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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 13 juillet 2018
Sa note : 16/20

LINE UP

-David Maxim "Bilo" Micic
(chant)

Guests :
- Vladimir Lalic
(solo chant sur "Disorder")

-Aleksandra Djelmas
(backing)

-Nick Johnston
(solo guitare sur "Disorder)

-Larissa Terescenko
(violon sur "Develop")

-Drasko Popovic
(violoncelle)




TRACKLIST

1) Define
2) Develop
3) Disorder
4) Devise

DISCOGRAPHIE

Bilo 3.0 (2013)
EGO (2015)
ECO (2015)

(2015) - electro metal prog Djent expérimental - Label : Autoproduction



En ce mois de juin 2018, il y a un évènement auquel vous n'avez pu échapper, quelle que soit votre classe sociale, votre origine, ou votre profession. Oui, la coupe du monde de football en Russie, un évènement majeur, quoi que vous puissiez en penser. Et pour ceux qui ne sont pas très portés sur le ballon rond, je vous emmène donc la découvrir sous un autre angle, celui de la musique, avec la découverte d’un groupe musical par poule de qualification. Aujourd’hui place au groupe E avec la Serbie, épisode 1.

Si vous voulez décemment aborder le thème du metal et de la Serbie, vous ne pouvez absolument pas vous permettre de passer à côté de ce groupe. Enfin, disons plutôt, de cet homme : David Maxim Micic, alias « Bilo ». Né à Dubrovnik, en Croatie, mais résidant dans la capitale serbe Belgrade, ce multi-instrumentaliste est tout simplement diplômé du Berklee College of Music, au même titre que d’illustres noms tels que Steve Vai ou encore la plupart des membres du groupe progressif Dream Theater. Excusez du peu. A côté de ça, l’énergumène peut aussi se targuer d’avoir étudié le piano classique et la guitare de type jazz/rock. Bref, un homme complet et polyvalent. Après avoir sorti en 2011 un EP de trente minute, intitulé sobrement Bilo 1.0, il enchaine ensuite avec un autre EP dans la même logique : Bilo 2.0 en 2012, puis sort l’année suivante son premier véritable album du nom de . . . Bilo 3.0. Mais en 2015, point de Bilo en vue. On reste tout de même dans la concision de caractères avec une série de deux EPs sortis à un moins d’intervalle : EGO et ECO. Concentrons-nous aujourd’hui sur EGO, qui sort en premier, en juillet 2015.
Si l’on scrute un tant soit peu la page Facebook de notre homme des Balkans, on tombe sur quelque chose de très intéressant. Dans la rubrique de ses influences musicales, nulle mention de liste prolixe énumérant les groupes qui l’ont façonné. A la place, simplement deux nombres : 20 Hz – 20 kHz. Soit l’étendue la plus large des fréquences de sons composant la musique. Autant dire toute la musique possible sur Terre voire même dans l’univers. Radical. Et on ne peut être plus explicite. Car la musique que compose David Micic est difficilement classable. Partons sur un « expérimental/prog » si l’on veut être le moins loin possible de la réalité. Mais, avant même de rentrer dans le concret, il serait de bon ton de souligner et rendre hommage à la sublime pochette d’EGO réalisée par l’artiste Aria, aka She Paints With Blood. Si vous avez le temps, allez voir ses peintures sur son site, cela vaut son pesant d’or. Tout comme la musique présente sur ces vingt-trois minutes, réparties en quatre titres instrumentaux. Quatre titres qui commencent tous d’ailleurs par la même lettre, la quatrième de l'alphabet, le « D ».
Et ça n’est pas une coïncidence fortuite. Tous les noms de pistes ont été choisis sciemment et de fort belle manière. EGO s’ouvre excellement avec "Define", chanson ambiante incorporant des samples et éléments électro de toutes parts, mais aussi le talent et les cordes de Bilo. Une montée crescendo plus tard et les bases de l’œuvre sont posées. Place désormais à la perle qu’est "Develop". Son nom est suffisamment explicite pour ne pas écrire de redondance. Une rythmique progressive et percutante, sur laquelle vient se greffer une mélodie au synthé entraînante, envoûtante et nostalgique au possible. Impossible de ne pas tomber amoureux de ce leitmotiv qui ne vous lâchera plus dorénavant. On appréciera également l’apport du violon déchirant et virevoltant de Larissa Terescenko sur cette piste. Après avoir coloré le disque, Micic va ensuite le rendre confus, brouillon et chaotique avec la très courte et rentre-dedans "Disorder", dans laquelle on assiste à un semblant d’anarchie, incluant un mélange de folk balkanique et de Devin Townsend, le tout assisté par les borborygmes de Vladimir Lalic. Le skeud se termine alors (déjà !) sur un "Devise" très consistant, teinté d’un joli solo lumineux de Bilo avant de finir en lourdeur avec une rythmique pachydermique. Une fin écrasante qui contraste totalement avec le début de l’album.


Si vous ne connaissiez pas déjà David Maxim Micic, cet EP à la pochette enchanteresse saura vous ravir. Fournissant toutes les clés pour comprendre la musique jouée par le Serbe, EGO est d’autant plus attrayant qu’il n’est que la première partie d’une série de deux EPs, dont la suite vous attend par ici. A tout de suite, mesdames, messieurs, ne vous perdez pas en route !



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