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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 27 juillet 2018
Sa note : 18/20

LINE UP

-Daniel Gildenlöw
(chant)

-Roine Stolt
(guitare)

-Tom Brislin
(claviers)

-Jonas Reingold
(basse)

-Marco Minnemann
(batterie)

Ont également participé à l'enregistrement:

-Casey McPherson
(chant)

-Jon Anderson
(chant)

-Jordan Rudess
(piano)

-Rob Townsend
(saxophone)

-Steve Hackett 
(flûte)

TRACKLIST

Disque 1

1) Ashes of Down
2) They Know My Name
3) The Void
4) An Eye for an Eye for an Eye
5) Goddbye
6) Sea Without
7) Broken Cord
8) The Hidding of the Truth

Disque 2

9) The Roaring Silence (bonus track)
10) Where Are You Going (bonus track)
11) Time (bonus track)
12) Denise (bonus track)

DISCOGRAPHIE


The Sea Within - The Sea Within
(2018) - rock prog - Label : Inside Out Music



Quel est le point commun entre Pain of Salvation, The Flower Kings, Transatlantic, Steven Wilson, Joe Satriani et Yes ? En dehors du fait qu’ils fassent partie du fleuron du rock/metal progressif ? Il s’agit de The Sea Within évidemment, ce nouveau super projet, forme de all star du rock prog, passé relativement inaperçu par chez nous malgré un line-up qui devrait faire frétiller tout fan du style. La question que j’ai pu me poser (et vous allez peut-être faire de même) est de savoir ce que peut apporter ce super groupe. Et bien mes amis, si vous aimez le genre, si vous aimez le jazz et que vous aimez le timbre de Daniel Gildenlöw, votre album de l’année, c’est celui-ci.

Petit retour en arrière. The Sea Within germe dès l’automne 2016 dans l’esprit de Roine Stolt (guitariste et chanteur suédois, figure emblématique du rock local et membre, notamment, de Kaipa et The Flowers Kings). Il est rejoint par son compatriote et bassiste Jonas Reingold (Midnight Sun, entre autres, et producteur de Transatlantic ou encore The Flower Kings). Très rapidement se greffent le claviériste américain Tom Brislin (connu pour son travail avec le groupe Yes) et le batteur allemand Marco Minnemann (Levin Minnemann Rudess, The Aristocrats, Steven Wilson, Joe Satriani). S’en suit la recherche de la voix qui portera le projet. Cela ne prend que très peu de temps, Stolt ayant déjà collaboré avec Daniel Gildenlöw (Pain of Salvation) et trouvant sa voix dynamique. Notons l’ajout dans le line-up du chanteur et guitariste Casey McPherson du groupe Flying Colors engagé pour la future tournée (bien qu'il pose sa voix sur deux titres de l'opus) afin de combler l’absence de Daniel, occupé avec son groupe principal. Après six mois de studio, de guests venant enregistrer, (Jordan Rudess de Dream Theater au piano ainsi que Rob Townsend et Steve Hackett (ex-Genesis), respectivement au saxophone et à la flûte), The Sea Within débarque dans les stores en cette fin juin 2018 et le combo part sur les routes à partir de mi-juillet. D’un point de vue musical, le quintet définit sa musique comme impossible à décrire ! L’éclectisme de tous les membres a contribué à l’élaboration du projet dans lequel on retrouvera, en dehors du rock progressif, du jazz, de la musique classique, du heavy rock, du folk ou encore de la pop. C’est cette diversité qui va rendre ce disque fabuleux: d’une froideur déconcertante au début mais qui, après des écoutes à tête reposée, s’avère d’une intensité, d’une beauté et d’une richesse remarquables et comme on en entend rarement. Partons désormais à l’intérieur de ce monde maritime, qui par ailleurs, nous offre un visuel magnifique.
A l’annonce du projet, les sceptiques et leurs doutes ont fleuri sur la toile. Concrètement, certaines pistes peuvent effectivement sembler formatées et répondre à un simple cahier des charges de la musique progressive. Par exemple, "An Eye for An Eye for an Eye", dont il m’a fallu beaucoup de temps pour l’apprécier à sa juste valeur,  "The Void", assez passe-partout, ou encore les quatre titres bonus (sur un second cd) qui disons-le clairement sont en dessous du disque principal hormis Denise, mais nous y reviendrons plus tard. En dehors de tout cela, The Sea Within est un quasi sans faute. Cela démarre en trombe avec le fabuleux "Ashes of Down", sorte de synthèse du projet. Le titre est un rock prog mélodique avec une pointe de jazz, sublimé par la voix inimitable de Daniel. Le solo est efficace, sans en faire des tonnes, tout est savamment dosé, notamment la basse que l’on perçoit distinctement mais sans qu’elle ne prenne trop de place. C’est une des caractéristiques de cette œuvre, aucun instrument n’est en retrait, tout est distinct, et tout amateur de musique s’en réjouira. On note également un gros travail de Minnemann sur la batterie, tout particulièrement sur le fameux "An eye for an Eye for an Eye" où son jeu est carrément bluffant (on se croirait tomber dans le merveilleux film Whiplash  de Damien Chazelle). The Sea Within, ce sont des tempo différents au fil des morceaux. "They Know my Name" se déroule doucement au fil des secondes et au gré du saxophone, "Goodbye" se rapproche plus de la ballade rock, c’est simple, beau, doux et déchirant avec un pont de toute beauté mêlant les apports de tous les instruments. Après ce titre, petite pause instrumentale avec l'étonnante "Sea Without", très groovy. Typiquement le genre de morceau qui ne s’écoute pas individuellement mais indispensable dans l’œuvre considérée dans son intégralité. Elle débouche sur les quatorze minutes de "Broken Cord", un titre qui est tout simplement la définition de la musique progressive (qu’elle soit rock, metal ou autre) avec sa montée en puissance et cette tension, si caractéristique. La première moitié s'élève comme un titre de rock, tout ce qu’il y a de plus classique, vient ensuite un pont, dans la veine de celui de "Goodbye" qui met à l’honneur l’ensemble des musiciens, et puis ce final mené par un Daniel définitivement au sommet de son art, sur un fond aérien et planant. La perfection, tout simplement. "The Hidding of the Truth" conclut en douceur ce surprenant et magique moment de musique.

L’écoute de The Sea Within est une expérience à ne pas manquer et qui dépasse le simple amour pour le rock progressif (qui, par exemple, n’est pas mon style de prédilection). Tout est parfait ici. Les musiciens sont tous mis en avant et remplissent leur rôle avec talent, en particulier Daniel Gildenlöw dont peu de chanteurs peuvent se prévaloir d'égaler les performances.  On oubliera très volontiers deux petits défauts. "The Void" en dessous du reste, et trois titres bonus qui n’apportent vraiment pas grand-chose. Je dis bien trois, car "Denise", dernière piste du second disque est juste une merveille d’émotion et je ne peux conclure cette chronique sans la mentionner. La mélodie, les paroles et le chant sont tristes, graves, le tout agrémenté d'une légère orchestration. « My Love, please remember who I was [...] Denise, have I told you, I won’t be back ». Cela fait écho à ce que le groupe a expliqué à savoir, qu’à priori, ce disque sera malheureusement, le seul et l’unique.


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