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CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 16 mars 2008
Sa note : 9/20

LINE UP

-Marcus Jürgens
(chant)

-Torsten Ihlenfeld
(guitare)

-Milan Loncaric
(guitare)

-Andreas Mailänder
(basse)

-Dieter Bernert
(batterie)

TRACKLIST

1)MCMXCVIII
2)Holy War
3)Here Comes the Pain
4)Voices
5)The Healer
6)Don't Stop Believing
7)Heart of Hate
8)Rebellion
9)For the Love of Money
10)Love is a Lie
11)Into the Fire
12)Dog Days Coming Down

DISCOGRAPHIE


Brainstorm - Unholy
(1998) - heavy metal - Label : B.O. Records



On prend les mêmes et on recommence ! A peine 1 an après ses premiers pas discographiques, Brainstorm propose déjà son second effort, s'appuyant sur les défauts de son prédécesseur. Un son bien meilleur (production Charlie Bauerfeind oblige), un chanteur lui aussi en très nette progression : tout se présentait sous les meilleurs auspices. Seul hic, mais de taille : en se focalisant sur la forme, Brainstorm a manifestement oublié de composer des bons titres. On ne peut pas tout avoir…

Les 2 minutes d'intro vaguement symphoniques laissaient pourtant entrevoir quelque chose de plus fouillé que ce que Brainstorm avait proposé sur Hungry. Las ! Un premier titre désespérément classique, à base de rythmiques tagada et de refrain guerrier, annonce la couleur et tue tout suspens dans l'œuf. Le peu d'espoir restant est annihilé par le morceau suivant, "Here Comes the Pain", du bon gros heavy sans une once d'imagination. Aïe aïe aïe ! Cette impression viendra hanter tout l'album, ramenant Unholy au niveau des pâquerettes dès que l'album essaiera de déployer ses ailes. Comment signer un bon album en mélangeant mid tempo balourds ("Love is a Lie") avec des compos speed complètement stériles comme "The Healer" ou "For the Love of Money" ? D'autant que cette dernière est affublée par-dessus le marché de paroles bien nazes (« For the love of money, your greed is all in vain… it's driving you insane »), un problème récurrent sur cet album. Celles de "Voices" ne sont guère mieux, mais la palme revient quand même à "Into the Fire" et son inénarrable « Into the fire we burn ». Apparemment, les sinistres Charly et Lulu ont fait des émules outre-Rhin !

Bizarrement, si par la suite, Brainstorm a fait d'un power metal ultra classique sa marque de fabrique, c'est au contraire en sortant légèrement des sentiers battus qu'Unholy trouve tout son intérêt. Et ce sans forcément chercher à expérimenter à tout-va. Non, il suffit juste d'un pré-refrain groovy par ici ("Voices", même si le refrain manque quelque peu le coche), de lignes de chant scandées différemment ("Don't Stop Believing") par là, et le tour est joué. Autre piste que Brainstorm aurait pu davantage explorer, celle d'un metal plus lourd, plus sombre. Seul représentant de cette mouvance, un "Rebellion" particulièrement réussi, notamment ce refrain qui met en valeur l'organe de Jürgens qui peut enfin étaler les progrès réalisés. Autre OVNI, "Dog Days Coming Down", qui voit Brainstorm s'essayer au speed mélodique, et avec succès en plus ! Passée une intro vaguement médiévale, le groupe nous entraîne dans une danse sautillante parfaite pour s'extirper des réveils difficiles. Voilà autant de raisons de regretter le choix trop frileux des Allemands, qui se contentent de balancer un heavy classique qui ne tire finalement son épingle du jeu qu'avec l'impeccable "Heart of Hate".


Bref, au vu de ce second album, pas vraiment d'avancée notable pour Brainstorm. Au contraire même, on sent plutôt une certaine régression du fait de la disparition de la fraîcheur du premier opus, remplacée ici par un professionnalisme impersonnel. Si la prise de risques n'a jamais constitué l'ambition première de ce groupe, cela n'empêchait pas une certaine efficacité qu'on ne retrouve pas cette fois. Fort heureusement, la suite allait prouver que ce manque d'inspiration n'était que passager. Circulez, y a (presque) rien à voir...


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