence, même parcimonieuse, de grunts bien exécutés), quelques titres arrivent à nous sortir de la torpeur installée, à l’instar du tube "Fairytale of Doom" (ce refrain imparable !) ou de la sublime ballade "Breeze", véritable moment de douceur. Citons également le titre bonus "Echo from the Past", rappelant fortement Within Temptation, époque The Unforgiving (que ce soit dans la tessiture de la vocaliste, ou dans le rythme de la chanson, qui ressemble à "Shoot in the Dark"). Globalement, l’album possède, en plus des titres appréciés, quelques qualités indéniables dont La voix de Jennifer qui est simplement parfaite.
La vocaliste a plusieurs cordes à son arc, une voix lisse adaptée aux titres simples mais directs, un timbre un peu plus tiraillé (sa performance sur "Echo from the Past" est magnifique, on se demande pourquoi ce titre n’est qu’en bonus), et que dire quand elle se décide à tout donner, émotionnellement parlant, sur la sublime "Breeze" ? L’Allemande a clairement le potentiel pour devenir une grande dame du metal symphonique. On notera également le mixage et la production au top signés Miro, connu pour son travail avec Avantasia (en tant que claviériste). Mais malheureusement la simplicité des trois quarts des propositions (ce fameux couplet-refrain-couplet-refrain-pont-refrain), l’absence avérée de prise de risque (qui par conséquent nous déconnecte de l’écoute régulièrement, ou qui ne met pas en valeur les différents musiciens) nous font ressentir de l'amertume envers Heart of the Hurricane. De plus, si "Hysteria" est un excellent titre d’intro, il manque à ce nouvel effort un morceau capable de faire headbanguer n’importe quel fan de metal. Songs of Love and Death possédait "Hallelujah", Lost in Forever, lui, proposait le puissant "Dies Irae". Ici nous n’avons qu’un enchaînement de hits (plus ou moins réussis). Si l’utilisation par moment d’éléments celtiques et de chœurs est sympathique, l’album manque de changements de rythme et de diversité, et malheureusement, après plusieurs écoutes, l’envie d’y retourner est quasi absente. Seuls les titres en rouge à votre gauche, résisteront à l’épreuve du temps et trouveront une place dans une playlist à thème.

Il ne faut pas perdre espoir. Comme nous en parlions en introduction, Delain, il y a douze ans a déboulé à l’instar de Beyond the Black, et si leur qualité était à mon avis supérieure, ils ont réussi avec leur quatrième album, The Humain Contradiction, à intégrer plus de noirceur et de puissance à leurs compositions, et ainsi délaisser leur pop metal (toujours présente on s’entend mais beaucoup plus travaillée, comme sur leur excellent dernier effort, Moonbathers). Aussi, Beyond the Black n’est pas condamné, mais la troupe à Jennifer à tout intérêt à franchir un nouveau palier si elle veut atteindre le cercle fermé des groupes de metal symphonique reconnus.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6