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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 14 juin 2018
Sa note : 15/20

LINE UP

-Kevin Kazek
(chant)

-Nicolas Pélissier
(guitare+claviers)

-Vianney Habert
(basse)

-Thomas Das Neves
(batterie)

TRACKLIST

1) Intro: Appetite
2) Act II, Scène 2: My Soul's Idol
3) Interlude: Nymph
4) Act III, Scène 1: Hidden Desire
5) Act III, Scène 2: Behind the Mask
6) Act IV, Scène V: Her Majesty of Flowers, Act IV, Scène 7/ Act V, Scène 1: The Bramble's Litany
7) Pt.1: The Devil Takes Thy Soul
8) Pt,2: Crown of Thorns
9) Pt.3: After
10) Outro: The River Lamentations

DISCOGRAPHIE


Seyminhol - Ophelian Fields



Ce qui est bien avec le metal, c’est qu’il est un monde de découverte permanente, on ne se lassera jamais et on finit toujours par découvrir de nouveaux groupes, voir même des anciens. C’est mon cas avec les français de Seyminhol, collectif lorrain, existant depuis une bonne vingtaine d’années et n’hésitant pas à prendre des risques, tant la direction musicale change au fil du temps, mais toujours imprégnée de concepts forts. Les Mosellans nous proposent une aventure dans le monde d’Hamlet avec leur nouvelle offrande, Ophelian Fields.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Seyminhol a vu le jour en 1989, tout d’abord sous le nom de Spirith. Initialement, la bande officie dans un genre rock alternatif avant de peaufiner son style au fil des différentes sorties et des nombreux changements de line-up. Car Seyminhol, c’est d’abord la passion de ses membres. Entre conflits judiciaires, oppositions de style, la route de la troupe ne fut pas de tout repos. Mais s’ils peuvent nous proposer aujourd'hui une nouvelle offrande, c’est grâce à un talent indéniable qui leur a permis de sortir des albums de qualité au fil des années, quitte à prendre les fans de court. Ov Asylum avait par exemple énormément fait jaser les fans, tant ceux-ci ont complément été déconcertés par le style proposé, se rapprochant du thrash par moment, là où les précédents, qui ont fortement participé au succès des lorrains, concouraient dans le style viking/heavy symphonique. Mais la passion est là et si de nouveaux conflits entre les musiciens éclatent alors, Seyminhol n’en est pas à la fin de son aventure pour autant, puisqu'il proposera par la suite l’œuvre intitulé The Wayward Son (2013). Cette nouvelle livraison est l’adaptation musicale d’Hamlet de Shakespeare. Fort de ses dix-neuf titres, cette œuvre permettra au groupe de refaire parler de lui, d’assurer sa présence dans quelques festivals et de jouer en première partie d’Evergrey. Le succès critique est au rendez-vous et bien que le quatuor subisse encore quelques changements de line-up, Nicolas, pierre angulaire du projet depuis le début des années 2000 continue sur sa lancée pour proposer à présent la suite de Wayward Son, à savoir Ophelian Fields. Nous sommes toujours dans l’histoire d’Hamlet, mais sous l’angle de la figure féminine qu’est Ophélie.
Je ne vais pas vous cacher que l’approche de cette deuxième partie du concept est assez particulière, car Seyminhol intègre de nombreuses références et s’exerce sur plusieurs styles. Si l’ensemble tend vers le metal progressif (on peut citer Pain Of Salvation, au vu de l’intensité et de l’émotion de certains titres, notamment l’excellent "My Soul’s Idol"),  Ophelian Fileds flirte par moments avec le heavy symphonique ("The Devil Takes My Soul"). Au fil des écoutes, on perçoit des références à Stratovarius (le single "Behind the Mask"), voire même à Rhapsody ("Hidden Desire"), mais sans jamais tomber dans le plagiat. Si les paroles ont évidemment énormément d’importance pour soutenir le concept album, la musicalité n’est pas oubliée grâce à de nombreux passages instrumentaux agrémentant l’expérience musicale des lorrains. "Appetite" renoue avec le style présent sur l’époque Northern Recital, "Nymph" apporte un changement de rythme dès le premier tiers de l’album, la surprise est donc de mise assez rapidement, ce qui permet à l’auditeur de ne pas décrocher. Les deux premiers tiers proposent ainsi un enchaînement de metal prog teinté de mélodies et d’apports symphoniques qui ne peuvent que réjouir l’amateur de ce style que je suis. On peut se trouver cependant plus circonspect sur le final ("Crown of Thorns"-"After"-"The River Lamentations"), un peu plus brut et barré, sans être pour autant dénué d’intérêt. D'un point de vue technique, tout est parfaitement exécuté. Tous les instruments sont bien mis en avant, on regrettera cependant une production un peu en deçà - l'ouvrage aurait mérité mieux. Mais pour cela, le public doit répondre présent et permettre au groupe de franchir les étapes, gagner en notoriété et trouver un label « imposant » qui pourrait leur mettre à disposition des moyens supplémentaires. Vocalement, c’est également très bien exécuté, pas de faussetés ni de notes non maîtrisées, on soulignera juste le petit accent français de Kevin dès le départ, mais qui apporte au final un certain charme à l'ensemble. On saluera également la présence de la talentueuse Marion Lamita Peubey sur "Crown of Thorns". Enfin, un petit mot sur un visuel magnifique, en accord avec le thème, sans être surchargé.


Ophelian Fields est un album riche, complexe, truffé d’influences parsemées avec parcimonie ici et là. Une œuvre intéressante et réussie, grâce à sa structure, à une technique et à une émotion parfaitement maitrisées. Pour ma première expérience avec les Mosellans, c’est une franche réussite et je ne peux que vous conseiller de vous y plonger sans attendre. On peut dès lors se demander vers quelle évolution Seyminhol va s’orienter vers sa future création. En espérant que les problèmes de stabilité soient définitivement derrière le groupe. Une bien belle découverte.


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