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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 08 juin 2018
Sa note : 18/20

LINE UP

- Paul Kearns
(chant)

- Andy Whittaker
(guitare)

- Richard M. Walker
(guitare)

- Ian Buxton
(basse)

- Rick Budby
(batterie)

TRACKLIST

1) III
2) To Sol a Thane
3) Beheld, a Man of Straw
4) White Horse Hill
5) For All Days, and for None
6) Under Waves Lie Our Dead
7) Gallow Fen

DISCOGRAPHIE


Solstice - White Horse Hill
(2018) - heavy metal doom épique - Label : Dark Descent



Certaines formations connaissent un succès rapide et une renommée mondiale, sans pour autant que l’on comprenne parfois pourquoi. Et d’autres passent malheureusement sous les radars, alors qu’elles se damnent à offrir des disques de qualité. C’est le cas de Solstice, groupe qui nous intéresse aujourd’hui.

Il faut donc rappeler à tous l’histoire de ce collectif, créé en 1990. Après un premier album de doom épique sorti en 1994, Lamentations, qui n’est pas sans évoquer Candlemass, voire Solitude Aeturnus, le leader Rich Walker, décide de remettre le couvert quatre ans plus tard, en ayant au passage changé de personnel. New Dark Age, mix de doom et de heavy épique teinté d’inspirations médiévales, aura éveillé la curiosité de certains et deviendra objet d’un culte, réél, bien que somme toute discret. Il faudra attendre vingt années supplémentaires, pour voir Solstice accoucher de son troisième opus longue durée. Le groupe n’a cependant pas chômé, sortant une fois encore une avalanche de démo, split et EP, parmi lesquels Death Crown Is Victory qui a vu le jour en 2013, salué fort justement par la critique. Mais rien ne laissait présager pour autant un retour aux affaires aussi remarquable. Force est de constater que les Britanniques ont su prendre leur temps et que l’attente des fans a été récompensée. En effet, White Horse Hill s’annonce comme une pierre angulaire de la discographie de Solstice, mais également comme l’une des meilleures choses de cette année 2018. Difficile de ne pas succomber aux compositions aussi nobles que celles présentées ici. Rich Walker a su mettre à profit tout son talent,  en faisant évoluer son projet, ne se contentant pas de s’auto-plagier. Plus heavy que doom, ce troisième disque est un véritable bijou, qui demande de la patience pour révéler toutes ses richesses.
Après une courte introduction, le ton est donné. L’excellent "To Sol A Thane" vous emmène pour huit minutes d’une musique épique à souhait. Les riffs sont lourds et mélodiques à la fois. Débarque alors  la voix si particulière de Paul Kearns, qui tient le micro depuis désormais onze ans. Sa prestation sera d’ailleurs superbe sur la totalité des titres. Il est cependant possible que son timbre assez singulier, quasi-théâtral, puisse en rebuter certains. Je ne saurais que trop leur conseiller de s’accrocher et de tenter encore et encore l’aventure. S’ils parviennent à entrer dans l’univers de Solstice, il y a fort à parier qu’ils ne seront pas déçus et apprécieront la grandiloquence de l’ensemble. Le travail d’écriture a été des plus minutieux. Les harmoniques entre les guitares sont finement amenées, tandis que la section rythmique soutient le tout de fort belle manière. Le morceau éponyme est le plus heavy, la formation montrant qu’elle peut également muscler son jeu, tout en gardant sa capacité à insuffler une aura épique. Cet aspect se retrouvera dans le plus lent "Under Waves Lie Our Dead", dont les douze minutes passent avec une aisance remarquable. Les titres les plus conséquents sont entrecoupés de pièces plus posées, à l’instar de l’excellent "For All Days, and for None". En seulement quarante-six minutes les Anglais sont parvenus à exaucer les rêves de leurs plus ardents admirateurs : proposer un album au moins aussi bon que New Dark Age, chose pourtant peu aisée, mélodique et épique au possible.


Solstice est un grand groupe. Son leader un compositeur hors-pair. White Horse Hill est un album qui comptera à n’en point douter quand sera venu le temps de faire le bilan de l’année musicale 2018. Gageons que la formation saura être reconnue à sa juste valeur par un plus grand nombre et qu’elle n’attendra pas vingt années supplémentaires pour donner un petit frère à ce grand disque.


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