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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 02 septembre 2018
Sa note : 16/20

LINE UP

-Max Klebanoff
(chant+batterie)

-Payson Power
(guitare)

-Derrick Vella
(guitare+basse)

-Steve Musgrave
(basse)

TRACKLIST

1) Manor of Infinite Forms
2) Blood Mirror
3) Abysswalker 
4) Final Struggle of Selves
5) Gored Embrace (Confronting Biodegradation) 
6) Chamber of Sacred Ootheca
7) Two Worlds Become One

DISCOGRAPHIE


Tomb Mold - Manor of Infinite Forms
(2018) - death metal - Label : 20 Buck Spin



Le death old-school a la côte. On ne compte plus le nombre de formations qui officient dans ce style avec plus ou moins de réussite.  Il n’est en effet pas facile de sortir son épingle du jeu, tant le genre semble éculé. Pourtant, certains parviennent à se faire remarquer, en combinant des ingrédients certes classiques, mais avec assez d’habilité pour que l’on s’intéresse à eux.

Comment Tomb Mold a-t-il donc réussi à offrir un disque qui plaira aux amateurs de metal extrême, sans se limiter aux aficionados ne jurant que par une musique crépusculaire ? Ou pour le dire d’une autre manière, qu’est-qui fait un bon album de death ? Commençons par décrire la bête. Un coup d’œil rapide à l’artwork ne laissera planer aucun doute quant à la teneur musicale présentée ici. Une telle pochette aurait pu orner la discothèque d’un fan du style dès le début des années 1990. Tomb Mold prouve une fois encore son amour entier pour le death, jusque dans l’imagerie qu’il utilise. Puis vient le temps de l’écoute. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec les Canadiens, rappelons que ce deuxième album fait suite à un premier méfait paru seize mois auparavant. L’on y découvrait un death racé de grande qualité, exécuté par un duo inspiré, Max Klebanoff et Derrick Vella. Ayant décidé de doubler leur effectif, la paire est désormais accompagnée par un guitariste supplémentaire et un bassiste. Si vous êtes déjà tombés sous le charme de Primordial Malignity, vous ne pourrez que succomber à la virulence de Manor of Infinite Forms.
Les deux sorties sont du même acabit. Comprenez que les grandes qualités du premier album sont ici encore présentes. Quel plaisir d’entendre des riffs d’une lourdeur assumée, au-dessus desquels viennent se greffer des vocaux abyssaux, venus du plus profond des enfers ? Max Klebanoff éructe ses paroles avec caractère. Sans trop en faire, il parvient à instaurer un climat d’outre-tombe qui sied à merveille à l’ensemble de l’œuvre. Quant aux riffs, ils sont une fois encore délicieusement lourds. Simples et efficaces à la fois, ils feront travailler à coup sûr vos cervicales. Les guitares laissent parfois échapper quelques mélodies bien senties, qui ne sont pas sans rappeler les pontes de la scène suédoise. Les quelques soli sont sommaires mais parfaitement placés, comme sur "Blood Mirror" ou "Chamber of Sacred Ootheca". La section rythmique alterne entre passages oppressants et allure plus vive, ce qui apporte une diversité bienvenue aux compositions, comme sur le titre éponyme ou sur "Final Struggle of Selves", pour ne citer qu’elles. La production rend justice aux sept titres offerts par Tomb Mold. Elle est signée Arthur Rizk, batteur d’Eternal Champion et guitariste de Sumerlands, responsable, entre autres, du son si particulier des thrashers de Power Trip.

Une pochette explicite ? Ok. Une musique assez simple mais d’une efficacité redoutable ? Ok. Des vocaux d’outre-tombe et monolithiques ? Ok. Une production qui rend l’ensemble des plus puissants ? Ok.
Le second album des Canadiens est donc une grande réussite. Les férus de death caverneux sont déjà conquis. Quant aux autres, laissez-vous tenter par Manor of Infinite Forms, un condensé de death à l’ancienne qui ne devrait pas vous laisser insensible.



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