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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 06 juin 2018
Sa note : 16/20

LINE UP

-Andu Anches
(chant+basse)

-Marcel Rusu
(chant+guitare)

-Mario Ioanici
(guitare)

-Alex Tarocco
(batterie)


TRACKLIST

1) OCD (Let’s Start A War)
2) Hybrid High Breed
3) As Long As You See The Sky
4)
The Disciples
5) The Limits Of Hate
6) Under The Black Flag
7) Psychotherapy
8) They Will Fall
9) Awake 17

DISCOGRAPHIE

Hybrid (2018)

Krepuskul - Hybrid
(2018) - death metal thrash metal moderne - Label : MSH Music Group



Je ne sais pas vous, mais si j’étais roumain je jouerais du black metal. Un truc bien glauque avec des textes sur les vampires. Fuyant le déterminisme national, venus tout droit de Transylvanie, Krepuskul prend un autre chemin avec un metal moderne plein d’autorité puisant ses inspirations chez Machine Head ou Sepultura… Ça sent le reniement des origines tout ça…

Il a fallu un peu de temps au groupe pour sortir une nouvelle galette. Hybrid porte ainsi bien son nom tant il mélange les genres. D’ailleurs, les Roumains caractérisent leur musique comme un « powerful modern metal ». Voilà qui leur correspond parfaitement ! Ils sont ainsi dans la lignée de ces groupes qui tentent une fusion des styles de metal historiques. On pense à Machine Head (qui est cité par le groupe), mais aussi à Trivium, période Shogun. Le groupe ayant tourné avec Dark Tranquility ou encore Arch Enemy, quelques relents de melodeath subsistent, mais ils restent légers. Krepuskul développe avant tout un metal couillu qui sent bon la testostérone. S’ils s’autorisent des passages mélodiques, il n’y a aucune trace de mauvais goût chez eux. C'est toujours pertinent et plein d'à-propos. Les musiciens fonctionnent au diapason et fournissent des morceaux pleins d’autorité, portés par un chant de gros niveau. On a droit à toute une panoplie, du growl caverneux au chant clair, en passant dans la gueulante éraillée. Et l’accent de l’Est apporte parfois même un petit plus ("Psychotherapy")... Par moments, on a l’impression d’entendre Rob Flynn hurler, mais dans le bon sens du terme. En soi, c’est un chant exceptionnel qui nous est proposé, puissant, varié et accrocheur.

Si la partie vocale se remarque rapidement, le travail du reste de la formation aussi. Les guitares, qui balancent des riffs parfois assez simples (et essentiellement rythmiques), se rattrapent par quelques leads mélodiques inspirés. C’est surtout dans le détail (et donc avec le temps) qu’on se rend compte de la minutie de composition. Au-delà des guitares, la rythmique suit le mouvement. Une belle alchimie de groupe ! Et on est parfois surpris de la fluidité de l’ensemble. Hybrid multiplie les changements de tempos. Capable de balancer un lead mélodique puis un gros riff lourd et enchaîner avec un rythme saccadé, Krepuskul maîtrise très bien ses compositions. En cela, "As Long As You See The Sky" est un modèle. Son introduction fait passer l’auditeur par des riffs très différents et pourtant tout semble naturel. Cette capacité de ne pas être prévisible tout en étant efficace fait la force de cet album. Ainsi, dès le premier véritable morceau, "Hybrid High Breed", les Roumains nous proposent un refrain inattendu là où ils auraient pu balancer un passage mélodique bien accrocheur. Cette tendance à ne pas chercher la facilité est louable et fait aussi le sel de l’album. Mais ce dernier aurait été excellent sans certains passages répétés à l’excès. Les trois meilleurs morceaux subissent la même loi. Un passage répété avec coupure à la fin… Et on repart. Trop souvent. Ça lasse et transforme de sacrées tueries en très bons morceaux. Une lubie qui fait du mal à la galette. Il faudra passer sur cet écueil.

Krepuskul nous propose un album moderne, plein d’autorité et de personnalité. Il y a du talent, une belle osmose de groupe… Les morceaux sont suffisamment riches pour que l'on apprécie d'autant plus la musique au fil des écoutes. Mais on sent qu’il manque un petit quelque chose pour que le groupe explose littéralement. On pourrait dire que les Roumains ont un sacré potentiel, mais ce serait leur faire offense : leur potentiel est déjà bien exploité. À écouter et à suivre.


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