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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 13 juin 2018
Sa note : 14/20

LINE UP

-Terence Holler
(chant)

-Eugene Simone
(guitare)

-Rudj Ginanneschi
(guitare)

-Alessio Consani
(basse)

-Raffahell Dridge
(batterie)

TRACKLIST

1) Cracksleep   
2) Reset   
3) Deep Frost   
4) Aberration of Nature   
5) My Breath   
6) Silent Corner   
7) As the Night Crawls In   
8) Voices Calling   
9) Staring at the Ceiling   
10) Night Feelings   
11) Hidden Friend

DISCOGRAPHIE


Eldritch - Cracksleep
(2018) - metal prog mélodique - Label : Scarlet Records



Plus de vingt ans déjà qu’Eldritch existe. Les voilà avec leur onzième opus, Cracksleep. Bien évidemment, la musique et le line-up ont évolué avec toutes ces années. Cependant, stabilité oblige, cet album est dans la lignée du précédent. Mélange de metal progressif, de heavy, de thrash et de power metal, la galette produit une musique assez difficile à définir en soit. Après deux décennies de bons et loyaux services, les transalpins ont forgé leur style.

Eldritch fait partie des groupes de metal progressif accrocheurs, toujours à l’affût de la petite mélodie qui reste en tête. Si vous avez peur de la musique technique et millimétrée, pas de souci ici. La musique est limpide, fluide et pleine d’évidences. On alterne entre gros riffs, solos riches en harmonies et refrains à l’efficacité variable. Clairement, Cracksleep saisit l’oreille. Et si les morceaux tournent autour des cinq minutes, l’évidence y règne. Du coup, c’est plutôt l’aspect mélodique qui pourrait rebuter un peu. Piano, chant clair aérien… Les plus gros metalleux d’entre vous vont rejeter le tout en bloc. Pourtant, basé sur le thème de l’insomnie, l’album possède une part sombre non-négligeable. Un peu d’agressivité par ci, une accélération de tempo par là… De quoi éviter l’ennui. Car les refrains ne sont pas géniaux et peuvent vite lasser. Il faudra passer cet écueil pour apprécier pleinement la musique du groupe, qui trouve sa force ailleurs. C’est dans la construction et l'articulation des pistes que réside l’intérêt du CD. Ainsi, on fait les montagnes russes : on s’enthousiasme aux premières écoutes par l’aspect accrocheur, puis on s’en lasse et c’est la richesse cachée des morceaux qui vient nous saisir de nouveau.

L’un des points forts des Italiens réside dans les guitares. Alors qu’elles paraissent assez communes au départ, elles sont finalement très variées dans les riffs proposés. En arrière-plan, elles font le boulot et proposent des choses intéressantes. Même constat pour les solos qui paraissent un peu bateau aux premières écoutes. Aux mélodies un peu faciles, ils sont en fait toujours plein d’à-propos et enrichissent considérablement les morceaux. Cependant, cela ne suffit pas à transcender réellement ce Cracksleep. La musique d’Eldritch manque de génie. Il y a des passages vraiment bien foutus, d’autres beaucoup moins et il manque de véritables tueries pour transformer l’essai. Bref, c’est le genre d’album que l’on peut prendre en affection et écouter de temps en temps avec plaisir ou passer complètement à côté et le trouver navrant de banalité. Pourtant, le groupe met les moyens avec une production largement au niveau. Mais il manque quelque chose. Les refrains, systématiquement mélodiques et pas toujours réussis participent activement à cette lassitude. Et quand "Hidden Friend" arrive en dernier, avec son émotion contenue, c’est la grâce qui touche enfin le groupe. Quelle frustration !

Cracksleep est un album difficile à appréhender. À la fois enthousiasmant, bien foutu, énervant et lassant, le CD laisse un goût d’inachevé. Le groupe aurait été jeune, on aurait pu se féliciter de leur potentiel, mais après vingt ans de musique ? La marque de la maturité des Italiens ? En tout cas, ils ont gardé un sacré enthousiasme et, finalement, il est communicatif.


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